Top Gun, c’est pour toute une génération un souvenir d’enfance. Les premiers pas de Tom Cruise au cinéma et pour nous spectateurs, notre premier rencard finalement avec l’un des plus grands acteurs d’Hollywood. Une heure et 49 minutes qui ont propulsé le jeune homme au statut de star. Et la suite, Top Gun : Maverick, n’a fait que raviver la flamme, autant par le charisme toujours intact de Tom Cruise, que par le contenu « legacy » qu’il contient, avec le fils de Goose ou encore le passage de Maverick en instructeur, lui qui n’était qu’un pilote chien fou dans le premier film.

Alors, quand la décision a été prise pour les 40 ans de Top Gun de ressortir les deux films de la saga au cinéma, on s’est dit qu’il serait bon de replonger dans le souvenir, dans des salles de meilleure qualité, en IMAX et donc, avec une qualité sonore supérieure. Car si Top Gun : Maverick a marqué avant tout et surtout les esprits par sa réalisation immersive, Top Gun était culte pour d’autres raisons. On pense évidemment à Tom Cruise oui bien sûr, mais aussi à son mano a mano avec le regretté Val Kilmer ou encore la bande originale tout aussi culte et la chanson légendaire « Take my breath away ». Mais est-ce que tout cela n’est pas surfait finalement ?
Moins immersif que Maverick mais spectaculaire quand même
En comparaison avec sa suite, Top Gun est moins un film d’aviation. Comprenons par cette phrase que le film de Tony Scott ne mise pas tout son propos sur les avions, qui font plus office de cadre et de terrain de jeu et d’expression pour les acteurs qu’autre chose. L’immersion dans les scènes de cockpit n’est pas aussi forte. Logique puisque les moyens mis dans la réalisation des scènes étaient beaucoup moins poussés. Ça se voit. En revanche, Top Gun n’en reste pas moins impressionnant, même quarante ans après. La scène du face-à-face à l’envers entre Maverick et un MiG en début de film en est le meilleur exemple.

L’introduction du film en est un autre. Fumée, gros plans sur des éléments d’avions, notes iconiques du générique tout aussi mémorable … on ne peut que s’incliner. Là où Joseph Kosinski nous plonge directement aux manettes d’un avion de chasse, Tony Scott nous fait respirer l’air et la pression ressentis sur un porte-avions. On est dans le quotidien de ces pilotes d’exception. Et si les deux films partagent la même propension à nous offrir un scénario aussi mince qu’une feuille de papier, ils bénéficient de la même qualité : une histoire simple oui, mais surtout des personnages facilement identifiables.
Un film d’émotions avant tout
Top Gun va même plus loin finalement. On l’a dit : le long-métrage de Tony Scott est beaucoup moins centré sur les avions. Mais plus sur les hommes qui les pilotent. La personnalité de Maverick est poussée comme jamais. Son histoire d’amour avec Charlie est finalement plus romantique que nécessaire. Les deux personnages s’entichent l’un de l’autre très vite (trop vite?) mais ce n’est pas le plus important. C’est la mise en scène de ce rapprochement inéluctable qui fonctionne. La scène de poursuite en moto. Et le refrain de “Take My Breath Away” qui n’est jamais aussi puissant qu’à ce moment-là.

Mais, au bout du compte, ce que l’on retient, c’est la mort de Goose. C’est là que le film troue toute sa force. Là que Tom Cruise est puissant de justesse dans son jeu d’acteur. Arrogant et séducteur, Maverick devient alors une coquille vide, incapable de passer outre sa culpabilité. Le film réussit la prouesse de raconter l’ascension, la chute et la rédemption d’un personnage, sans forcer le cliché et sans qu’on ne décroche jamais du propos. La musique y est aussi pour quelque chose. Les dialogues également, avec un Val Kilmer qui tient la réplique à Tom Cruise en toute circonstance.
Bon alors c’est vraiment culte ou non ?
Evidemment, Top Gun n’est pas mémorable juste pour cela. Les Ray Ban Aviator, la veste de Maverick, la moto le sont tout autant. Ce n’est pas un hasard si Tom Cruise a tant tenu à les ramener à l’écran des dizaines d’années (36 précisément) plus tard. La reprise au piano-bar de “Great Balls of Fire” de Jerry Lee Lewis par Goose et Maverick, là aussi reprise dans la suite, n’est pas un hasard. Top Gun : Maverick, en reprenant ses éléments, avait déjà conforté leur aspect culte. Les revoir dans Top Gun les rend encore plus forts.

Sans oublier l’incroyable bande-son directement issue des charts des années 80, une décennie toujours autant appréciée de nos jours. Top Gun, 40 ans après, c’est loin d’être surcoté. Ça a un peu mal vieilli. Mais cela vaut surtout pour les scènes de cockpit. Les plans de vol, eux, restent somptueux. Et la performance d’ensemble est toujours aussi chouette à regarder. Vu que vous n’aurez qu’une semaine pour en profiter en salles, vous auriez tort de vous en priver.
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