Une redevance… mais pour les plateformes de streaming par abonnement ? Depuis quelques jours sur les réseaux sociaux, l’annonce d’une taxe streaming circule et soulève de vives critiques de la part des internautes. Une vidéo du compte Actu.time, repérée par 20 Minutes et qui affiche plus de 400 000 vues, fait état d’une nouvelle mesure qui doit être appliquée dès le 1er octobre. Selon la vidéo, les utilisateurs de Netflix, Prime Video ou encore Disney+ devront mentionner leur abonnement dans leur déclaration d’impôts dans “le cadre d’un plan de lutte contre la fraude et pour mieux encadrer les services numériques à usage partagé, mais aussi intégrer ces services dans une future contribution spécifique liée à la consommation de contenus numériques à domicile”. Est-ce que c’est vrai ? Décryptage.
Une redevance streaming ?
Ce jargon législatif que l’on peut traduire de deux manières, le gouvernement traquerait celles et ceux qui utilisent un abonnement payé par un proche. Dans le même temps, cette “taxe streaming” repérée par 20 Minutes, aurait pour objectif de contribuer au financement des contenus produits par les géants du secteur de la SVOD. Un fonctionnement similaire à celui de l’ancienne redevance TV dont les détenteurs d’un téléviseur devaient s’acquitter jusqu’en 2022. Elle permettait de financer le service public. Enfin, la vidéo fait état d’une amende forfaitaire entre 60 et 90 euros en cas de non-respect de ces “nouvelles mesures”. C’est tout simplement faux.
Les données avancées par le compte Actu.time sont tout à fait fausses, mais elles reposent sur des informations qui l’ont été pour la télévision. En effet, jusqu’en 2022, tous les ménages possédant un téléviseur devaient s’acquitter d’une redevance pour l’audiovisuel public. C’est lors de la déclaration d’impôts que les Français étaient invités à signaler les appareils concernés. La désinformation d’Actu.time adopte les mêmes mécaniques pour les détourner.
Le gouvernement se mêle de la fin du partage de compte ?
Dans le même temps, la vidéo évoque une lutte du gouvernement contre le partage abusif de comptes, à savoir entre deux personnes ne vivant pas sous le même toit. C’est le cheval de bataille de Netflix et consorts et l’un des angles d’attaque des géants du secteur pour augmenter leurs recettes et leur nombre d’abonnés. En aucun cas, une institution publique ne s’empare de ces questions qui relèvent des conditions d’utilisations des plateformes.
Ce sont les entreprises, et seulement les entreprises, qui ont la responsabilité de sanctionner leurs utilisateurs “contrevenants”. Dans le cas présent, Netflix, Prime Video et Disney+ bloquent simplement l’accès aux foyers qui ne sont pas identités comme “foyer principal”. Netflix a été la première à passer à l’offensive dans le domaine en 2022 et en 2023 en France. Depuis, ses concurrents directs ont emboité le pas. Les plateformes peuvent bloquer votre accès à leur catalogue si elles déterminent que vous utilisez un compte que vous ne payez pas, comme celui d’un ami ou d’un membre de votre famille qui ne vit pas sous le même toit.
Comment éviter la désinformation sur les réseaux sociaux ?
La démocratisation de l’intelligence artificielle, pour de la génération d’image ou de texte, a conduit à une hausse significative des contenus de désinformation sur les réseaux sociaux. Entre les fausses images de tournage, les vidéos manipulées ou même les informations créées de toutes pièces comme celle-ci, les utilisateurs doivent s’armer pour lutter contre les fake news. Il est ainsi nécessaire d’adopter quelques réflexes.
- Identifier les anomalies : dans le cas de la vidéo, elle est titrée pour “Dès le 1er octobre” mais la voix off mentionne la date du 1er mai.
- Vérifier via des sources officielles : notamment le Journal officiel ou des médias traditionnels et de confiance
- Si des images vous paraissent étranges, avec des personnes qui effectuent des mouvements qui ne sont pas naturels (se retourne bizarrement), des personnes à l’arrière-plan qui disparaissent, il s’agit probablement d’une image générée par IA.
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