Quand Xiaomi s’est lancé dans l’automobile, beaucoup y ont vu un pari risqué pour un fabricant de smartphones. Deux ans plus tard, difficile de nier que les consommateurs chinois ont répondu présents.
Le carton de Xiaomi sur le marché chinois
Au premier trimestre 2026, le groupe a livré 80.856 véhicules électriques, contre 75.869 un an auparavant. Son activité automobile et IA a généré près de 20 milliards de yuans de chiffre d’affaires (2,9 milliards de dollars), preuve que les voitures prennent une place de plus en plus importante dans l’empire bâti autour des smartphones, des montres connectées et des aspirateurs robots.
La croissance est d’autant plus notable que Xiaomi est en pleine transition de gamme. Les livraisons de la première génération de SU7 ralentissent progressivement tandis que la nouvelle version, lancée en mars, monte en puissance. Xiaomi affirme avoir déjà enregistré plus de 80.000 commandes fermes pour cette nouvelle mouture. Le SUV YU7 continue également de tirer les ventes. En moins de dix mois de commercialisation, il a dépassé les 232.000 exemplaires livrés.
Pour soutenir cette croissance, le constructeur étend rapidement son réseau de distribution. À la fin mars, Xiaomi comptait 490 magasins répartis dans 143 villes chinoises. Et les ventes semblent accélérer. Après un début d’année plus calme, la marque a écoulé 36.702 véhicules en avril, soit plus de 70 % de mieux qu’en mars. On reste toutefois loin du sommet atteint en décembre dernier avec un peu plus de 50.000 voitures livrées en un mois.
Le problème, c’est que vendre beaucoup de voitures n’est pas forcément synonyme de gagner de l’argent. Malgré un chiffre d’affaires en hausse, la division automobile de Xiaomi a enregistré une perte opérationnelle de 3,1 milliards de yuans (457 millions de dollars) sur le trimestre. En faisant le calcul, cela représente environ 5.600 $ perdus sur chaque véhicule livré.
Le chiffre est particulièrement douloureux lorsqu’on le compare à celui de l’an dernier. Au premier trimestre 2025, Xiaomi perdait environ 900 $ par voiture. Les ventes progressent, mais les pertes progressent encore plus vite. La société explique cette situation par plusieurs facteurs : des subventions fiscales qui pèsent sur les marges, une part plus faible des modèles les plus rentables dans les livraisons et une hausse du coût de certains composants. La marge brute de l’activité automobile est ainsi passée de 23,2 % à 20,1 % en un an.
Pour redresser la barre, Xiaomi pourrait compter sur des modèles plus lucratifs. Le nouveau YU7 GT, fort de ses 990 chevaux, démarre à 389.900 yuans (57.300 $), tandis que la spectaculaire SU7 Ultra dépasse les 529.900 yuans (78.000 $). Chaque exemplaire vendu aide un peu plus les comptes que les versions d’entrée de gamme.
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