Après l’USS George H.W. Bush, le Charles de Gaulle a lui aussi accueilli un laser anti-drone sur son pont d’envol. C’est une première pour l’unique porte-avions français, qui se dote d’une arme redoutable dans la lutte contre ces dispositifs d’attaque particulièrement difficiles à neutraliser.
L’essai français s’est déroulé du 4 au 8 juin lors de la mission La Fayette 26. Huit mois après la démonstration américaine du système LOCUST en octobre 2025 sur le George H.W. Bush, des militaires de l’Armée de l’Air et de l’Espace ont déployé ce laser sur le pont de leur porte-avions. L’équipe réunissait des militaires du Centre d’expertise aérienne militaire de Mont-de-Marsan et de l’escadron de défense sol-air d’Istres.
Une première sur le porte-avions
Le système laser cité par le magazine militaire Cols Bleus ressemblerait à s’y méprendre au système HELMA-P de CILAS, utilisé en juin 2023 sur la frégate Forbin. Il comprend une tourelle équipée de caméras, de LiDAR et d’un canon laser, un groupe froid pour évacuer la chaleur et un pupitre de commande. Quatre heures auraient été nécessaires pour l’installer sur le Charles de Gaulle.
Le HELMA-P est pour sa part un système laser développé depuis 2017 avec ArianeGroup, capable de neutraliser des drones de 100 g à 25 kg à une distance allant jusqu’à 1 kilomètre, et ce, en moins de dix secondes.
“Aussi performant que précis”
Aujourd’hui, le laser se présente comme la solution la plus efficace, et surtout la plus économe, pour lutter contre la prolifération des drones sur le champ de bataille. Un seul tir de faisceau laser ne coûterait que quelques euros, là où un missile Aster coûte près d’un million d’euros à produire. Le laser peut même continuer à tirer tant qu’il est alimenté en électricité et que le groupe de froid évacue la chaleur, ce qui est un gros avantage face à un lance-missiles qui doit être rechargé et qui nécessite le transport et le stockage des missiles.
Selon Cols Bleus, l’essai a permis de “valider le comportement du laser dans des conditions opérationnelles inédites”. En 2023, le ministère des Armées parlait du système HELMA-P comme un outil “aussi performant que précis”. Reste à démontrer que ce que le Charles de Gaulle utilisait correspondait bien au HELMA-P. Vraisemblablement, le magazine Cols Bleus s’est uniquement basé sur une photo pour évoquer une ressemblance entre les deux dispositifs.