Snap réduit la voilure. Dans un message adressé à ses équipes, le patron Evan Spiegel annonce une réduction d’effectifs d’environ 16 %, ce qui représente près de 1.000 salariés. En parallèle, plus de 300 postes ouverts ne seront finalement pas pourvus. Le dirigeant ne tourne pas autour du pot : la décision est « difficile », mais elle fait partie d’une stratégie pour améliorer l’efficacité de l’entreprise, et la rendre plus rentable. Snap, qui comptait un peu plus de 5.200 employés fin 2025, espère économiser plus de 500 millions de dollars par an d’ici le deuxième semestre.
Nouveau tour de vis chez Snap
Ce recentrage intervient alors que la société est sous pression. Un investisseur activiste, Irenic Capital Management, a récemment poussé la direction à serrer les coûts et à revoir sa stratégie. Et même si Snap reste populaire auprès des utilisateurs, la trajectoire financière inquiète.
Dans son mémo, Evan Spiegel rappelle que le groupe traverse un moment charnière. « L’automne dernier, j’expliquais que Snap faisait face à un moment critique, nécessitant une nouvelle manière de travailler, plus rapide et plus efficace, tout en s’orientant vers une croissance rentable », écrit-il. Depuis, les équipes ont passé en revue leurs priorités, avec à la clé « des choix difficiles pour concentrer les investissements sur les initiatives susceptibles de créer de la valeur à long terme ».
Pour expliquer ce virage, le boss met en avant un argument désormais bien rôdé dans la Silicon Valley : l’IA. Selon lui, les progrès récents permettent déjà de « réduire les tâches répétitives » et « d’augmenter la vitesse d’exécution ». Certaines équipes font déjà plus avec moins, avec l’aide d’outils automatisés. Evan Spiegel affirme que les bénéfices sont visibles. « Nous avons déjà vu de petites équipes utiliser des outils d’IA pour générer des progrès significatifs sur plusieurs initiatives importantes », notamment sur Snapchat+, la plateforme publicitaire ou encore l’optimisation de l’infrastructure Snap Lite.
Difficile de ne pas y voir une tendance de fond. Meta, Amazon, Oracle ou encore Block ont eux aussi taillé dans leurs effectifs en invoquant l’impact de l’IA. Le message est globalement le même : les outils évoluent vite, les organisations doivent suivre.
Des études indiquent pourtant que les bénéfices concrets de l’IA restent encore flous. Dans certains cas, ça ne serait qu’un effet d’annonce, facile à dégainer pour rassurer les investisseurs ou pour justifier des réductions d’effectifs décidées pour d’autres raisons. Conscient des tensions autour de ces sujets, Evan Spiegel appelle à garder le cap malgré les secousses internes : « Un changement de cette ampleur et à cette vitesse n’est jamais simple, et il ne sera pas sans accroc », prévient-il.
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