La crise qui secoue Ubisoft depuis plus d’un an est loin d’être terminée. Entre les licenciements, les fermetures de studios, les projets annulés et la restructuration globale, l’éditeur français traverse l’une des périodes les plus difficiles de son histoire. Et une nouvelle vague de suppressions de postes vient rappeler que le redressement est encore loin.
Dans le dernier épisode en date de ce malheureux feuilleton, 40 employés ont été licenciés au studio Ubisoft Toronto, connu notamment pour Watch Dogs, Far Cry 6 ou encore Splinter Cell : Blacklist. Ces départs s’inscrivent dans un plan mondial de réduction des coûts engagé par l’entreprise. Ubisoft précise qu’il s’agit de la “phase finale” de ce programme, mais au vu des annonces récentes, beaucoup doutent que les mauvaises nouvelles s’arrêtent là.
Un contexte particulièrement tendu
Dans un communiqué, l’éditeur assure que cette décision n’a pas été prise à la légère. Ubisoft affirme également vouloir accompagner les salariés concernés avec des indemnités et une aide à la reconversion. Cette nouvelle vague s’ajoute à une longue série. Ces derniers mois, Ubisoft a fermé plusieurs entités, dont le studio de Halifax, et annulé de nombreux projets. Le remake de Prince of Persia: Les Sables du Temps, longtemps attendu, a été relancé plusieurs fois avant d’être profondément modifié. D’autres jeux non annoncés auraient tout simplement été abandonnés.
En France aussi, la situation est tendue. À Paris, environ 200 postes ont été visés par un plan de départ volontaire, preuve s’il en fallait que la restructuration touche toutes les branches du groupe, pas seulement les studios étrangers. L’objectif est simple, il s’agit de réduire les coûts après des résultats financiers décevants et des retards à répétition.
La stratégie au cœur du métier
Cette réorganisation s’inscrit également dans un contexte stratégique plus large. Ubisoft a récemment renforcé ses liens avec Tencent, qui a injecté des fonds importants dans l’entreprise et participe désormais au contrôle de certaines franchises majeures comme Assassin’s Creed, dont un jeu vient d’être aussi annulé. Ce partenariat vise à stabiliser la situation financière, mais il s’accompagne d’une rationalisation drastique des équipes et des projets.
Au milieu de cette tempête, Ubisoft tente de rassurer les joueurs comme il peut. Le remake de Splinter Cell, annoncé en 2021 et toujours invisible, serait toujours en développement malgré les licenciements. Le studio de Toronto continuera aussi de travailler en soutien sur d’autres licences, notamment Rainbow Six.
Pour les joueurs, cette crise a des conséquences très concrètes. Moins de nouvelles licences, des retards plus fréquents et l’incertitude autour de projets très attendus qui risquent l’annulation pure et simple. Ubisoft n’est pas un cas isolé puisque l’industrie du jeu vidéo connaît depuis 2022 une vague de licenciements sans précédent. Mais pour le géant français, l’ampleur et la durée de la crise font craindre un changement durable de stratégie.
🟣 Pour ne manquer aucune news sur le Journal du Geek, suivez-nous sur Google et sur notre canal WhatsApp. Et si vous nous adorez, on a une newsletter tous les matins.