Ces derniers temps, nous avions été plutôt agréablement surpris par les nouveautés proposées par Prime Video. Mr Wolff 2, Warfare, Heads of State…autant de programmes à conseiller à des degrés divers. Comme tout service de streaming qui produit – ou récupère l’exclusivité d’une diffusion internationale – en masse, à l’image de ses concurrents, le catalogue cumule également pas mal de moutons noirs. Récemment, on pouvait se moquer de Shadow Force ou boire une gorgée à chaque cliché de Countdown. Vous devinez de quel côté penche la balance de The Pickup…
Russell (Eddie Murphy) est un convoyeur sur le point de prendre sa retraite. Son seul objectif est de finir sa journée le plus rapidement possible afin de profiter d’un dîner d’anniversaire de mariage avec sa femme (Eva Longoria) le soir même. Pour sa dernière virée, il doit convoyer de l’argent jusqu’au New Jersey en compagnie d’un nouveau conducteur, Travis (Pete Davidson).
Ce dernier est une véritable pipelette qui ne réfléchit pas beaucoup avant de parler et le trajet s’annonce très long pour les deux hommes. Sauf que sur la route, leur camion devient la cible de trois individus cherchant à récupérer l’engin et de s’en servir pour braquer un casino. Aux commandes de l’opération, Zoé (Keke Palmer), une jeune femme avec qui Travis vient de passer la nuit. Très vite, Russell et Travis vont être forcés de participer au casse… Et on vous donne trois raisons d’éviter d’appuyer sur lecture.

Des personnages non jouables
The Pickup est un modèle d’acteurs sous ou mal exploités, notamment parce que le rythme du film bride chaque tentative d’épaissir les protagonistes. On reste profondément convaincus que Pete Davidson peut avoir une belle carrière au cinéma. Mais hormis quelques exceptions comme The King of Staten Island, le comique du Saturday Night Live manque d’opportunités dignes de ce nom. Ici, il a la charge de porter l’ensemble de l’aspect humoristique du film – un comble alors qu’on lui adjoint Eddie Murphy, on y reviendra – au sein d’un script qui lui savonne la planche.
Difficile d’être drôle lorsque son personnage est dépeint dès les premières minutes comme une figure parodique au sein d’une intrigue écrite au premier degré. Travis n’est écrit que pour être l’idiot de service qui en fait des tonnes malgré des tentatives pour le rendre attachant. On aura également beaucoup de peine pour Eva Longoria qui fait de son mieux malgré un rôle tenant sur un post-it. Seule Keke Palmer parvient un minimum à exister, volant régulièrement la vedette à ses homologues masculins.

Eddie Murphy s’ennuie autant que nous devant The Pickup
Il est loin le temps où les films d’Eddie Murphy occupaient fièrement les salles obscures. Malgré une belle résurrection dans Dolemite Is My Name, l’acteur vit désormais des services de streaming avec des projets allant du moyen au très (très) faible. Toutefois, on a toujours eu cette impression qu’il s’investissait un minimum dans ses films.
Ce qui n’est pas le cas avec The Pickup. Avec l’excuse de la fatigue de son personnage, Murphy ne fait pas semblant de n’en avoir rien à faire, ne cherchant même pas à renouer un poil avec son aura comique d’antan. Il ne montre aucune énergie, aucune inspiration et garde le visage d’un acteur désabusé, résigné, qui sait sa carrière définitivement derrière lui. On lui a connu des échecs, mais il avait le mérite d’essayer d’en faire des succès. Là, le seul point commun entre l’acteur et son rôle, c’est que les deux semblent juste vouloir rentrer chez eux.

Une comédie d’action sans saveur
On pourrait vous dire qu’elle est là, notre bonne vieille catégorie des œuvres « regardables puis oubliables » dont les plateformes SVoD regorgent. Sauf que non. Pour cela, il faudrait encore que The Pickup ait un minimum l’envie de nous divertir malgré de faibles propositions. Ici, on ne sauvera qu’une séquence d’action un brin explosive qui semble être la seule à avoir conservé l’intérêt du réalisateur Tim Story (Les 4 Fantastiques des années 2000, Tom & Jerry…). Tout le reste paraît sans vie, suivant un déroulement automatique qui ne coche même pas les cases du divertissement.
Une fois au cœur de l’intrigue, le scénario de Kevin Burrows et Matt Mider va simplement passer d’un événement à l’autre avec une extrême platitude. Une scène de braquage de casino ne diffère pas de celle d’un repas au restaurant, que ce soit dans la mise en scène ou l’écriture. L’humour n’est jamais assez drôle, l’action jamais assez captivante, et on a les yeux fixés sur les minutes qui ne défilent jamais assez vite.
On peut offrir au crédit d’un long-métrage raté de pousser parfois le curseur tellement loin dans le mauvais goût que cela le rend presque mémorable. On se souvient très bien d’In The Lost Lands par exemple. The Pickup ne fait même pas cet effort. Il y a des films que l’on peut oublier quelques heures après le visionnage, The Pickup réalise l’exploit de s’oublier pendant.
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