Entre fin 2015 et fin 2021, le boîtier Linky est devenu une présence familière dans les tableaux électriques des particuliers, non sans quelques batailles contre les opposants aux ondes et aux données collectées. Sept ans plus tard, le programme est aujourd’hui considéré comme achevé. Enedis est prêt à passer à la suite. Et la suite s’appelle Linky Pro.
Annoncé pour un lancement à partir de la fin de l’année 2026, ce nouveau compteur communicant ne cible pas les particuliers. Il est conçu exclusivement pour les professionnels dont la puissance souscrite dépasse 36 kVA. En dessous de ce seuil, c’est le Linky classique qui s’appliquera. Au-delà, les entreprises disposaient jusqu’ici de compteurs hérités, plus anciens, moins communicants. Le Linky Pro est simplement là pour les remplacer.
560 000 sites concernés, un déploiement progressif
Enedis estime à 560 000 le nombre de sites professionnels concernés par le Linky Pro en France. La liste est large : commerces, ateliers, supermarchés, PME industrielles… Autant de profils de consommation très différents de ceux d’un logement, avec des enjeux de facturation et de traçabilité des données bien plus complexes. Concrètement, Linky Pro vient remplacer trois générations de compteurs professionnels aujourd’hui considérés comme obsolètes : les modèles PME-PMI, Saphir et ICE. Ces équipements, plus anciens, ne permettent pas les mêmes niveaux de granularité dans la transmission des données ni les mêmes capacités de télérelève que ce qu’Enedis entend déployer pour le marché d’affaires.
La méthode de déploiement sera en revanche, radicalement différente de celle employée pour le Linky grand public. Enedis a opté pour une installation progressive, au fil des opérations de maintenance, de remplacement ou de dépannage. Un site ne recevra son Linky Pro que lorsque son compteur actuel nécessitera une intervention. Aucune campagne généralisée ni remplacement systématique n’est au programme.
Un compteur blanc, une puce IP, une cybersécurité renforcée
Techniquement, le Linky Pro se distingue de son cousin grand public sur plusieurs points. Le boîtier sera blanc, là où le Linky des particuliers est vert. Surtout, il repose sur le protocole Internet (IP) pour ses communications, en remplacement des technologies de télérelève utilisées jusqu’ici sur une partie du secteur professionnel.
La différence la plus significative porte sur la cybersécurité. Le Linky grand public utilise les courants porteurs en ligne (CPL), une technologie qui fait transiter les données sur le câble électrique lui-même. Le Linky Pro fera ainsi l’objet de tests de cybersécurité renforcés, avec des données chiffrées dès la transmission. Ce renforcement n’est pas cosmétique : les données de consommation d’une entreprise peuvent révéler des informations sensibles sur son activité, ses rythmes de production et ses périodes creuses.
En parallèle du compteur lui-même, Enedis développe des outils informatiques pour valoriser les données collectées. L’entreprise travaille notamment pour améliorer la détection d’anomalies dans les relevés et optimiser les échanges avec les fournisseurs d’énergie, avec l’objectif de fluidifier le processus de facturation.
Pour les particuliers donc, rien à craindre. Le Linky Pro est un outil destiné aux professionnels. Enedis évoque la fin de l’année 2026 comme date de démarrage, mais le calendrier pourrait être bien plus long que prévu, et s’étaler sur plusieurs années.
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