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On a joué à 007 First Light et on a vraiment envie de devenir James Bond

C’est lors d’une escapade à Londres que l’on a pu mettre la main sur 007 First Light, le prochain jeu du studio IO Interactive. On s’attendait à voir une nouvelle version d’Hitman. On a vu beaucoup plus que ça. Voici nos premières impressions après un peu plus de trois heures de jeu.

Londres. Buckingham Palace. Camden. Piccadilly Circus. Big Ben. La capitale de l’Angleterre a ses charmes, c’est indéniable. Et quoi de mieux que de se rendre dans la ville où siège le MI6… pour aller tester les nouvelles aventures vidéoludiques de James Bond.

On ne sait pas s’il y avait vraiment un effet de cause à effet dans l’événement auquel on nous a convié mais la coïncidence est suffisamment forte pour ne pas être intentionnelle. Rien de mieux pour se mettre dans l’ambiance finalement que de jouer à 007 First Light là où l’agent secret le plus connu a écrit une grande partie de sa légende. Et en parlant de légende, cela tombe bien puisque c’est de la jeunesse et de sa genèse d’agent 00 qu’il est question dans ce jeu. Le premier de la licence depuis 14 ans.

La version de Bond la plus jeune jamais portée à l’écran

Incarner Bond jeune, cela avait déjà été fait au cinéma et c’est Daniel Craig, le dernier incarnant en date du personnage, qui s’y était collé, dans le mémorable et fortement apprécié Casino Royale. Mais cette fois, à défaut de suivre la première grande mission de Bond jeune adulte, c’est littéralement son origin story qui nous est proposée ici, puisqu’il s’agit ni plus ni moins d’une histoire originale mettant en scène la version la plus jeune de James Bond. Lors des trois heures trente de jeu qui ont constitué notre première prise en main avec First Light, la première mission – Against the Odds – nous met face à un Bond loin d’avoir épousé l’idée d’une carrière d’agent secret.

007 First Light Bond
© IO Interactive

Ce dernier a 26 ans et est un membre de la Royal Air Navy, parti en reconnaissance en Islande. Ladite mission se passe évidemment mal, Bond est évidemment le seul survivant et il découvre sur place des missiles appartenant au MI6 et détournés par des forces militaires ennemies. Ni une ni deux, le MI6 demande à Bond de dénicher le plus d’informations sur les agissements sur place. L’affaire aurait pu en rester là si des otages n’avaient pas été présents, déclenchant une montée d’héroïsme chez Bond, qui épouse alors, sans le savoir, les prémisses de sa future nouvelle carrière. Et nouvelle vie.

Des vraies sessions de corps à corps, que Sifu ne renierait pas

La suite ? Après avoir tapé dans l’œil du MI6, celui qui était encore hier un militaire part six mois à Malte pour devenir un agent double zéro. Si on a pu apprécier les débuts de Bond dans le jeu, on a surtout remarqué à quel point les films de Craig avaient fortement influencé les équipes d’IO Interactive. Le Bond qu’on incarne est volontiers bagarreur et n’a pas peur de prendre des risques, comme la version portée pendant cinq films par Daniel Craigg. Et cette propension à user de ses poings – plutôt qu’avec des armes à feu – est totalement mise en avant dans le jeu, avec un vrai système de combat au corps-à-corps.

007 First Light Corps à Corps
© IO Interactive

Parry, esquive, poings, pieds, choppe ou encore ruade, sans oublier des finish moves pour coucher définitivement un ennemi étourdi, Bond dispose d’une véritable palette de coups pour se défendre. Et les affrontements tournent autour d’une bonne lecture du pattern adverse et de l’environnement. Quand un coup adverse portée est jaune, il est parable. Quand il est rouge, il faudra être réactif pour s’extirper de la prise à venir et reprendre le dessus. Le rythme des combats à mains nues nous a rappelé sur certains aspects Sifu, le hit du studio français Soclap. Et comme lui, 007 First Light n’interdit pas aux joueurs de vouloir jouer des poings. En revanche, la tâche devient vite plus ardue si les ennemis se ramènent en nombre. Et, sur les trois heures et demie de preview, c’était régulièrement le cas, avec des adversaires particulièrement tenaces, surtout quand on n’a pas compris le pattern proposé ni la nécessité de varier ses approches de combat.

Le système d’Hitman, au service de Sa Majesté

L’approche discrète est donc largement recommandée – pas imposée non plus hein – et cela n’est en rien surprenant de la part des parents d’Hitman. En revanche, pas de corps à déplacer ni de déguisements pour tromper l’ennemi. Tant mieux, car si 007 First Light sonne parfois très fort comme un énième Hitman, il n’en est finalement pas (tout à fait) un. Bond ne se déguise pas dans ces films et il ne cache pas les corps des ennemis qu’il tue ou qu’il assomme, du moins pour cette partie, pas à notre connaissance. L’Agent de Sa Majesté laisse ça à d’autres et on pense forcément un peu dans le domaine à son équivalent américain, Ethan Hunt et à la saga Mission Impossible. Niveau cohérence, on est bon.

007 First Light Distraction
© IO Interactive

Non ici, c’est l’environnement qui va primer. Bouches d’aération, murs, plantes, renfoncements, containers, tout est bon pour se cacher et/ou se mettre à couvert, mécanique que le jeu use avec envie. Ou attirer l’attention des gardes, en tapant sur des containers, ou en jetant des bouteilles, une mécanique désormais classique dans les phases d’infiltration. L’espace autour de Bond peut également lui servir d’arme, en plus d’une protection ou d’une simple couverture, avec un système reposant sur une action (levier, bouton) ou une réaction (explosion, chute d’objets). On peut ainsi se retrouver à faire chuter un chandelier sur la tête d’un ennemi ou faire exploser un tuyau de canalisation afin de lui envoyer feu et fumée en pleine figure. Ces deux mécaniques étaient d’ailleurs celles qu’on a privilégiées lors de l’unique combat de boss que l’on a eu à relever pendant notre session.

Atol… les opticiens

Tout cela n’est pas “gratuit”. Pour réaliser ses actions, Bond doit s’en remettre aux gadgets qui ont fait sa légende. Notre agent secret a pu nous faire une démonstration des petits joujoux à sa disposition : une montre et des lentilles de contact spéciales. La montre – une Omega pour respecter les accords en vigueur avec la licence et les films – permet au jeune James de distraire une cible, pirater un terminal, un smartphone ou tout appareil électronique dans sa zone, en provoquant un court-circuit, une panne voire même une petite explosion ou un flash de lumière, à la fois dans le but de créer un sentiment de panique et/ou de malaise chez la victime.

007 First Light Montre
© IO Interactive

Les lentilles de Bond lui permettent d’afficher les éléments – en surbrillance of course – susceptibles de pouvoir entrer en interaction avec lui, tout en le renseignant sur ledit environnement (ennemis, type d’ennemis, nombres). Pendant notre session, on a pu voir pas mal d’actions dynamiques de la part de Bond, comme désarmer un ennemi, tenter de le bluffer une fois découvert pendant une infiltration, voire même jouer les pickpockets en faisant les poches des personnages susceptibles de posséder un objet indispensable pour votre mission, comme une carte d’accès par exemple.

007 First Light Infiltration
© IO Interactive

En revanche, ce qui peut paraître surprenant et ce qui nous a surpris d’ailleurs, pour ne rien vous cacher, c’est la façon de gérer ses gadgets. Les ressources de Bond ne sont pas illimitées en mission. Alors pour pouvoir user de ces armes, 007 doit régulièrement charger sa montre en pompant toute forme de batterie ou d’électricité à disposition. On se retrouve donc à manipuler les portables d’autruis ou à ramasser des batteries pour faire le plein. Le procédé est d’autant plus curieux qu’un simple cooldown aurait largement fonctionné à notre sens.

Mais ces gadgets ne sont pas inutiles et le jeu les exploite fort bien. Il le fait d’autant plus que la progression du joueur semble destiné à user de tous les artifices possibles. C’est du moins la forte impression laissée par l’une des missions – la troisième et dernière proposée lors de notre session de jeu – durant laquelle Bond devait se procurer une carte d’accès pour accéder à une zone sécurisée. On n’avait pas un mais plusieurs scénarios possibles pour y arriver, nécessitant à chaque fois une ressource ou une action précise – vol, récupération d’objets, bluff – pour parvenir à nos fins.

Un jeu très, très cinématographique

On le répète : dès les premières minutes de jeu, on a senti l’influence des derniers films de Daniel Craig dans la production de First Light. Cela n’a rien d’étonnant en soi : si la licence compte 25 films et plusieurs incarnants de renom (Sean Connery, Roger Moore, Pierce Brosnan…), c’est la version du dernier acteur en date à avoir épousé le smoking et le matricule 007 qui est resté dans les annales. First Light dégage une ambiance rapidement similaire à celles des meilleurs épisodes de Craig – Casino Royale et Skyfall, on n’est pas ouvert au débat ici – aussi bien dans sa mise en scène, ses cinématiques ou ses musiques. Outre le thème mythique de la saga, toujours aussi agréable à entendre, le jeu se sert du son pour mettre en avant des moments bien précis, comme une information capitale découverte par Bond, une rencontre avec un personnage important ou encore une action de bravoure en vue ou un challenge à relever pour notre agent secret.

L’un de ces momentum est important puisqu’il s’agit de la Licence to kill, le fameux Permis de Tuer (qui a eu droit à son film éponyme, avec Timothy Dalton dans le rôle de Bond). Pour les non-initiés, Bond a un permis lui permettant d’ôter la vie. D’ailleurs, petit instant culture général : le matricule 00 est bâti sur ça : le premier indique que l’agent en question a le droit de tuer. Et le deuxième qu’il a tué. Dans la filmographie, il lui est d’ailleurs retiré suite à des envies de vengeance nées de l’agression de son ami Felix Leiter et du meurtre de la petite amie de ce dernier. Là, le système est simple : Bond, n’étant pas encore considéré comme un agent 00, ne dispose pas de cette fameux permis et ne peut donc dégainer son arme que s’il est lui-même pris pour cible. Pour faire usage de n’importe quelle arme à feu, il faut donc d’abord être attaqué, ce qui explique aussi pourquoi le corps à corps est autant mis en avant dans le jeu, même si on nous a promis qu’il y aurait plus de gunfights que de bagarres au poing tout au long du jeu.

007 First Light Gunfight
© IO Interactive

Les phases de tir sont rythmées et appréciables. Evidemment, le système de couverture est fortement privilégié pour résister et répondre aux assauts ennemis. On peut récupérer les armes lâchées par les ennemis pour s’en équiper et on a apprécié le fait que ces dernières étaient pour la plupart quasi vides en munitions au moment de s’en emparer, nous obligeant à jongler avec les différentes armes jonchant le sol après une fusillade. En revanche, si elle débarque toujours armée et en nombre, l’intelligence artificielle ne nous a pas vraiment bluffé par son comportement sur ces séquences. Et ce n’est clairement pas mieux lors des phases d’infiltration. 007 First Light souffre des mêmes maux que d’autres titres avant lui, avec des ennemis qui continuent à parler à un collègue absent sans remarquer qu’il a disparu mais qui vont s’exciter dans tous les sens en tombant sur leur corps gisant sur le sol. Lorsqu’ils ne remarquent même pas que vous avez couché un autre collègue juste à côté d’eux. Cela nous a d’autant déçu que la plupart du temps, lesdits ennemis ne s’évanouissent pas vraiment en silence. On peut donc fracasser un peu de verre lors d’une attaque furtive sans que rien ne se passe. En revanche, une fois découvert, c’est évidemment le boxon complet. De quoi, au final, s’apparenter, à date, pour un des gros points faibles du jeu. Le seul qu’on ait recensé véritablement en trois heures et demie.

Sortez les pop-corn, ça s’annonce magnifique

Pour accentuer l’aspect cinéma des séquences de gunfight, Bond peut faire usage du focus, à savoir une feature lui permettant de se concentrer sur l’action, avec un temps ralenti autour de lui pour favoriser sa concentration. Et il va s’en dire que côté action, on est servi. Quand 007 surprend un ennemi, il ne se contente pas de lui faire faire une sieste momentanée, mais le passe tout de même un peu à tabac. Cette appétence à mettre les mains dans le cambouis et à faire preuve d’une certaine agressivité nous rappellent Craig, une fois encore. Et on a même eu droit à une séquence au volant d’un camion particulièrement mouvementée, avec la musique de 007 en fond, histoire de nous convaincre définitivement de la nature de film interactif de ce jeu. Ce n’est pas la seule action variée que l’on a eu durant notre prise en mains : combat dans un appartement, course-poursuite sur les toits de Londres, non niveau action la promesse d’un jeu mélangeant régulièrement les plaisirs semble bel et bien posée. Et tant mieux.

007 First Light Poursuite
© IO Interactive

Oups, on allait tout de même oublier d’évoquer la partie esthétique du jeu, un nerf de la guerre important au moment d’apprécier ce nouveau jeu à la gloire de James Bond. Les différents trailers publiés jusqu’à présent, ainsi que la présentation en grande pompe du jeu il y a un an nous dévoilaient un jeu présumé beau. Il l’est. 007 First Light est magnifique. Si certaines modélisations de PNJ peuvent laisser parfois à désirer, l’ensemble est d’excellente facture. Lors de notre preview, nous avons joué dans des conditions optimales sur PC et il faudra bien voir si la magie opère aussi bien sur consoles next-gen. Mais l’esthétisme est digne du spectacle sonore et au service du gameplay proposé.

L’immersion cinématographique du titre doit beaucoup à la qualité des détails – le diable se cache toujours dedans, on le rappelle – qui n’est pas sans rappeler d’autres grands titres, comme Uncharted ou The Last of Us, deux jeux cités par les développeurs d’ailleurs, avec un réalisme poussé au point de vouloir tout toucher et tenter d’interagir – souvent avec succès – avec tous les éléments d’une pièce en y entrant. Allez, encore un mois et on pourra vous dire ce que valent sur la durée les nouvelles aventures de James Bond.

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