Un nom, un âge, une ville, un métier et une note sur 10. On pourrait croire à une appli de rencontre un peu trop intrusive. Ce mardi 6 octobre 2026, deux frères de 21 et 25 ans ont été interpellés dans le Nord de la France. Ils sont soupçonnés d’être les principaux administrateurs du service NudeLeaksTeens, qui promettait des images intimes d’adolescentes prises sans leur consentement. Au total, estime la justice, plus de 17 000 femmes, dont des mineures, étaient référencées sur le site, qui revendait ensuite leurs images. Le trafic aurait duré près de quatre ans. Il a pris fin cette semaine, avec plus de 700 000 € de cryptomonnaies saisis à la clé.
Mercredi 7 octobre, la procureure de la République de Paris, Laure Beccuau, a annoncé la fermeture de trois sites liés à la plateforme, au terme d’une enquête menée conjointement avec les autorités américaines. Le travail du FBI, du département de la Justice américain et de l’Unité nationale cyber (UNC) de la gendarmerie a finalement payé. NudeLeaksTeens n’est plus accessible à l’heure actuelle.
Une prime pour chaque victime identifiée
NudeLeaksTeens ne se contentait pas de revendre des images pornographiques obtenues sans le consentement des victimes. La plateforme récompensait, en monnaie virtuelle, les utilisateurs qui fournissaient des informations permettant d’identifier les victimes. Chaque femme était ainsi recensée individuellement, sous son vrai nom, puis indexée par âge, lieu de résidence et métier. Le tout assorti d’une note de désirabilité sur 10.
Selon une source proche du dossier citée par franceinfo, la grande majorité des victimes aurait entre 16 et 22 ans, et une vingtaine seraient françaises. Les enquêteurs américains précisent que certains contenus ont été produits alors que les victimes étaient encore mineures. Une partie des fichiers provenait de comptes Snapchat, Instagram, TikTok et Facebook piratés.
La liste des infractions a de quoi donner le tournis : atteinte à l’intimité de la vie privée, détention et diffusion d’images pédopornographiques, intrusion dans des systèmes informatiques, fourniture d’une plateforme en ligne destinée à des transactions illicites, blanchiment… En France, diffuser l’image intime d’une personnes ans son accord est puni de deux ans de prison et 60 000 € d’amende. En faire commerce via une plateforme et en bande organisée, expose à 10 ans d’emprisonnement et 500 000 € d’amende.