Vous ne vous étiez jamais demandé comment on survit à l’intérieur d’un cachalot ? Vous avez quand même la réponse. Englouti (notre critique) vient de sortir au cinéma et il n’est clairement pas fait pour les claustrophobes, les thalassophobes… et globalement pour tous ceux qui prévoient une petite sortie plongée dans les prochaines semaines. Brian Duffield, réalisateur de Traquée, s’attaque au roman de Daniel Kraus Whalefall, publié en 2023.
Un thriller survivaliste qui a mis les nerfs de ses lecteurs à rude épreuve en multipliant les scènes de mutilation, les tirades angoissantes. Il faut dire qu’à priori, l’estomac d’un cachalot n’est pas l’endroit idéal pour passer un séjour de plusieurs heures. L’histoire suit Jay, un jeune adulte qui revient dans sa ville natale plusieurs mois après le décès de son père. Il s’est jeté à la mer, lesté de poids. Son corps n’a jamais été retrouvé et Jay part à sa recherche. Mais en chemin, il se fait avaler par un immense cachalot… en même temps qu’un calamar plutôt hargneux. Pour Brian Duffield, cette adaptation était un défi de taille, d’abord technique.
Miser sur des effets pratiques
Comment faire ressentir cette expérience aux spectateurs ? C’est la première question que le réalisateur et ses équipes ont dû se poser. Le film a fait le choix de miser sur des effets spéciaux pratiques plutôt que du numérique. “C’était très difficile. Nous avons construit des décors. Donc quand vous voyez Austin dans des endroits très exigus, c’est vraiment qu’il est dans des endroits très exigus. Nous avons eu de la chance qu’il ne soit pas claustrophobe, ou s’il l’était, qu’il le cache. Nous voulions juste que les spectateurs aient l’impression que c’est vrai, le plus possible”.
Duffield nous explique que ce choix de miser sur des décors réels a tout de même posé quelques problèmes lors du tournage.
“La scène la plus difficile, c’est sans aucun doute quand Austin se bat contre le calamar à l’intérieur de l’estomac. C’est un si petit endroit. Ensuite vous ajoutez un autre animal de 4,50 mètres là-dedans. Nous avions des petits mortiers, pour simuler des explosions quand les tentacules frappaient l’eau. C’est la scène la plus difficile que j’aie jamais tournée. J’avais vraiment de la peine pour le pauvre Austin, coincé là-dessous avec une énorme marionnette sur lui, tandis que l’intérieur du ventre tremblait et s’agitait dans tous les sens. Nous étions vraiment ravis lorsque nous avons enfin pu tuer le calamar et nous en débarrasser”.
Une expérience visuelle… et sonore
Outre cette prouesse esthétique, Englouti surprend par son important travail de l’ambiance sonore. Pour Duffield, il a fallu créer un design sonore inédit. Le réalisateur aurait d’ailleurs averti ses équipes. “Je me souviens, quand je les ai rencontrées la première fois, j’ai dit : “Ce sera le travail le plus dur que vous aurez à faire”. Mais c’était vraiment important pour nous, pour justifier la sortie au cinéma. Ils devaient vendre aux spectateurs qu’ils sont vraiment dans un immense animal pour une majeure partie du film”.
Englouti est sorti au cinéma ce 14 octobre. À noter que Brian Duffield ne va pas rester sans rien faire très longtemps, puisqu’il travaille sur le film Sirenhead en collaboration avec Zach Cregger. Un projet qui s’inspire d’un creapypasta.