Il y a la fin du mois, le loyer qui tombe et le découvert qui arrive. Pour la majorité des Français, les derniers jours du mois sont synonymes de galère. C’est d’ailleurs pour ça que les autorisations de découvert existent. Sauf que dans un peu plus d’un mois, ce filet de sécurité va changer de statut juridique.
Le découvert devient un crédit (presque) comme les autres
Le 20 novembre 2026, la directive européenne dite CCD2, adoptée en octobre 2023 va entrer en application. Concrètement, à partir de cette date, le découvert autorisé bascule dans le régime du crédit à la consommation. Jusqu’ici, un découvert de moins de 200 € échappait à l’essentiel des règles, et la banque n’avait l’obligation d’analyser la solvabilité de son client qu’au-delà de ces seuils. Ce plancher va sauter. Pour toute nouvelle autorisation, l’établissement devra désormais évaluer la capacité de remboursement du demandeur.
La bonne nouvelle, c’est que les minimums forfaitaires d’agios disparaissent, a confirmé Bercy dans une réponse ministérielle publiée en avril. Pour une autorisation à durée indéterminée, la résiliation pourra être assortie d’un préavis d’au moins deux mois. Notez que la réforme n’est pas rétroactive, et les autorisations accordées avant le 20 novembre restent soumises à l’ancien régime. Un client qui dispose déjà de 500 € de découvert n’aura rien à demander, et son plafond restera utilisable comme avant.
Changer de banque ou relever son plafond : qu’est-ce qui change ?
La première chose qui change concerne le changement de plafond. Si vous réclamez 300 € de marge supplémentaire votre demande passera par la nouvelle grille d’analyse. Même chose si vous changez de banque. Ouvrir un compte après le 20 novembre reviendra à solliciter une nouvelle autorisation. Ceux qui envisagent de changer de crémerie ont intérêt à le faire avant le 20 novembre, ou à conserver leur ancien compte (et son autorisation) tant que la nouvelle banque n’a pas accordé la sienne.
Le paiement fractionné n’échappe pas non plus au grand ménage. Le paiement en trois fois entre lui aussi dans le giron du crédit à la consommation, avec une vérification de solvabilité qui risque de ralentir ce qui se jouait jusqu’ici en un clic au moment de valider le panier. Il faudra désormais obtenir l’approbation de votre banque pour y avoir droit. De quoi sérieusement compliquer les démarches.