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Des abonnés à un service d’IPTV pirate piégés… avec une pizza

On pourrait croire à une blague, mais l’affaire est bien réelle. Une pizzeria de quartier, des clients attablés devant une part de margherita et, en fond, un match de Serie A diffusé en direct. Sauf que ce n’était pas via un abonnement officiel. Les enquêteurs italiens ont découvert que l’établissement situé à Cagliari, en Sardaigne, projetait des rencontres payantes grâce à des boîtiers IPTV pirates.

L’inspection de ce « lieu public » a rapidement éveillé les soupçons : si une simple pizzeria s’équipe de matériel illégal, d’où vient le flux et qui alimente le système ? En remontant la piste, les agents ont mis au jour une organisation bien plus vaste. Fournisseurs de contenus, serveurs disséminés et revendeurs chargés de recruter des clients : tout un écosystème parallèle se cachait derrière ce premier écran.

Les abonnés dans le viseur, pas seulement les pirates

L’opération, menée avec le soutien des autorités américaines et néerlandaises, a alors pris de l’ampleur. Des perquisitions ont été menées en Sicile, en Pouille, en Sardaigne et jusqu’en Lombardie. Dix personnes sont aujourd’hui sous enquête, dont neuf soupçonnées d’être des revendeurs. Autant dire les maillons visibles d’une chaîne qui dépasse largement les frontières italiennes.

En s’attaquant aux revendeurs, la Guardia di Finanza ne coupe pas le flux à la source – souvent située à l’étranger – mais elle met la main sur des fichiers clients. Et pour les autorités, c’est une mine d’or : chaque revendeur peut détenir des centaines, voire des milliers d’identités d’abonnés.

Résultat, plus de 2.500 Italiens ont déjà reçu une amende cette année, généralement autour de 150 euros. Pas de quoi ruiner un foyer, mais c’est suffisant pour rappeler que visionner du contenu pirate n’est pas sans risque. Et l’histoire ne s’arrête pas là : DAZN, SKY et la Serie A, qui ont accès aux données transmises par la justice, veulent aller plus loin. Ils annoncent leur intention de réclamer « plusieurs milliers d’euros » à chaque abonné pris la main dans le sac, au titre de compensation pour le manque à gagner. À bon entendeur…

Cette offensive marque un changement de cap. Jusqu’ici, les consommateurs d’IPTV pirates se contentaient de retrouver un autre fournisseur quand le précédent tombait. Mais si chaque abonnement illégal s’accompagne désormais d’un risque de sanction financière lourde, certains pourraient y réfléchir à deux fois.

Le pari est toutefois risqué pour les ayants droit. Réclamer des milliers d’euros à des particuliers peut décourager les pirates mais aussi nuire à l’image de ceux qui apparaîtraient comme « attaquant » directement leur public. Le régulateur italien des télécoms, l’AGCOM, reste discret sur cette nouvelle approche. Et malgré le succès de l’opération, rien n’indique que les flux illégaux vont disparaître : beaucoup continueront à provenir de serveurs installés hors d’Italie. La vraie question, désormais, est de savoir si les abonnés auront encore de l’appétit pour ce genre de service, ou si la perspective d’une facture salée refroidira définitivement les ardeurs.

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Source : TorrentFreak

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