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[Chronique] Qu’est-ce qui rend Deadpool si spécial ? Sa capacité à briser le 4ème mur

Chronique

Par Feel le

Si je vous dis Deadpool, ça vous dit vaguement quelque chose ? C'est un super héros un peu obscur de l'univers Marvel, dont on parle assez...

Si je vous dis Deadpool, ça vous dit vaguement quelque chose ? C’est un super héros un peu obscur de l’univers Marvel, dont on parle assez peu aujourd’hui, c’est vrai… Hum. Bon, OK. C’est vrai qu’on vous en a parlé pas mal, depuis la sortie du film dans les salles (notre critique, en passant). Et qu’un peu comme pour Star Wars, certains lecteurs ont pu friser l’indigestion. À ces lecteurs, je préconiserai un Spasfon, et d’arrêter de bouffer n’importe quoi. Une alimentation saine est la clé d’une vie saine. Et oui, je sais très bien que c’est pas le sujet.

deadpool

D’autres pensent peut-être qu’on a déjà tout dit et qu’il devient difficile de trouver un truc à ajouter sur Deadpool, alors qu’en fait il reste un sujet à aborder, et non des moindres : sa capacité à briser le quatrième mur.

Non, Deadpool ne fait pas partie de l’équipe de Valérie Damidot, ça n’a rien à voir, et c’est débile, comme question. Le quatrième mur est en fait ce qui sépare les œuvres de fiction de la réalité. Les pages d’un comic book ou d’un livre (vous savez, ces genre de comics sans aucun dessin), l’écran de cinéma, etc. Ce terme a trouvé naissance au théâtre, et nous vient d’un philosophe et dramaturge français, Denis Diderot (le mec il a un nom de super héros, je suis sûr que c’est pas une coïncidence).

Une des règles fondamentales de toute œuvre de fiction, c’est qu’on ne doit pas avoir de contact avec ce mur et encore moins avec ce qui se trouve de l’autre côté. C’est par exemple pour ça qu’en cinema, on dit aux acteurs de ne jamais regarder la caméra. Regarder la caméra revient à regarder à travers le 4è mur, et s’adresser au spectateur/lecteur derrière ce mur s’appelle « briser le 4ème mur ». Alors bien sûr, il existe tout un tas d’œuvres qui font ça plus ou moins bien. Citons par exemple la série Sauvés par le gong, ou l’excellent film Jersey Boys.

L’ami Wade? Ah ben lui, c’est un spécialiste.

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[nextpage title=”Comic book et jeux vidéo”]

Là ou aucun autre personnage de Marvel ne sait qu’il n’est que fictif, Deadpool, lui, a totalement conscience d’évoluer dans un comic book, d’avoir un film qui a cartonné au box-office et d’être devenu une icône pop. Cela donne lieu à des situations assez délirantes, et ce dans tous les media où l’on peut le retrouver.

Dans ses comics, par exemple, il est assez fréquent qu’il se tourne vers le lecteur pour lui parler, au grand désarroi des autres personnages présents, qui ne comprennent pas à qui il s’adresse. Il peut aussi déformer la réalité en traversant des pages, ou découvrir des éléments scénaristiques simplement en ayant lu les premières pages de son propre comic book. Et lorsqu’il rencontre un autre personnage qu’il n’a pas vu depuis un moment, il fait presque toujours référence au dernier comic book où ils se sont croisés, plutôt qu’à une période « réelle ».

Ses apparitions vidéoludiques ne sont pas en reste non plus, comme par exemple dans Marvel Puzzle Quest (PS3, PS4) où il s’adresse directement au joueur et fait même référence à certaines limitations du jeu, ou mieux encore dans Marvel Vs Capcom 3, ce jeu de combat dans lequel il se sert de sa propre barre d’énergie comme d’une batte de baseball géante pour envoyer valdinguer son adversaire. Quant au jeu Deadpool (PS3, PS4, Xbox 360), alors là c’est clairement festival. Et quand ce n’est pas lui qui le fait, ce sont ses deux bulles de monologue interne qui se chargent de faire voler le quatrième mur en éclat.

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Ajoutez à cela les références constantes qu’il fait à des éléments du monde réel, comme citer des stars, des monuments de la pop culture (tels que Star Wars, Street Fighter…) ou même des super héros de la concurrence (comme Batman, dont il est fan), et vous obtenez un personnage qui a cette capacité unique d’exister par-delà son support original. Au-delà du fait qu’il sort régulièrement du cadre des comics, il est le seul (en tout cas chez Marvel) à permettre au lecteur d’exister aussi dans les comics. Le lecteur est en effet parfois mis à contribution et présenté à d’autres personnages, qui pensent alors juste que le pauvre Wade Wilson est complètement fou. Véritable lien entre réalité et fiction, Deadpool évolue donc à son aise entre les deux mondes, et crée ainsi des liens avec ses lecteurs, comme pour exister au-delà de la farce que peuvent parfois en faire ses auteurs.

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Et c’est d’ailleurs un autre sujet dont je voulais parler : Le lien entre Deadpool et ses différents auteurs. Il a de nombreuses fois reconnu qu’il était écrit par des scénaristes différents et que ses origines dépendaient souvent de quel était l’auteur en place à ce moment donné. Mais une autre chose est vraie aussi, Deadpool existe désormais au-delà de ceux qui écrivent ses aventures. Et si l’on voulait faire une analyse un peu plus profonde de ce qu’il est vraiment, alors on se rendrait compte d’une chose évidente : Deadpool n’est pas vraiment ce pitre psychotique et joyeux que l’on peut voir au premier abord. Loin de là. On peut même supposer que Deadpool en veut vraiment à ses auteurs de l’avoir rendu virtuellement immortel, lui qui n’aspire qu’à une seule chose, trouver le repos dans la mort.

Et si Deadpool était profondément malheureux ? S’il était profondément seul, dans cet univers rempli de groupes de super héros, de mutants, d’humains, d’extraterrestres, de demi-dieux… ? Si son comportement n’était pas celui d’un malade mental dangereux, mais simplement le cri de détresse d’un homme en perpétuelle souffrance, ne sachant pas comment demander vraiment de l’aide ?

Et si Deadpool était en fa

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