On ne parle pas beaucoup d’animes entre ces lignes. Enfin si, mais pas autant qu’on le voudrait. Faute de temps, pas faute d’envie comme on dit. Néanmoins, parfois il est bon de s’arrêter une minute, de zapper une actu sur GTA VI, et de parler d’un anime qui nous a marqués (aucun rapport avec des vidéos de l’autre “JDG”). Parce que ce week-end, Crunchyroll et ADN ont mis en ligne le premier épisode de Dreamland et que c’est déjà un petit coup de cœur.
Retour aux origines : Dreamland est un manga lancé en 2006 par Reno Lemaire et est considéré comme l’un des pionniers du manga français. On y suit Terrence Meyer, un adolescent de 18 ans, en terminale dans un lycée de Montpellier, qui revit chaque nuit le souvenir cauchemardesque de la mort de sa mère dans un incendie. Depuis, il a la phobie du feu. Une nuit, n’en pouvant plus, il décide de résister à son cauchemar et d’affronter sa phobie en rêve. En parvenant à la vaincre, il devient un “voyageur”, un être capable d’atteindre Dreamland, le monde des rêves, lorsqu’il est endormi. Un endroit dans lequel les voyageurs maîtrisent le pouvoir de leur peur.

24 tomes et 800 000 exemplaires vendus plus tard, Dreamland débarque enfin en animation grâce au travail de La Chouette Compagnie et d’Ellipse Animation. Une première saison de dix épisodes regroupant les six premiers tomes de l’œuvre. On aura bien du mal à juger de la fidélité de l’adaptation en elle-même puisque l’on n’a pas lu le manga (erreur à rattraper), mais on peut néanmoins dire que ce premier épisode a été une vraie bonne surprise.
La France à la japonaise
Par quoi commencer ? Déjà, voir la ville de Montpellier à l’écran d’un anime, ce n’est pas commun. Dès le début, on reconnaît facilement la “french touch”, rien que dans la relation sentimentale entre les personnages, moins timide que nos amis japonais. Les prénoms, les décors, tout est bien “français” et pourtant, ce n’est pas par chauvinisme que l’on adore, mais parce que cet univers francophone parvient à fusionner avec des codes typiquement japonais. Quoi de plus “anime” que d’avoir un opening et un ending ? Dans la structure narrative, on reconnaît facilement la façon de faire de nos amis nippons, avec un héros isolé qui va se découvrir des pouvoirs, des amis, et un nouveau monde fantastique à explorer, ennemis en prime. Un vrai anime shonenesque.

La Chouette Compagnie a également réussi à jouer graphiquement sur la ligne fine de l’horrifique dans l’animation du cauchemar de Terrence. On n’est pas dans le gore et pourtant, toutes les marques y sont de sorte qu’on imagine facilement la souffrance du héros. Un rendu bien aidé par la patte graphique assez particulière des animateurs. Dreamland ne ressemble pas visuellement à ses pairs, comme s’il se retrouvait au carrefour de trois inspirations : l’héritage de l’anime japonais, les pages du manga lui-même et l’animation française. Trois couches que l’on “voit” à l’écran pour un résultat hyper dynamique.
Il est encore tôt pour juger de la réussite ou non d’avoir condensé six tomes en seulement dix épisodes et de la richesse de Dreamland, mais il est indéniable que cet anime français a piqué notre curiosité et qu’on sera au rendez-vous chaque semaine.