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Mercredi saison 2 : la série la plus surcotée de Netflix ?

252 millions de vues en 90 jours, des nominations aux Emmy Awards et aux Golden Globes, Mercredi est la série de tous les superlatifs sur Netflix. Mais mérite-t-elle toutes ces louanges ? On a vu le début de la saison 2.

À sa sortie en 2022, Mercredi n’a eu aucun mal à se faire une place dans le catalogue de la plateforme américaine. Forte de la réputation de son héroïne autant que de celle de son metteur en scène, la série portée par Jenna Ortega s’est rapidement invitée au classement des productions anglophones les plus vues dans le monde.

En trois mois, elle a été visionnée par plus de 252 millions de foyers et trône depuis fièrement à la première place du TOP historique. Face à un tel succès, le N rouge n’a pas hésité très longtemps à acter le développement d’une suite. S’il a fallu attendre près de trois ans pour découvrir ce que l’avenir réserve à l’ado sociopathe, les hostilités sont lancées ce mercredi 6 août.

Quatre épisodes inédits sont d’ores et déjà accessibles et nous avons eu l’occasion de les voir. Après une première saison qui frappait par son ludisme et le charisme évident de son actrice principale, Mercredi confirme-t-elle son statut de production qui compte sur le petit écran ?

Tout le monde aime Mercredi

C’est la rentrée pour Mercredi Addams, la deuxième à la Nevermore Academy. Pour la première fois de sa courte vie, l’adolescente n’a pas été renvoyée pour avoir torturé ses camarades ou créé un vent de panique. Non, elle est même adulée par les élèves et le corps enseignant après avoir sauvé l’école de Maria Thornhill, alias Laurel Gate. Une situation fâcheuse pour celle qui n’aime rien de plus que de voir la peur dans les yeux de ses prochaines victimes…

Heureusement, de nouveaux événements macabres font rapidement leur apparition. Plusieurs meurtres ont eu lieu et semblent liés à celui ou celle qui l’espionne depuis l’année dernière. Son “stalker” est de retour et Mercredi entend bien le démasquer et lui faire payer son outrecuidance… On ne s’attaque pas à la plus cruelle des adolescentes sans en subir les conséquences.

Assez habilement, Mercredi saison 2 renverse le statu quo de sa prédécesseure et trouve une nouvelle manière d’illustrer sa singularité. Tandis que la crainte et le rejet des “normies” face aux “marginaux” était à l’épicentre des premiers épisodes, cette seconde salve s’attache plutôt à décrire son héroïne comme un emblème involontaire de tous les êtres particuliers qui peuplent le monde fantastique de Mercredi.

Mercredi Saison 2 Famille Addams
Toute la famille Addams © Netflix

Au sein de l’école d’abord, l’adolescente est mise sur le devant de la scène. Elle est invitée à prendre part à des réjouissances de rentrée et devenir le visage de l’école réformée, où tout le monde doit être inclus et où les différences sont portées aux nues par la direction. Dans le même temps, elle est harcelée, suivie par un mystérieux personnage.

Un traitement qui doit offrir à la jeune fille une nouvelle occasion de se démarquer du tout venant, de délivrer des répliques cinglantes et de surprendre son auditoire. Et ça marche le plus souvent, grâce à une galerie de seconds rôles plus colorés et tout aussi attachants, Enid en premier lieu.

On pouvait craindre que l’aînée de la famille Addams pâtisse du syndrome de l’héroïne, qui rend les protagonistes détestables à mesure que le récit se concentre un peu plus sur leurs états d’âme. Bonne nouvelle, Mercredi n’en a pas. Cette saison 2 parvient sans peine à confirmer son statut d’icône du macabre autant que celui de son interprète Jenna Ortega.

La nouvelle coqueluche de Burton est magnétique, son regard perçant soignant l’ironie de la proposition. Nul doute que — le personnage détesterait ça — les tresses noires seront encore à la pointe de la mode ce 31 octobre chez les jeunes spectateurs.

Netflix aime (trop) plaire aux spectateurs

Si la première saison a été applaudie par les jeunes spectateurs autant que la critique, plusieurs points l’ont tout de même éloigné du score parfait. Dans un premier temps, la série semblait s’être trop attardée sur les problèmes sentimentaux de son héroïne, la confinant à être à l’épicentre d’un triangle amoureux. Dans le même temps, on pouvait reprocher à la série, qui s’appelle tout de même Mercredi, d’avoir injustement relégué les autres membres de la famille à l’arrière-plan.

Dès les premiers instants, pour rassurer celles et ceux qui avaient exprimé quelques réticences, la série corrige ces défauts en écartant Xavier Thorpe (love interest de Mercredi) — une disparition qui a plus à voir avec les accusations visant son interprète que les considérations narratives du récit — et en trouvant un subterfuge pour obliger les parents Addams à s’installer proche du campus alors que leurs deux enfants vont désormais à la Nevermore Academy.

Mercredi Saison 2 Fétide
Fétide, vrai héros barré © Netflix

Des corrections qui paraissent souvent assez artificielles, surtout lorsqu’il est question de la matriarche Addams. C’est particulièrement vrai dans l’exploration des relations conflictuelles de Mercredi et Morticia, une sous-intrigue qui sent parfois le réchauffé et qui peine à convaincre comme pour les premiers chapitres. Ce que la saison 1 réussissait dans la manière de dépeindre l’émancipation des adolescents du giron de leurs parents, souvent dans la douleur et les cris, cette suite le rate. Le récit doit trop souvent naviguer entre les points de vues et les personnages pour avoir le temps de faire véritablement avancer toutes ses ramifications.

Tim Burton aime cet univers (et ça se sent)

En 2022, Tim Burton a dit à qui voulait l’entendre que Mercredi l’avait réveillé de sa léthargie. Écrasé par la machine hollywoodienne et plus particulièrement lorsqu’il était mobilisé sur des relectures de classiques d’animation Disney comme Alice aux pays des merveilles et Dumbo, le réalisateur et papa de Beetlejuice pouvait de nouveau laisser libre cours à son imagination et son goût pour le gothique, l’ironie et le macabre. Il s’en était donné à cœur joie, construisant une délicieuse esthétique pour cette série dont il a réalisé les premiers épisodes autant qu’imaginé les codes.

Il se charge à nouveau de la mise en scène, du premier et du dernier épisode de cette salve de 4 chapitres. L’ouverture est particulièrement réussie, en ça qu’elle devient un nouveau terrain de jeu pour le cinéaste. On apprécie particulièrement l’usage du stop-motion pour donner vie à une légende sinistre autant que les flashbacks finalement plus cruels et amusants que l’intrigue principale elle-même.

Nouveau Directeur Nevermore
Du trop plein… © Netflix

Reste que, si Jenna Ortega et Burton ont largement promu cette seconde saison comme un chapitre plus mature, il reste encore du chemin à parcourir avant que la série ne révèle tout son potentiel. Ce que la création d’Alfred Gough et Miles Millar a de ludique dans la forme, elle le perd souvent dans le fond…

Encore une fois, Mercredi n’arrive pas à se départir de ses allures de Scooby-Doo gothique, avec une intrigue policière cousue de fil blanc et des retournements de situation déceptifs. Les nœuds aux cerveaux ne sont pas au programme de cette production, qui décapite son suspense trop rapidement pour son propre bien.

Preuve s’il en fallait une de l’importance modérée du suspense de cette production, la série a presque abattu toutes ses cartes quand ce premier volume se termine. Mercredi prévenait les spectateurs dans le final de la saison 1 : “Je sais que le suspense vous tue…”. Pas vraiment… mais est-ce que c’est vraiment pour ça qu’on est là ?

Une série qu’on aime regarder ?

Alors qu’il reste encore quatre épisodes à Mercredi pour nous convaincre qu’elle mérite toutes ces louanges, il faut avouer qu’on ne boude pas son plaisir à retrouver l’univers sur le petit écran. Tandis que la plateforme semble se complaire dans les romances adolescentes sans saveur, la série a les qualités d’un bon divertissement du genre, au même titre que certains emblèmes des années 90 entre Charmed, Buffy contre les vampires ou encore Scooby-Doo.

Mercredi Saison 2
© Netflix

C’est finalement à peu près tout ce qu’on lui demandait. On ne peut que se demander ce que vaudrait la série si elle profitait du même format que ses aînées, à savoir des saisons d’une vingtaine d’épisodes et des intrigues cloisonnées chaque semaine. Avec un tel parti-paris, peu rentable pour les géants du streaming, Mercredi gagnerait en efficacité dans sa manière de mettre les qualités d’enquêtrice de son héroïne en lumière. Et il faut avouer que pour une série qui veut suivre une année scolaire, ce serait même carrément logique. Un épisode de Noël, on en rêve…

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