Critique

[Alors, on regarde ?] Sherlock, saison 4

Cinéma

Par M. Excuisite le

Pour la très (très) attendue quatrième saison de Sherlock, les showrunners ont fait le pari de donner une dimension plus sombre à la série, tout en répondant aux attentes des fans. Alors, on regarde ? Alerte spoiler : Oui.

Sherlock 2

Alors que Sherlock s’envolait pour une mission suicide après ses déboires avec Charles Augustus Magnussen, magnat de la presse et manipulateur émérite, Jim Moriarty, célèbre némésis du détective qui se suicidait à la fin de la deuxième saison, réapparait sur tous les écrans d’Angleterre en répétant la phrase «Miss Me ?» (Je vous manque ?). Ainsi se concluait la troisième saison de Sherlock et commençait une attente longue de deux ans, qui s’est terminée le 1er janvier 2017. Et si les quelques teasers nous promettaient une quatrième saison bien plus sombre qu’à l’accoutumée, ils n’ont clairement pas menti.

Paint it Black

Premier constat après le visionnage de cette quatrième saison, personne n’est épargné. Que ce soit Sherlock, John Watson, sa femme Mary, Molly Hooper ou encore Mycroft, tous doivent faire face aux démons qui gravitent autour du détective. Par ailleurs, bien que présent dans tous les épisodes depuis le début de la série, le rôle de Mycroft Holmes (Mark Gatiss, génial) prend plus d’importance dans cette saison, et plus particulièrement dans le troisième épisode.

De même, contrairement aux saisons précédentes où Sherlock affrontaient tout aussi bien des méchants charismatiques que des vilains plus oubliables (au hasard, le chauffeur de taxi ou le scientifique de Baskerville), le détective ne se confronte ici qu’avec des adversaires brillants, dont lui-même. Et Jim Moriarty dans tout ça ? Pour ne rien divulgâcher, disons simplement que les showrunners parviennent à satisfaire les attentes des fans tout en restant cohérents avec l’histoire mise en place au fil des saisons.

Sherlock 1

Une fois de plus, les deux showrunners, Mark Gatiss et Steven Moffat, nous livrent une série d’enquêtes qui nous tiennent en haleine jusqu’à leur résolution. D’autant que leur volonté d’une saison plus violente, plus sombre, est affichée dès le premier épisode, plus tourné vers l’action que ses prédécesseurs, que ce soit au niveau de l’intrigue ou de la mise en scène. Un parti pris intéressant qui parvient à casser les habitudes du spectateur et à le déstabiliser.

Si le deuxième épisode revient aux fondamentaux de la série, comme s’il voulait faire oublier un premier épisode (trop (?)) audacieux, entre une mise en scène toujours aussi bien maitrisée par les showrunners et une intrigue haletante, il sert principalement à faire monter la saison en puissance. Car le troisième épisode est de loin le plus intéressant de la saison, si ce n’est de la série.

Vers de nouvelles aventures ?

De par sa construction pour commencer, qui n’est sans rappeler celle d’un jeu vidéo. Ainsi Sherlock, accompagné de John et Mycroft, doit résoudre une série d’énigmes mise en place par le grand méchant de l’épisode, pour progresser dans une forteresse aux allures de donjon et sauver une innocente. Comme toujours, la mise en scène est superbe et certains plans de caméra rivalisent d’ingéniosité.

Mais c’est surtout la conclusion de l’épisode qui en fait sa force. De nombreuses rumeurs laissent entendre que cette quatrième saison serait la dernière. Pour ne rien arranger, Steven Moffat et Mark Gatiss restent évasifs sur l’avenir de la série. Et cet état d’esprit se retrouve parfaitement dans les 5 dernières minutes de cet ultime épisode intitulé The Final Problem (le problème final, un autre indice ?). Pour la première fois depuis quatre saisons, nous avons le droit, non pas à un énième cliffhanger, mais à une vraie fin. Heureuse ? triste ? Nous ne vous en dirons rien, seulement que la boucle est bouclée, mais qu’une porte reste ouverte pour une éventuelle cinquième saison.

Et si cette conclusion peut en décevoir plus d’un, par le manque de flamboyance auquel nous avait habitués la série, elle nous rappelle une chose essentielle : Sherlock est une série sur l’histoire d’un détective et non une série de détectives.

Diffusée sur la BBC depuis le 1er janvier, la quatrième saison de Sherlock comporte trois épisodes d’1h30.