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Plus besoin de missiles : BAE dévoile une arme qui grille l’électronique des drones en essaim

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Le groupe britannique BAE Systems a présenté une arme à micro-ondes de forte puissance capable de neutraliser plusieurs drones à la fois. Elle arrive dans un domaine où les États-Unis, le Royaume-Uni et la France testent déjà leurs propres systèmes.

BAE Systems a dévoilé son système, simplement appelé High Power Microwave (HPM), au salon de l’Association de l’armée américaine (AUSA) à Washington, en même temps qu’un canon d’artillerie baptisé MDACS. L’arme envoie des impulsions de micro-ondes qui perturbent ou détruisent l’électronique des drones visés, et elle n’a pas besoin de munitions, puisqu’elle peut continuer à tirer tant qu’elle est alimentée. “Tant qu’il y a de l’électricité, il y a une défense”, résume Jason Casciotti, vice-président de BAE Systems chargé des systèmes d’armes. BAE affirme que plus de 99 % des composants de son arme sont des pièces du commerce, et Jason Casciotti explique que ce choix doit permettre de passer plus vite d’une technologie mûre à un usage sur le terrain. Le groupe a prévu quatre versions, pour une installation fixe, une remorque, un véhicule de combat ou un navire.

Avant le salon, l’arme a été testée en plein air, et BAE parle de milliards d’impulsions envoyées pour mesurer leurs effets sur les cibles. Le système a donc atteint le niveau 6 de maturité technologique, celui d’une démonstration dans un environnement proche du terrain. Pour l’instant, BAE n’a pas communiqué de portée ni de puissance, et l’armée américaine n’a pas passé de commande.

Des missiles à 2 millions de dollars contre des drones à 2 000 dollars

C’est la mer Rouge qui a rendu le problème très concret pour l’armée américaine. Fin 2023, les destroyers de l’US Navy ont abattu 38 drones et plusieurs missiles lancés par les Houthis du Yémen en deux mois, dont 14 drones en une seule journée pour le seul USS Carney, en décembre. Pour cela, ils utilisaient notamment des missiles SM-2, qui coûtent 2,1 millions de dollars pièce dans leur dernière version, alors que les drones houthis, en majorité de fabrication iranienne, valaient au plus 2 000 dollars. “Le rapport des coûts n’est pas en notre faveur”, avait reconnu un responsable du Pentagone. Neil Hart, ancien chef adjoint de l’armée de l’air australienne, estime de son côté que les micro-ondes ne sont “pas une solution miracle” et qu’il faudra toujours les associer aux canons, aux missiles et au brouillage.

Epirus, l’armée de l’air américaine et le Royaume-Uni ont déjà testé leurs armes

L’armée de l’air américaine a testé dès le 5 avril 2023, sur la base de Kirtland au Nouveau-Mexique, son prototype THOR contre un essaim de drones. BAE arrive aussi après l’américain Epirus, qui a dévoilé son arme Leonidas en 2020 et a remporté en janvier 2023 un contrat de 66,1 millions de dollars de l’armée américaine pour en livrer quatre prototypes. Lors d’un essai à Camp Atterbury, dans l’Indiana, en août 2025, Epirus dit avoir neutralisé 61 drones sur 61, dont 49 en essaim avec une seule impulsion. En décembre 2025, Leonidas a aussi désactivé un drone guidé par fibre optique, un type d’appareil insensible au brouillage, très utilisé en Ukraine. Depuis le 9 octobre 2026, Leonidas fait partie d’un programme pilote de défense anti-drones du territoire américain, et General Dynamics en a montré au salon de l’AUSA une version installée sur un camion Ford F600.

Le Royaume-Uni a de son côté annoncé en avril 2025 les résultats de son arme à radiofréquences. Plus de 100 drones ont été neutralisés lors des essais, jusqu’à 1 km de distance. Le ministère de la Défense estime le coût d’un tir à 10 pence (environ 12 centimes d’euro), après 40 millions de livres investis dans la recherche.

En France, Thales a déployé son système pendant les Jeux de Paris

La France dispose elle aussi d’une arme de ce type avec E-Trap, une antenne à micro-ondes de Thales qui couvre 360° et envoie une impulsion électromagnétique brève et puissante pour détruire l’électronique des petits drones, seuls ou en essaim. Présentée au salon Euronaval à l’automne 2024, elle avait été déployée discrètement pendant les Jeux olympiques de Paris, au cours desquels 355 drones non autorisés avaient été détectés et 81 personnes interpellées, selon un rapport de l’Assemblée nationale. “Les attaques d’essaims de drones armés ne relèvent plus seulement de la science-fiction”, avait alors déclaré Emmanuel Chiva, délégué général pour l’armement, devant les députés. La loi de programmation militaire 2024-2030 prévoit 5 milliards d’euros pour la défense sol-air, dont la lutte contre les drones.

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