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Red Bull, Monster, Ciao Energy… Mais pourquoi le gouvernement veut interdire les boissons énergisantes aux moins de 16 ans ?

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Une mission parlementaire recommande d’interdire leur vente aux mineurs de moins de 16 ans et de les sortir des distributeurs. La France rattraperait ainsi plusieurs de ses voisins européens.

On les trouve à côté des sodas dans les rayons des supermarchés, dans les distributeurs et même dans les vidéos du youtubeur préféré des ados. Depuis quelques années, le chiffre d’affaires des boissons énergisantes serait passé de 180 à 780 millions d’euros rien qu’en France, rapportent nos confrères de RMC. Problème : une bonne partie des consommateurs n’a pas encore l’âge de passer le permis.

Pas de canette avant 16 ans

Ce mercredi 7 octobre, les députés Sandrine Runel (PS) et Yannick Neuder (Droite républicaine) ont présenté les conclusions d’une mission parlementaire consacrée à l’exposition des jeunes aux boissons énergisantes et aux alcools prêts à boire. Leur recommandation phare, révélée par RMC : interdire la vente de boissons énergisantes aux moins de 16 ans, et bannir purement et simplement leur vente dans les distributeurs automatiques.

Selon la définition de l’Anses, l’agence française de sécurité sanitaire, sont considérées comme des boissons énergisantes les sodas enrichis en substances stimulantes comme la caféine et la taurine, auxquelles s’ajoutent du sucre, des vitamines et parfois des extraits de plantes comme le ginseng. Rien à voir donc avec les boissons « énergétiques » destinées aux sportifs, qui contiennent des glucides et des minéraux mais pas de caféine. Les deux catégories sont pourtant régulièrement confondues.

Le cœur du problème, c’est la caféine. Une canette standard contient entre 80 et 160 mg de caféine, soit environ deux expressos. Pour un adulte, rien d’alarmant. Pour un adolescent de 50 kilos ou moins, en revanche, un demi-litre suffit à dépasser la quantité de caféine limite quotidienne, en agissant directement sur le système nerveux central, avec des effets sur le sommeil, le comportement et l’anxiété, comme le rappelle l’Autorité européenne de sécurité des aliments.

L’Anses recommande depuis longtemps aux enfants et adolescents d’éviter totalement ces boissons. D’autant plus que les risques augmentent encore lorsque ces canettes sont bues pendant un effort physique ou mélangées à de l’alcool, une association courante en soirée.

La France est en retard

Sur ce terrain, la France ne fait pas figure de pionnière. Aujourd’hui, la vente aux mineurs n’y est soumise à aucune restriction légale. Plusieurs pays européens ont pourtant franchi le pas : la Pologne, la Lituanie, la Lettonie et la Roumanie limitent déjà l’achat de boissons énergisantes par les mineurs. La Norvège applique une interdiction depuis le 1er janvier 2026, et l’Angleterre interdira la vente aux moins de 16 ans à partir d’avril 2027, pour toutes les boissons dépassant 150 mg de caféine par litre, ce qui inclut les sodas Red Bull et Monster.

Le seuil de 16 ans retenu par les députés français colle donc au modèle britannique, plus souple que la limite à 18 ans adoptée par certains pays de l’Est. Reste la question de l’application. Les restrictions sur la vente d’alcool aux mineurs existent depuis longtemps en France, et elles sont loin d’être toujours respectées. C’est d’ailleurs l’autre volet du rapport, qui s’intéresse aussi aux alcools prêts à boire (les fameux « prémix »).

Pour ces produits, les députés proposent de muscler les sanctions, avec des amendes pouvant atteindre 50 000 € pour la vente d’alcool aux mineurs, sur le modèle allemand. Ils recommandent aussi d’étendre la taxe sur les prémix aux produits dépassant 12 % d’alcool, d’imposer un avertissement sanitaire sur les boissons de plus de 18 % et de mettre fin à l’autorisation de la publicité en ligne pour ces boissons.

Pour le moment, rien ne change encore dans les rayons. Les rapporteurs comptent porter leur texte via une proposition de loi dédiée et plusieurs amendements au projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) pour 2027, dont l’examen débute à l’automne. Le calendrier est serré, et le sujet devra trouver sa place dans un débat budgétaire déjà chargé.

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