On a beau changer de mot de passe, activer la double authentification et se méfier de tous les SMS suspects, il y a une chose contre laquelle on ne peut rien. De plus en plus d’organismes officiels sont victimes de piratage. Dans ce cas précis, impossible de faire quoi que ce soit pour éviter la catastrophe. Cette fois, c’est au tour d’impots.gouv.fr de passer aux mains des hackers.
Le 12 août, un individu se présentant sous le pseudonyme « ZeroBytes » publie sur un forum une annonce qui ne passe pas inaperçue : 678 438 lignes de données fiscales, censées provenir des systèmes internes de la Direction générale des Finances publiques (DGFiP). Selon le site spécialisé FrenchBreaches, qui a documenté l’affaire, l’intrusion remonterait au 26 juin, et concernerait 2 millions de personnes.
Un accès VPN, un outil interne, et le silence de Bercy
Le mode opératoire décrit par ZeroBytes tient en quelques étapes. Le pirate explique avoir d’abord compromis plusieurs serveurs internes avant de mettre la main sur un accès VPN, qui permet normalement aux agents de se connecter à distance aux outils de l’administration. Une fois à l’intérieur, il aurait utilisé un outil de recherche interne permettant de consulter les dossiers de particuliers et de professionnels, jusqu’à ce que son accès soit coupé.
L’échantillon de données mis en avant pour prouver la véracité de l’attaque donne le vertige : identités, dates et lieux de naissance, adresses postales, numéros de téléphone, adresses email, identifiants fiscaux, situations familiales, nombre de personnes à charge, revenus fiscaux de référence et taux de prélèvement à la source. Autrement dit, de quoi construire un dossier de phishing sur mesure pour chaque victime.
Pendant près de 24 heures, ni la DGFiP ni le ministère de l’Économie et des Finances n’ont confirmé les informations du hacker. Un silence qui a fini par se craqueler ce jeudi 13 août : le ministère de l’Action et des Comptes publics a reconnu qu’un accès illégitime au système d’information de la DGFiP avait bien eu lieu, sans pour autant valider le chiffre de 678 438 lignes avancé par le pirate, ni l’ampleur exacte des dégâts.
Le fisc, cible récurrente des pirates
Entre le 29 janvier et le 13 février 2026, des pirates avaient déjà utilisé les identifiants compromis d’un fonctionnaire pour accéder au fichier Ficoba, celui qui recense l’ensemble des comptes bancaires ouverts en France, exposant au passage 1,2 million de comptes à des consultations frauduleuses. La DGFiP assure que ce nouvel incident n’a « aucun lien connu » avec celui-ci, mais la coïncidence a de quoi interroger.
Autre détail qui ne rassure pas : selon FrenchBreaches, ZeroBytes serait déjà connu pour avoir revendiqué plusieurs piratages confirmés par le passé, visant notamment Intermarché, la plateforme Eva GG et la Fédération française de handball.
En attendant d’y voir plus clair, la CNIL impose aux organismes concernés une notification rapide dès lors qu’une violation de données présente un risque pour les personnes concernées. Les victimes potentielles devraient donc rapidement recevoir un message de la part du fisc, mais cette fois pas pour une régulation d’impôts.
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