À quoi reconnaît-on un aficionado de Star Wars ? Au nombre de répliques qu’il ou elle peut citer par cœur ? À sa collection d’objets ou à sa connaissance accrue de toute l’actualité de la franchise Lucasfilm ? Tout ça, en même temps. Du 18 au 20 avril 2025, Disney organisait sa désormais traditionnelle Star Wars Celebration à Tokyo. Près de 100 000 visiteurs, venus de 125 pays, ont arpenté les couloirs du centre de convention de la capitale nippone. Nous étions sur place pour couvrir ce rendez-vous de la pop culture. Une grande première pour le Journal du Geek, mais aussi pour moi, cinéphile biberonnée au space opera de George Lucas, mais n’ayant jamais sauté le pas de participer à ce genre d’événements autrement que pour des raisons professionnelles. Je pensais, à tort, que seuls les fans inconditionnels étaient conviés à la fête.
Communauté diverse, mais même passion
En costume ou non, les bras chargés d’objets de collection ou de dernières nouveautés LEGO, Hasbro et HotToys, c’est toujours le sourire aux lèvres et les yeux brillants d’enthousiasme qu’apparaissent les participants de la Star Wars Celebration. Qu’ils aient 10 ou 90 ans, les fans de l saga se congratulent pour leur choix de costumes, s’échangent des stickers faits maison, mais aussi et surtout discutent des annonces faites plus tôt. Dans les files d’attentes, longues de plusieurs heures, on chante et on danse au rythme des musiques originales de John Williams.
Mais le plus flagrant, hormis la multiplication des cultures et nationalités présentes, c’est surtout la manière dont la saga est parvenue à trouver le moyen s’adresser à tout le monde. Alors que les costumes de Chewbacca, Dark Vador ou Palpatine sont omniprésents, on croise aussi quantité d’Ahsoka, de Neel (Skeleton Crew) et même des petits droïdes BD-1 (Star Wars Jedi Fallen Order). Les jeux vidéo, les séries animées et même les romans, tous les supports et univers sont représentés et ont la même importance pour la communauté.

Plusieurs des visiteurs le diront d’ailleurs, pour faire vivre Star Wars des années durant, Lucasfilm ne doit plus seulement s’adresser à celles et ceux qui ont découvert les premières aventures de Luke Skywalker en 1977 au cinéma. Quitte à froisser ses plus fervents admirateurs, l’estampille multiplie les approches et les tonalités. On peut le dire clairement, chacune de ces propositions a su trouver son public. Même The Acolyte, pourtant largement reniée par une partie du public, a fait s’élever les voix du public sur la scène du Celebration Live lorsque Manny Jacinto est apparu avec son casque flambant neuf, cadeau d’Hasbro. Cette ferveur est salutaire pour nombre d’acteurs et actrices, sacrifiés sur l’autel du fandom au début des années 2000.
On pense évidemment à Hayden Christensen dont la performance dans L’Attaque des Clones et La Revanche des Sith n’a pas fait l’unanimité, mais qui enflamme la Star Wars Celebration à chacune de ses apparitions. Renié par les spectateurs et adorateurs de la trilogie originelle, il représente un monument de la culture populaire pour les enfants des années 2000. La Star Wars Celebration est ainsi l’occasion de mettre la lumière sur ce visage de l’estampille, trop longtemps rejeté par une partie de la communauté. On dirait même que les choix controversés de la trilogie la plus récente n’ont pas que des détracteurs, il suffit d’un regard sur les nombreux cosplay de Rey Skywalker pour comprendre que l’héroïne a tout de même de nombreux admirateurs.
Du grand spectacle
Outre la perspective de pouvoir s’offrir les nouveautés en matière de produits dérivés et d’enfiler son plus beau cosplay, les visiteurs espèrent aussi et surtout avoir l’exclusivité d’images des prochains projets Star Wars au cinéma et sur le petit écran. Lucasfilm ne s’y trompe d’ailleurs pas, réservant la toute première séquence de The Mandalorian et Grogu aux seuls spectateurs de la Celebration Stage. Dans l’immense bâtiment, quelques milliers de fanatiques de Star Wars ont pu voir Dave Filoni et Pedro Pascal monter sur scène et présenter celle que tout le monde attendait de pied ferme… la marionnette de Grogu. Sigourney Weaver était aussi de la partie, l’interprète d’Ellen Ripley a été acclamée pour sa première incursion dans cette franchise emblématique.
Il faut l’avouer, il est d’ailleurs bien difficile de ne pas scander les noms des personnages et de se prendre au jeu de ce spectacle unique en son genre. Disney sait décidément y faire. Si l’on sent évidemment que la firme arrive en terrain conquis, on commence sérieusement à douter qu’une “fatigue Star Wars” ne se soit jamais fait sentir. The Acolyte et Skeleton Crew n’ont pas rempli leurs objectifs en matière d’audience, ni même de réception critique, on donnerait à l’estampille le Bon Dieu sans concession après avoir assisté aux différents panels pour lesquels certains sont prêts à patienter plus de cinq heures.

L’annonce de l’arrivée de Ryan Gosling rappelle évidemment celle du retour de Robert Downey Jr chez Marvel, avec le même coup de projecteur bienvenu sur l’avenir de la franchise. Si certains médias américains avaient déjà vendu la mèche, les hoquets de surprise étaient nombreux dans l’assemblée. On s’est même surpris à être enthousiaste, alors que l’avenir de Star Wars nous paraissait particulièrement sombre. La Star Wars Celebration c’est aussi ça, faire de chaque annonce un grand spectacle et un événement à ne pas manquer. L’officialisation de Maul : Shadow Lord a fait bondir les spectateurs et la mutation de l’écurie animée était sur toutes les lèvres.
Un nouvel espoir ?
Après plus d’une décennie de productions décevantes au cinéma et de séries anecdotiques sur Disney+, Star Wars apparait être à un tournant. Les annonces de la Star Wars Celebration 2023 ne sont presque plus d’actualité et l’on sent bien une certaine hésitation du côté de Lucasfilm. Après avoir atteint des sommets de rentabilité avec L’Ascension de Skywalker en 2019, la saga est-elle capable de reproduire un tel miracle ? Les séries sur Disney+ ont-elles déjà lassé les spectateurs ? Les jeux vidéo qui se font attendre plus que de raison peuvent-ils convaincre ?
Au terme d’un weekend riche en annonces et en rencontres, je me suis surprise à entrevoir une lueur dans le tunnel bien sombre de la galaxie très très lointaine. Au milieu de gens passionnés et passionnants, on se rappelle que Star Wars c’est aussi et surtout ça, une communauté investie (parfois trop) et qui fait vivre la saga bien au-delà des simples propositions cinématographiques ou télévisuelles. On écarquille les yeux en voyant les valises d’achats de produits dérivés que trainent certains spectateurs, le cœur battant de Star Wars depuis le début. Ils sont enthousiastes, quelque soit le produit annoncé, la série proposée ou le film promu. Alors que l’on a souvent tendance à dire que l’imaginaire de George Lucas n’intéresse plus personne depuis son passage chez Disney, force est de constater qu’il captive au moins 100 000 visiteurs venus des quatre coins du monde.
Pourtant, ces mêmes fans, sont souvent un frein pour l’estampille. Entre le review bombing dont certaines séries ont été victimes, le harcèlement à l’encontre des comédiens et comédiennes et même la propension de Lucasfilm et Disney à faire du moindre désir de son public une réalité, j’étais plutôt convaincue que la saga était empêtrée dans une relation toxique avec ses plus fervents admirateurs.
Oui, Lucasfilm écoute souvent trop ses fans, oui ils connaissent souvent mieux la licence que les créatifs aux manettes des projets mais oui, la licence peut avoir encore quelque chose à raconter. La diffusion des premiers épisodes d’Andor m’a convaincue que l’immensité de la galaxie très très lointaine n’avait pas encore tout à fait explorée. Il faudra sans doute attendre l’année 2026 et la sortie de The Mandalorian & Grogu pour découvrir si la mutation de la licence au cinéma est au programme. Sur Disney+, on gagera que la simple existence d’Andor est la preuve qu’il y a encore de quoi avoir de l’espoir. Un nouvel espoir ?
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