Test

[Test] Bound By Flames : Un peu tiède, ce RPG made in France [PC]

Notre avis
6 / 10

Par killy le

Comme le nom du studio l’indique, Spiders tisse sa toile dans le monde sanglant et plein d’acier du jeu de rôle à l’occidental. Après Of Orcs and Men et Mars War Log, les français s’attaque à l’heroic fantasy qui tâche. Moins confidentiel que l’exploration sur Mars, Bound By Flames joue la schizophrénie. Jusque dans ses fondements.

Bound By Flames 1

Les scripts de RPG occidentaux med-fan varient finalement assez peu : une figure du mal implacable dont la marotte est de brûler tout ce qu’il voit, un héros plus ou moins pur en dernier rempart et des hordes de monstres martyrisant tout ce qui ressemble à un villageois. Si la structure de base reste d’actualité dans Bound By Flames, c’est son héros qui modifie la donne. Surnommé Volcan, ce qui décrit sa nature plutôt impulsive, ce dernier fait partie d’un groupe de mercenaires, Les Lames Franches. Lors d’une mission suicide contre les troupes des Seigneurs du Froid, il est possédé par un démon mystérieux qui va devenir son meilleur allié ou son ennemi intime, suivant les choix du joueur. Au gré de quelques situations à possibilités multiples, Volcan va soit repousser les assauts de ce parasite, soit se résoudre à écouter ses conseils et se transformer physiquement – jusqu’à arborer des cornes et des flammes. Une voie à deux embranchements qui change non seulement son rapport avec les autres personnages de l’équipe, mais également ses compétences.

Devil Inside

Bound By Flames 2Sacrifier son humanité pour du pouvoir ou la conserver au risque de perdre la guerre en somme. Une excellente idée qui est bien utilisée dans les événements centraux de l’histoire, mais assez mal implémentée dans les relations avec les PNJ notamment. À partir du moment où Volcan ressemble sans aucun doute à une créature du mal, il serait logique de voir tout le monde s’en affoler un petit peu. Mais non, mis à part deux ou trois réactions logiques, la majorité des intervenants semble ne pas en avoir grand-chose à faire. Un frein à l’immersion et surtout aux possibilités inhérentes à ce genre de principe de game design. Un sentiment d’entre-deux, accentué par une écriture relativement décevante malgré la truculence du héros principal, qui renvoie à ce niveau à un Mars War Log malin mais où le casting n’était que peu attachant ; faute à des personnages quelconques. La sensation de monde en déclin est elle bien présente, et représente l’un des gros attraits de Bound By Flames, miné par ce sentiment de conflit déjà perdu. Un désespoir auquel l’excellente bande-son de Olivier Derivière fait un bel écho, entre pistes sauvages aux voix féminines mystiques et tambourinements guerriers dynamisant les batailles.

Bound By Flames 3Des combats qui, eux aussi, renvoient vers Mars War Logs. Orienté vers l’action, le système de combat s’organise autour de deux styles différents, Guerrier et Rôdeur, chacun disposant de particularités. Le Guerrier dispose d’une protection accrue en garde, d’une jauge de santé qui remonte régulièrement et d’un coup de pied utile pour déséquilibrer l’adversaire. Le Rôdeur lui est bien plus porté sur l’agilité avec une esquive et un enchaînement de coups plus rapides, via deux lames. Suivant les ennemis, l’un ou l’autre des styles se montrera plus efficace avec tout de même un net avantage des assauts vifs, malgré le déficit en défense de la position Rôdeur. Un principe qui s’articule également autour d’un impératif, l’évitement. Costauds et bien trop longs à éliminer, les ennemis résistent mal aux contres et aux assauts consécutifs à une feinte. Nécessitant un timing serré et pas évidente à placer, même en fin de jeu, l’esquive est la meilleure solution pour éviter une mort soudaine. Les squelettes, goules et autre créatures ayant une tendance à s’acharner sur le personnage, à terre de préférence – avec la crise de nerf qui va bien – il est utile de maîtriser non seulement cette technique, mais en priorité les sorts.

Vous les flammes

Bound By Flames 4Accessibles par le biais d’une roue de sélection, les différentes actions secondaires se composent de deux types d’action, les « mécaniques » avec pose de pièges au sol et tirs d’arbalètes et les magiques, faisant appel au catalogue de sort du héros : embraser son arme, se couvrir d’un mur de flammes protecteur, lancer des boules de feu. Un ensemble de possibilités qui amènent une certaine stratégie dans les affrontements, et pousse à ne pas foncer dans le tas. D’une part parce que les ennemis sont souvent par groupes soudés, avec archers en appui, d’autre part parce qu’ils s’avèrent très résistants. Le mieux est de tenter une approche furtive, équipé des deux lames puis de piéger la zone pour les affaiblir un maximum. Un choix de gameplay qui fonctionne bien, malgré le manque de variations présentes, les sorts étant en nombre très réduit. Le problème central de Bound By Flames est à dénicher ailleurs, dans sa structure. Perclus d’allers-retours dans des zones à chemins multiples mais à la superficie proche d’un appartement d’étudiant, le jeu de Spiders semble bégayer dans des secteurs où le joueur ne cesse de voir le même environnement encore et encore pendant de longues heures avant d’enfin voyager un tantinet. La guerre qui sous-tend le tout semble donc se dérouler sur une zone minuscule et, encore une fois, pose quelques soucis d’immersion.

Evolution style Divinity 2 de la précédente production de Spiders, Mars War Logs – notamment via son système de craft qui privilégie la customisation d’armes/armures que l’achat de nouvelles – Bound By Flames trébuche sur les mêmes problèmes. Bien planté sur le terreau d’un univers accrocheur et introduisant un concept très intéressant de dualité, il souffre d’une gestion des combats intelligente mais d’un mauvais réglage des ennemis, d’une résistance incroyable et ce, quelque soit leur statut. Un jeu difficile bien pensé peut offrir un challenge addictif, c.f Dark Souls, un jeu dans lequel le moindre petit monstre nécessite une grosse minute d’acharnement, même après deux ou trois niveaux supplémentaire, est tout simplement fastidieux. Malgré ses bonnes idées et la schizophrénie latente de son héros, Bound By Flames reste trop flottant, tant au niveau de ses personnages aux réactions souvent peu travaillées que de ses quêtes fed-ex qui fleurent souvent le remplissage. Un bon moment, mais qui, comme un feu de bois un peu trop vert, s’éteint facilement.

Bound By Flames, testé sur PC, disponible sur Xbox 360, PS3 et PS4

Comme le nom du studio l’indique, Spiders tisse sa toile dans le monde sanglant et plein d’acier du jeu de rôle à l’occidental. Après Of Orcs and Men et Mars War Log, les français s’attaque à l’heroic fantasy qui tâche. Moins confidentiel que l’exploration sur Mars, Bound By Flames joue la schizophrénie. Jusque dans ses fondements.

Bound By Flames 1

Les scripts de RPG occidentaux med-fan varient finalement assez peu : une figure du mal implacable dont la marotte est de brûler tout ce qu’il voit, un héros plus ou moins pur en dernier rempart et des hordes de monstres martyrisant tout ce qui ressemble à un villageois. Si la structure de base reste d’actualité dans Bound By Flames, c’est son héros qui modifie la donne. Surnommé Volcan, ce qui décrit sa nature plutôt impulsive, ce dernier fait partie d’un groupe de mercenaires, Les Lames Franches. Lors d’une mission suicide contre les troupes des Seigneurs du Froid, il est possédé par un démon mystérieux qui va devenir son meilleur allié ou son ennemi intime, suivant les choix du joueur. Au gré de quelques situations à possibilités multiples, Volcan va soit repousser les assauts de ce parasite, soit se résoudre à écouter ses conseils et se transformer physiquement – jusqu’à arborer des cornes et des flammes. Une voie à deux embranchements qui change non seulement son rapport avec les autres personnages de l’équipe, mais également ses compétences.

Devil Inside

Bound By Flames 2Sacrifier son humanité pour du pouvoir ou la conserver au risque de perdre la guerre en somme. Une excellente idée qui est bien utilisée dans les événements centraux de l’histoire, mais assez mal implémentée dans les relations avec les PNJ notamment. À partir du moment où Volcan ressemble sans aucun doute à une créature du mal, il serait logique de voir tout le monde s’en affoler un petit peu. Mais non, mis à part deux ou trois réactions logiques, la majorité des intervenants semble ne pas en avoir grand-chose à faire. Un frein à l’immersion et surtout aux possibilités inhérentes à ce genre de principe de game design. Un sentiment d’entre-deux, accentué par une écriture relativement décevante malgré la truculence du héros principal, qui renvoie à ce niveau à un Mars War Log malin mais où le casting n’était que peu attachant ; faute à des personnages quelconques. La sensation de monde en déclin est elle bien présente, et représente l’un des gros attraits de Bound By Flames, miné par ce sentiment de conflit déjà perdu. Un désespoir auquel l’excellente bande-son de Olivier Derivière fait un bel écho, entre pistes sauvages aux voix féminines mystiques et tambourinements guerriers dynamisant les batailles.

Bound By Flames 3Des combats qui, eux aussi, renvoient vers Mars War Logs. Orienté vers l’action, le système de combat s’organise autour de deux styles différents, Guerrier et Rôdeur, chacun disposant de particularités. Le Guerrier dispose d’une protection accrue en garde, d’une jauge de santé qui remonte régulièrement et d’un coup de pied utile pour déséquilibrer l’adversaire. Le Rôdeur lui est bien plus porté sur l’agilité avec une esquive et un enchaînement de coups plus rapides, via deux lames. Suivant les ennemis, l’un ou l’autre des styles se montrera plus efficace avec tout de même un net avantage des assauts vifs, malgré le déficit en défense de la position Rôdeur. Un principe qui s’articule également autour d’un impératif, l’évitement. Costauds et bien trop longs à éliminer, les ennemis résistent mal aux contres et aux assauts consécutifs à une feinte. Nécessitant un timing serré et pas évidente à placer, même en fin de jeu, l’esquive est la meilleure solution pour éviter une mort soudaine. Les squelettes, goules et autre créatures ayant une tendance à s’acharner sur le personnage, à terre de préférence – avec la crise de nerf qui va bien – il est utile de maîtriser non seulement cette technique, mais en priorité les sorts.

Vous les flammes

Bound By Flames 4Accessibles par le biais d’une roue de sélection, les différentes actions secondaires se composent de deux types d’action, les « mécaniques » avec pose de pièges au sol et tirs d’arbalètes et les magiques, faisant appel au catalogue de sort du héros : embraser son arme, se couvrir d’un mur de flammes protecteur, lancer des boules de feu. Un ensemble de possibilités qui amènent une certaine stratégie dans les affrontements, et pousse à ne pas foncer dans le tas. D’une part parce que les ennemis sont souvent par groupes soudés, avec archers en appui, d’autre part parce qu’ils s’avèrent très résistants. Le mieux est de tenter une approche furtive, équipé des deux lames puis de piéger la zone pour les affaiblir un maximum. Un choix de gameplay qui fonctionne bien, malgré le manque de variations présentes, les sorts étant en nombre très réduit. Le problème central de Bound By Flames est à dénicher ailleurs, dans sa structure. Perclus d’allers-retours dans des zones à chemins multiples mais à la superficie proche d’un appartement d’étudiant, le jeu de Spiders semble bégayer dans des secteurs où le joueur ne cesse de voir le même environnement encore et encore pendant de longues heures avant d’enfin voyager un tantinet. La guerre qui sous-tend le tout semble donc se dérouler sur une zone minuscule et, encore une fois, pose quelques soucis d’immersion.

Evolution style Divinity 2 de la précédente production de Spiders, Mars War Logs – notamment via son système de craft qui privilégie la customisation d’armes/armures que l’achat de nouvelles – Bound By Flames trébuche sur les mêmes problèmes. Bien planté sur le terreau d’un univers accrocheur et introduisant un concept très intéressant de dualité, il souffre d’une gestion des combats intelligente mais d’un mauvais réglage des ennemis, d’une résistance incroyable et ce, quelque soit leur statut. Un jeu difficile bien pensé peut offrir un challenge addictif, c.f Dark Souls, un jeu dans lequel le moindre petit monstre nécessite une grosse minute d’acharnement, même après deux ou trois niveaux supplémentaire, est tout simplement fastidieux. Malgré ses bonnes idées et la schizophrénie latente de son héros, Bound By Flames reste trop flottant, tant au niveau de ses personnages aux réactions souvent peu travaillées que de ses quêtes fed-ex qui fleurent souvent le remplissage. Un bon moment, mais qui, comme un feu de bois un peu trop vert, s’éteint facilement.

Bound By Flames, testé sur PC, disponible sur Xbox 360, PS3 et PS4

Notre avis

Tièdasse

6 / 10