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Ubisoft : un employé viré pour avoir critiqué le studio

Après avoir été suspendu, l’employé qui avait critiqué Ubisoft est finalement congédié définitivement.

La crise qui secoue Ubisoft depuis plusieurs semaines vient de franchir un nouveau cap. David Michaud-Cromp, salarié du groupe depuis plus de treize ans, a annoncé avoir été licencié après une suspension de trois jours liée à des prises de parole sur la politique interne de l’entreprise. Une affaire qui illustre une fois de plus les tensions profondes entre la direction et une partie des équipes, dans un contexte déjà marqué par une vaste restructuration controversée.

La semaine dernière, le salarié explique sur les réseaux sociaux avoir été sanctionné pour des “commentaires publics” jugés contraires au devoir de loyauté. Ces propos visaient notamment la politique de retour au bureau, les fermetures de studios et l’orientation stratégique d’Ubisoft vers les jeux service. À l’époque, l’éditeur français n’avait pas souhaité commenter publiquement la situation, se contentant de reconnaître avoir été sollicité par la presse.

Les preuves ont eu raison de l’employé

Depuis, des captures d’écran de messages postés par David Michaud-Cromp sur Agora, le canal de communication interne d’Ubisoft, ont circulé. On y voit un employé dénoncer ce qu’il perçoit comme une accumulation de décisions managériales. Il y critique la fermeture de studios, les investissements dans des projets qu’il estime risqués, ainsi que la nomination de Charlie Guillemot, fils du PDG Yves Guillemot, à la tête de Vantage Studios. Dans ses messages, il affirme que les employés paient le prix de ces choix pendant que les dirigeants continuent, selon lui, de “nager dans des millions de dollars“.

Cette prise de parole intervient dans un climat déjà explosif pour Ubisoft. Début 2026, l’entreprise a annoncé l’annulation de plusieurs projets, le report de sept jeux, et la fermeture de studios à Halifax et Stockholm. L’éditeur a également dévoilé une nouvelle organisation en maisons créatives, censée recentrer la production autour de deux piliers : en premier les aventures en monde ouvert et en second les expériences de jeux service. Une stratégie présentée comme nécessaire pour reconquérir le leadership créatif, mais qui s’est traduite par des suppressions de postes et une forte inquiétude en interne.

Toujours selon David Michaud-Cromp, la direction a finalement estimé qu’il ne pouvait plus continuer à travailler au sein du groupe, ce qui a conduit à son licenciement. Une décision qui fait réagir au-delà de ses collègues, tant elle soulève des questions sur la liberté d’expression des employés dans un contexte de crise. En parallèle, la firme nous a contacté dans le but d’éclaircir sa position quant à son code de conduite. Elle déclare :

Partager des retours ou des opinions de manière respectueuse ne conduit pas à un licenciement. Nous avons un Code de conduite clair qui définit nos attentes partagées pour travailler ensemble en sécurité et avec respect, et que les employés examinent et signent chaque année. Lorsqu’il est enfreint, nos procédures établies s’appliquent, incluant une gradation des mesures en fonction de la nature, de la gravité et de la répétition de la violation.”

Pour Ubisoft c’est une épée à double tranchant. D’un côté, il s’agit de rassurer ses investisseurs et ses partenaires après une période de turbulences financières. De l’autre, il faut préserver la confiance de ses équipes, alors que les restructurations, les changements de stratégie et les débats internes alimentent un sentiment de malaise général. Cette affaire, largement relayée sur les réseaux sociaux, risque d’entacher un peu plus l’image d’un éditeur déjà sous pression.

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