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Tout juste en vente, ce robot humanoïde domestique sort vos courses du coffre et branche votre voiture électrique tout seul

Aimoga Robotics vient de mettre en vente le Mornine M1 : 1,67 mètre, 70 kilos, le tout pour 38 000 euros. Filiale du constructeur automobile chinois Chery, la société ne cache pas ses ambitions car ce robot est conçu pour faire le lien entre votre voiture et votre maison. Pas pour passer l’aspirateur.

Le concept tient dans un acronyme maison : Vehicle-to-Home-to-Robot. La voiture détecte ce qui se passe dehors, la maison centralise les données, le robot exécute. Concrètement, selon Aimoga, le Mornine M1 détecte l’arrivée de la voiture dans l’allée, sort à sa rencontre, ouvre le coffre, prend les sacs de courses et les rentre. Si la voiture est électrique sans induction, il branche le câble lui-même. Il peut préparer un café pour l’arrivée du propriétaire. C’est ce que la marque annonce, car ce que ça donne dans un appartement parisien un mardi soir de novembre, c’est une autre question !

Ce que les specs disent vraiment

40 degrés de liberté sur l’ensemble du corps, mains non comprises. Vitesse de marche maximale : 1 m/s. Charge maximale au bout du bras : 1,5 kg. Ces deux derniers chiffres méritent qu’on s’y arrête. 1 m/s, c’est une marche lente, un humain en promenade tourne plutôt autour de 1,4 m/s. Et 1,5 kg au bout du bras, ça change pas mal de choses sur ce qu’il peut réellement soulever et déplacer. Un lidar 3D, deux caméras de profondeur, quatre radars ultrasoniques complètent la panoplie sensorielle pour se repérer dans l’espace. Autonomie : deux heures, pour deux heures de charge.

Le format physique, lui, est un vrai choix. Avec ses 1,67 mètre pour 70 kilos, le Mornine M1 est délibérément dimensionné à l’échelle humaine. La raison est pragmatique : les objets du quotidien sont conçus pour des humains. Ouvrir une portière, saisir une poignée, manipuler un câble de recharge standard demande une morphologie compatible avec ce que les humains ont fabriqué autour d’eux.

La stratégie Chery

Avant d’être vendu aux particuliers, le Mornine M1 a été déployé dans les concessions Chery en Chine pour répondre aux questions des clients sur les véhicules. Une façon de le faire exister dans l’espace public et de collecter des données d’usage réelles avant la mise en vente. Le robot est disponible depuis le 13 avril sur JD.com, avec des livraisons attendues après le 23 mai 2026. La distribution est pensée sur trois canaux : boutiques spécialisées, concessions automobiles et espaces en centre commercial. Pour réduire les barrières à l’entrée, Aimoga propose des formules de location et de paiement en plusieurs fois, avec le soutien du système financier Chery Huishin.

La robotique est présentée par Chery comme son troisième pilier stratégique, après l’automobile et l’énergie. La boutique Aimoga sur JD.com propose aussi un chien-robot, l’Argos X1, à environ 2 100 euros. Chery ne lance pas un produit isolé mais construit clairement un écosystème.

Un marché qui arrive vers le grand public

À 38 000 euros, le Mornine M1 est bien au-delà de l’Unitree R1 à 5 000 euros et du G1 à 16 000 euros. Mais il ne joue pas exactement dans la même cour. Unitree vend une plateforme de développement pour ingénieurs et curieux. Aimoga vend un produit domestique clé en main, avec un argumentaire grand public et une distribution en concessions.

Selon TrendForce, la production du marché chinois des robots humanoïdes devrait croître de 94 % en 2026. Le second semestre de l’année sera une période critique pour la commercialisation à grande échelle. Xpeng prévoit la production en série de son robot Iron d’ici fin 2026. GAC prépare une petite série de son GoMate. Les constructeurs automobiles chinois s’engouffrent tous dans la même brèche : leur maîtrise des capteurs, de l’IA embarquée et des chaînes de production les place dans une position naturelle pour faire de la robotique humanoïde ce que la Chine a déjà fait à l’automobile électrique.

Le Mornine M1 ne sera dans un premier temps vendu qu’en Chine. Aimoga mentionne une expansion européenne possible, sans calendrier précis. Pour l’Europe, la vraie question n’est pas le prix, c’est la réglementation sur la sécurité des robots autonomes dans les espaces domestiques, un vide juridique que personne n’a encore comblé.

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