Les défenseurs d’un monde sans armes atomiques utilisent souvent une métaphore pour décrire notre situation. Selon cette image, l’humanité vit dans une maison, dont les murs sont faits de dynamite. Une allégorie qui montre le danger permanent, malgré l’insouciance générale.
En ce qui concerne la surpopulation orbitale, disons plutôt que nous vivons avec un verrou sur la porte, et qu’il pourrait bien se bloquer d’un moment à l’autre. C’est en tout cas ce que vient de démontrer une nouvelle étude menée par des scientifiques de la prestigieuse université de Princeton.
Ils sont arrivés à la conclusion qu’une perte de contrôle pourrait amener à une situation catastrophique. En moins de 72 heures, une première collision serait inévitable. À titre de comparaison, en 2018, il aurait fallu 128 jours à un système défaillant en orbite pour entrer en collision avec un autre objet.
Un risque accru
Il ne s’agit pas ici d’une simple alerte théorique, mais bien d’une réalité qui pourrait toucher l’humanité d’un instant à l’autre. Sur ce point, les avertissements sans frais sont de plus en plus nombreux et une collision à grande échelle apparaît comme inévitable à moyen terme.
Aujourd’hui les satellites de la constellation Starlink (qui représentent 80 % des objets en orbite) réalisent des « rencontres rapprochées » (passage à moins d’un kilomètre de distance de deux objets) toutes les 11 minutes.
Une nouvelle ligne rouge a été franchie le 13 décembre dernier. Un satellite Starlink est passé à 200 mètres d’un autre objet stellaire, fraîchement lancé par la Chine. La collision a été évitée de justesse, mais ce scénario a donné assez de sueurs froides à Michael Nicolls pour que le vice-président de l’ingénierie spatiale de Starlink s’en prenne ouvertement au lanceur chinois sur son compte X.
Une réaction en chaîne
Le fait que deux satellites, dans une orbite surchargée, finissent par entrer en collision, est une possibilité alarmante. Pour cause, une seule collision pourrait déclencher un effet domino cataclysmique.
Avec une collision entre deux satellites, ce sont des milliers de débris, parfois plus petit qu’un boulon qui filerait en orbite, sur des centaines de trajectoires différentes. Lancés à une vitesse de 28 000 km/h, ces débris auraient alors tout le loisir pour entrer en collision avec d’autres appareils en orbite, multipliant encore le nombre de débris. Un cercle vicieux inarrêtable qui amènerait, en bout de chaîne, la Terre dans une situation décrite par le « syndrome de Kessler ».
Les débris seraient si nombreux qu’il serait impossible de les éviter et de traverser l’orbite basse pour des lancements de fusées. Se rendre sur la Lune serait impossible, tant cette ceinture d’astéroïdes artificiels serait épaisse et infranchissable.
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