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L’OTAN mise sur des insectes robots pour infiltrer les zones à risque

Avec ses insectes cyborgs guidés par stimulation électrique, SWARM Biotactics propose une alternative biologique aux drones classiques. Une innovation militaire qui mise sur la discrétion et la reproductibilité du vivant.

Même dans les films d’anticipation à plus grands budgets nous n’aurions jamais pu imaginer un tel scénario. Et pourtant, les progrès de la technologie permettent aujourd’hui de réaliser de véritables prouesses, à tel point que la start-up allemande SWARM Biotactics est parvenue à transformer des cafards en appareils de reconnaissance au service de l’armée, et ce, un an seulement après sa création.

En moins d’un an, la société du centre de l’Allemagne est parvenue à utiliser des cafards dans un cadre militaire pour des missions de reconnaissance et d’espionnage. Pour cela, elle a attentivement analysé la composition du cafard siffleur de Madagascar et a ajouté une sorte de sac à dos sur le haut de son thorax.

Un sac à dos comme seul outil

Dans ce sac à dos, le matériel du parfait petit espion : des capteurs, une IA embarquée et des communications sécurisées vers un agent qui récupère les données. Bien sûr, les déplacements de la bestiole ne sont pas aléatoires, puisque c’est l’agent qui dirige le cafard grâce à un ingénieux système de guidage par stimulation électrique des antennes. On stimule l’antenne droite, il va à droite, tandis que l’antenne gauche permet de l’orienter vers la gauche.

Sur LinkedIn, Stefan Wilhelm, le CEO de SWARM Biotactics, se réjouit de cet exploit technologique. “Il y a un an, cela n’existait pas. […] Aujourd’hui, ce sont des essaims d’insectes cyborgs programmables, construits, testés sur le terrain et déployés auprès de clients payants de l’OTAN.”

Déjà déployables

Parmi les clients de SWARM Biotactics, la très puissante armée allemande, la Bundeswehr. Les validations ont été accordées pour des essais dans des environnements opérationnels européens et américains, avec pour objectif que ces cafards puissent se faufiler dans des espaces confinés, des décombres ou des zones dangereuses. Ces cafards auront d’ailleurs une signature sonore et visuelle quasi nulle, les rendant très discrets.

En moins d’un an, SWARM Biotactics est parvenue à passer du prototype expérimental à une capacité opérationnelle réelle. Un bel exploit pour une start-up qui a levé 13 millions d’euros en 2025 pour accélérer le développement de son accessoire de guerre.

“Nous ne construisons pas un drone plus performant. Nous élaborons une nouvelle loi d’échelle pour l’intelligence physique, dans laquelle les capacités se développent grâce à la biologie et non à la complexité technique”, ajoute M. Wilhelm. L’avantage avec ces cafards, c’est qu’ils se reproduisent très rapidement, bien plus rapidement qu’on ne produirait des drones en usine.

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