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Looksmaxxing : sur TikTok les ados s’injectent des stéroïdes bovins pour augmenter leur virilité

Pour décrocher la mâchoire carrée du « GigaChad », la nouvelle tendance n’est plus aux coups de marteau, mais à l’injection de produits jamais approuvés pour les humains. Le tout devant des dizaines de milliers d’abonnés.

Depuis des mois, les trends liées au #looksmaxxing accumulent plusieurs millions de vues sur les réseaux sociaux. Sur Tiktok et Instagram, la montée du conservatisme ne touche pas que les tradwives. Derrière la trend, les idéologies masculinistes gagnent du terrain, boostées par des algorithmes qui valorisent la virilité agressive et la résistance aux avancées progressistes. Après avoir eu la brillante idée de briser leur mâchoire à coup de marteau, et de tremper leurs testicules dans la glace, certains ados s’injectent des stéroïdes pour vaches afin de booster leur virilité.

Du marteau au sérum pour vaches d’abattoir

L’acétate de trenbolone est un stéroïde anabolisant androgène que les éleveurs américains et canadiens utilisent comme hormone de croissance artificielle pour engraisser les bovins avant l’abattoir. Le produit n’a jamais été approuvé pour un usage humain. Sa puissance dépasse largement celle de la testostérone, et ses effets secondaires aussi, avec des risques majeurs pour le cœur, le foie et les reins, mais aussi des effets secondaires menant à des comportement agressifs, des troubles psychiatriques et des dérèglements hormonaux durables. Au point d’être aujourd’hui considéré comme l’un des anabolisants les plus violents du marché. Cela n’empêche pas des mineurs de se l’injecter dans la cuisse, caméra allumée.

La trenbolone n’est que la dernière étape d’une dérive plus large connue sous le nom de looksmaxxing, une tendance issue de la sphère masculiniste et incel, qui théorise que l’apparence physique et le « niveau de virilité » déterminerait mécaniquement le succès auprès des femmes et la réussite sociale. Au programme : pommettes saillantes, mâchoire carrée et regard de « GigaChad ».

Pour y parvenir, certains se livrent à des pratiques aussi grotesques que dangereuses, comme le bone smashing (frapper son visage au marteau pour provoquer des microfractures censées modifier la structure osseuse), le mewing (placer sa langue en permanence contre le palais) ou le blanchiment des dents à l’eau oxygénée pure.

Une explosion virale, et problématique

Sur TikTok, le phénomène n’a plus rien de marginal. Un rapport du Center for Countering Digital Hate publié en 2023 estimait déjà à plus de 587 millions le nombre de vues cumulées par les vidéos liées aux stéroïdes et substances dopantes aux États-Unis entre 2020 et 2023, avec 72 % de cette audience composée d’hommes entre 18 et 24 ans. Certains comptes influents vont jusqu’à conseiller à leurs jeunes de « dire à vos parents que ce sont juste des vitamines ».

La machine algorithmique fait le reste. Une étude publiée en 2025 dans la revue scientifique Body Image établit que l’exposition répétée à des contenus axés sur le physique accroît significativement les troubles de l’image corporelle chez les jeunes, autant que leur envie d’essayer des substances dopantes ou des méthodes d’amaigrissement extrêmes. Un rapport publié dans Pediatrics in Review la même année a démontré que l’algorithme de TikTok suffit de quelques interactions pour basculer un compte adolescent vers ce type de contenu et l’y maintenir, presque mécaniquement.

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