Aujourd’hui, travailler en mer reste une opération lourde. Inspection de câbles sous-marins, maintenance d’éoliennes offshore ou surveillance d’infrastructures : tout passe par des navires spécialisés, des équipes embarquées et du matériel coûteux. La facture peut grimper jusqu’à 100.000 dollars par jour.
Des robots qui ne boivent pas la tasse
Ce modèle commence à montrer ses limites. Les besoins augmentent rapidement, notamment avec la transition énergétique et la multiplication des infrastructures en mer. Mais les ressources humaines ne suivent pas : le secteur de l’énergie pourrait manquer de centaines de milliers de professionnels d’ici la fin de la décennie.
Bubble Robotics part d’un constat simple : envoyer des humains en mer n’est pas toujours nécessaire. « Aujourd’hui, 80 à 90 % des coûts d’inspection offshore viennent des navires et des équipages », souligne Jean Crosetti, cofondateur et directeur général. L’idée est donc de s’en passer autant que possible. Plutôt que d’organiser des missions ponctuelles, la startup fondée en 2025 par d’anciens ingénieurs de la NASA et de l’ETH Zürich propose de laisser des robots sur place en permanence.
Ces systèmes autonomes peuvent fonctionner toute l’année, sans interruption, pour inspecter, surveiller et collecter des données. Ce type de déploiement devient possible grâce aux progrès en robotique, en IA embarquée et en connectivité satellitaire. Concrètement, les machines peuvent analyser leur environnement, prendre des décisions simples et agir sans supervision constante.
Les usages sont assez larges. Dans l’énergie, ces robots peuvent vérifier l’état de structures sous-marines ou cartographier les fonds marins avec précision. Côté environnement, ils permettent de suivre l’évolution des écosystèmes sur le long terme. Ils peuvent aussi être utilisés pour surveiller des zones sensibles ou détecter des anomalies sous l’eau.
Pour les entreprises, le modèle est présenté comme simple : Bubble Robotics propose ses services directement, sans investissement initial important. Une approche « robotics-as-a-service » qui permet de tester ces technologies sans déployer toute une flotte de navires. La startup s’inspire d’un modèle bien connu : celui des satellites, capables d’observer la Terre en continu. Elle veut appliquer ce principe aux océans, avec une infrastructure robotisée capable de produire des données en permanence.
Les premiers signaux semblent positifs. Bubble Robotics annonce plus de 4 millions de dollars de lettres d’intention signées, avec des projets en préparation dans l’éolien offshore, la sécurité maritime et les infrastructures sous-marines.
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