Nintendo ne lâche pas le morceau dans sa croisade contre le piratage. L’entreprise japonaise réclame aujourd’hui 4,5 millions de dollars à James Williams, alias Archbox, un modérateur du sous-forum Reddit r/SwitchPirates. Il est accusé d’avoir distribué et vendu des milliers de jeux piratés sur internet, notamment compatibles avec la Nintendo Switch de la firme. Cette affaire, qui remonte à l’année dernière, illustre à quel point Nintendo entend reprendre le contrôle sur la circulation de ses jeux, quitte à se mettre à dos les simples joueurs attachés à l’émulation.
Selon la plainte déposée aux États-Unis, Williams aurait mis en place plusieurs sites proposant en téléchargement gratuit des copies illégales de jeux Switch, tout en vendant les clés de décryptage nécessaires à leur fonctionnement. Il aurait aussi utilisé Reddit et Discord pour promouvoir son activité et récolter des dons, parfois même sous forme de cartes Nintendo eShop. Face à son silence répété et à la suppression de nombreuses preuves, Nintendo a demandé à la justice de trancher par défaut en sa faveur.
Une chasse au piratage qui impacte tout le monde
Cette offensive s’inscrit dans une série de poursuites engagées depuis deux ans contre les sites et outils d’émulation. Après avoir obtenu la fermeture des émulateurs Yuzu, Ryujinx ou encore Dolphin, Nintendo continue sa chasse. La firme de Kyoto veut imposer ses règles. Toute diffusion de ROMs Switch, même sans but lucratif, sera désormais considérée comme une atteinte directe à sa propriété intellectuelle.
Mais derrière cette rigueur juridique, ce sont aussi les pratiques légales d’émulation qui se retrouvent remises en question. Beaucoup de joueurs utilisent ces logiciels pour préserver leurs jeux achetés, améliorer la fluidité ou rejouer à d’anciens titres devenus introuvables. Or, la frontière entre copie de sauvegarde et piratage reste extrêmement floue. Le simple téléchargement d’une ROM, même pour un jeu que l’on possède, n’est pas reconnu comme légal.
Un signal fort pour toute la communauté
Nintendo invoque la loi américaine sur le droit d’auteur qui permet de réclamer jusqu’à 150 000 dollars par œuvre violée. En multipliant ce montant par 30 jeux, l’entreprise arrive à cette somme de 4,5 millions de dollars, qu’elle juge comme étant raisonnable. Pour les consommateurs, le message est clair, la firme ne tolérera aucune diffusion non autorisée, même partielle, de ses jeux récents. Dans le cas de James Williams, cette source de ROMs ne devrait bientôt plus être d’actualité si jamais Nintendo obtient gain de cause.
Reste que cette guerre pose question. En voulant protéger ses licences, Nintendo risque de faire disparaître une part du patrimoine vidéoludique et de décourager ceux qui cherchaient simplement à redécouvrir leur bibliothèque autrement. La bataille ne fait que commencer mais Nintendo possède un avantage considérable par rapport à ses adversaires pour le moment.
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