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Vous jouez aux jeux vidéo après 30 ans ? Cela n’a rien d’anormal

Les récentes études sont formelles, si vous êtes de la génération 80/90 et que vous jouez encore aux jeux vidéo après 30 ans, c’est normal !

Vous êtes de la génération 80 ou 90? Vous avez plus de 30 ans et vous jouez encore aux jeux vidéo? Il n’y a rien de plus normal. Pourtant, on ne compte plus les clichés et le nombre de personnes qui disent que les jeux vidéo, c’est pour les enfants. Alors, cette idée était recevable, justement dans les années 80.

À cette époque, le jeu vidéo ressort tout juste d’un krach qui a failli lui couter la vie. Les principaux jeux sont Mario, ou encore The Legend of Zelda. Bien que ces titres ont déjà un très gros potentiel, cela reste des jeux mignons et colorés où le principal but, c’est d’aller sauver une princesse. On peut donc comprendre qu’à cette époque, certains n’aient pas eu «la vision» et que les jeux vidéo pouvaient passer pour le nouveau média destiné aux enfants.

Pourtant, avec les années 90 et l’arrivée de PlayStation, les jeux vidéo ont pris encore plus d’importance et de grands noms ont commencé à s’y associer, comme Steven Spielberg en 1999, qui a écrit le script du premier jeu Medal Of Honor. Avec les années, le jeu vidéo s’est diversifié, proposant des jeux différents, avec du contenu varié pour tous les âges. C’est l’arrivée des premières licences matures, comme Resident Evil, Metal Gear Solid, Tomb Raider, qui reprenaient les codes et les genres des films au cinéma. 

C’est alors que beaucoup de personnes ont commencé à s’en servir comme bouc émissaire. Le jeu vidéo était toujours destiné pour les plus jeunes et, en plus de cela, il était responsable d’une grande partie de la violence du monde. À croire que la violence fut inventée dans les années 60 avec les premiers travaux de Ralph Baer, qui fut le premier à inventer cette notion de jeux vidéo. 

Plus de 30 ans après, alors que le jeu vidéo est devenu la première industrie mondiale (devant la musique et le cinéma cumulés), les choses ont commencé à évoluer. Mais, il y a encore beaucoup de travail à faire. Bon nombre de personnes et de médias généralistes continuent de critiquer le jeu vidéo, sans prendre la peine de le découvrir. Et donc, sans savoir réellement de quoi ils parlent. De nombreux clichés et stéréotypes demeurent, comme l’idée que les jeux vidéo sont ringards passé un certain âge.

Fort heureusement (comme si l’on en avait réellement besoin), la science est là et confirme que non, les jeux vidéo ne sont pas ringards une fois que vous avez passé 30 ans. C’est même normal de continuer à y jouer, surtout si vous êtes de la génération des années 80/90.

Les jeux vidéo après 30 ans ? C’est ok

Nous devons cette étude à Raj Chetty, un économiste de Harvard qui a récemment réalisé des travaux sur le déclin du rêve américain. Mais, quel rapport entre l’économie ? Et le fait de jouer aux jeux vidéo après 30 ans ?

Raj Chetty l’explique justement dans son analyse. Le monde et l’économie ont énormément changé et évolué entre les années 80 et les années 2020. Rien qu’avec l’inflation et la conjoncture actuelle, il est nettement moins simple de vivre en 2026, qu’en 1986. Que ce soit sur le coût de la vie, le marché du travail, le prix de l’immobilier, la vie est nettement plus délicat aujourd’hui.

D’autant plus pour les personnes qui ont grandi dans les années 80 et 90 et qui avaient cette idée que le travail acharné et les diplômes garantiraient une ascension sociale supérieure à celle de leurs parents. Aujourd’hui, ce n’est plus vraiment le cas. Raj Chetty affirme que le taux de réussite pour surpasser économiquement ses parents était de 90% pour la génération précédente. Ce taux de réussite a chuté à 50% pour les Millennials nés dans les années 80.

Au cours de cette étude, Raj Chetty va faire un parallèle avec les jeux vidéo et confirmer que la génération des Millennials est attachée à ce média pour plusieurs raisons. Aujourd’hui, ce n’est pas un simple passe-temps, mais une véritable passion pour beaucoup de joueurs des années 80/90 au même titre que le cinéma. C’est un ancrage psychologique.

Les Millennials qui ont grandi dans les années 80/90 et qui ont découvert l’âge d’or des jeux vidéo ont développé une tolérance à la frustration hors norme grâce aux jeux vidéo. À cette époque, les jeux étaient bien plus durs, il n’y avait pas les sauvegardes automatiques, pas de solution sur Internet et YouTube, aucun moyen de sauter les passages compliqués, un gameplay clairement pas aussi précis qu’aujourd’hui. Le taux d’échec était nettement plus élevé et il fallait persister des jours entiers pour passer un passage et terminer un jeu.

La plupart des jeux de l’époque ont appris aux Millennials la patience, la persévérance et cette idée de récompenses. Dans un RPG, si vous battez le boss, vous montez de niveau. Chaque énigme et ennemi combattus remportent de l’expérience et des bonus. Les récompenses sont directement proportionnelles à l’investissement.

Selon Raj Chetty, cette génération de joueurs a été forgée par cette boucle d’apprentissage par l’erreur, ayant permis d’avoir une structure mentale capable de gérer des problèmes complexes sans abandonner au premier obstacle. Un point sur lequel l’Oxford Internet Institute insiste également, expliquant que l’engagement des joueurs n’a rien de «toxique». C’est un moyen de satisfaire des besoins de compétence que le quotidien délaisse.

Ainsi, continuer de jouer aux jeux vidéo, après 30 ans, témoigne de l’affect qu’on les Millennials envers ce média. Les jeux vidéo sont l’endroit où il est possible de tomber, d’échouer, puis de se relever et de réussir. Contrairement à de nombreux clichés et stéréotypes, les jeux vidéo ne sont pas un signe de régression, bien au contraire. Pour de nombreux joueurs, c’est un outil qui leur permet de continuer à avancer dans la «vraie vie». Les jeux sont donc une passion qui permet à toute une génération de joueurs de s’évader afin de satisfaire des besoins que la vie quotidienne ne comble pas. 

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