Environ 1 500 commerces ont été visés par des pillages et des dégradations lors de la mobilisation du 17 octobre, selon la Fédération du commerce et de la distribution, qui évalue les dégâts à plusieurs centaines de millions d’euros pour Paris, Marseille, Lyon et tant d’autres grandes villes françaises. Au lendemain de ces violences, l’heure est au bilan et, surtout, aux actions politiques pour endiguer la revente des milliers d’articles.
Selon nos confrères de BFMTV, le Ministère de l’Économie et des Finances prévoirait de réunir, dès ce lundi 19 heures en visioconférence, les grandes plateformes de vente en ligne et leurs fédérations. Parmi elles, on retrouve donc Vinted, eBay et Leboncoin, que des entreprises qui ont fait de la revente entre particuliers leur business model. Amazon, TikTok et Meta sont également conviés à ce meeting, ainsi que la Fédération du e-commerce et de la vente à distance (FEVAD).
La réunion sera pilotée par Anne Le Hénanff, ministre déléguée au Numérique, et Serge Papin, ministre du Commerce et des PME. Le Premier ministre Sébastien Lecornu a annoncé que son cabinet enverrait un communiqué aux différents intervenants de ce meeting “dans l’après-midi” afin de les y convier, et d’ajouter que la ministre déléguée au Numérique, Anne Le Hénanff, travaillait à “aussi apporter des réponses dans ce domaine-là”.
Une pression politique importante
L’objectif de la réunion est multiple. Le gouvernement veut empêcher les pilleurs qui ont mis la main sur des produits de valeur lors des manifestations de les revendre sur ces plateformes numériques, mais également que ces plateformes aident les autorités à identifier les receleurs. Nombreux sont d’ailleurs les responsables politiques à abonder dans ce sens. Le président du Rassemblement national, Jordan Bardella, appelait notamment le gouvernement à travailler avec ces plateformes afin “d’identifier les profils qui tenteraient de revendre les marchandises volées”, avant d’ajouter que “les Français ne tolèreront pas que des prédateurs s’enrichissent sur le dos de la communauté nationale avec les fruits de leurs razzias”.
Même son de cloche pour le candidat Renaissance à l’élection présidentielle, Gabriel Attal, ce lundi sur RTL. “Quand on voit que vous avez des jeunes qui, sur les réseaux sociaux ou sur des plateformes de vente en ligne, s’affichent avec des biens qui ont été volés pour les revendre, on doit pouvoir en identifier un certain nombre”, pointe-t-il. “Il y a des choses qui ont été volées, matériel informatique, qui à mon avis peuvent être géolocalisées. Il y a par ailleurs des annonces qui sont mises en ligne. Il y a un grand nombre de vidéos qui ont été postées sur les réseaux sociaux.”
Les plateformes prêtes à aider
Pour l’instant, eBay et Leboncoin n’ont pas encore réagi aux sollicitations des journalistes de BFMTV ni n’ont communiqué officiellement. Sollicitée par l’AFP, c’est Vinted qui a été la première plateforme à réagir officiellement en annonçant appliquer une politique de “tolérance zéro”. “Depuis ce week-end, nos équipes ont agi immédiatement pour identifier et supprimer les annonces susceptibles de concerner des biens volés, et nous avons renforcé le contrôle des annonces suspectes”, pointe la plateforme lituanienne, qui a promis de collaborer “activement avec les forces de l’ordre et les autorités françaises”. Les comptes concernés risquent également le “bannissement définitif”.
On ne sait pas si la réunion débouchera sur des politiques précises en matière de recel et si les plateformes seront contraintes à agir en ce sens. Whatnot, célèbre pour mixer habilement le scroll à la TikTok et la surenchère à la eBay, ne semble pas faire partie des entreprises conviées au meeting.