Test

Test : casque AIAIAI TMA-1

Audio

Par Gregori Pujol le

Énième marque fashion des terres vikings, AIAIAI représente fièrement la patrie du playmobil, à savoir le Danemark. À travers un mélange de tee-shirts, d’accessoires, et récemment d’une gamme d’écouteurs comprenant des intras, un petit supra (le track), et le modèle dont nous parlerons aujourd’hui, le TMA-1, AIAIAI semble s’engouffrer de plus en plus vers cet eldorado qu’est le casque nomade.

Si l’orientation vestimentaire ne manquera pas de nous faire frémir, faisant planer l’ombre de l’omniprésent Wesc, l’aura d’AIAIAI semble clairement différente sur la toile, séparée entre éloges et avis relativement positifs, cela même au sein de sites sérieux, excluons donc les avis de salons de coiffure du blogajeanclaude et autres sites de sports de glisse.

Ce test a pour optique une comparaison directe avec un modèle relativement célèbre, le HD25 de Sennheiser, avec lequel il partage un nombre important de caractéristiques.

Design

Pas vraiment fashion, encore moins futuriste, le TMA-1 se veut être l’archétype même du design épuré. Rien ne déborde ici, les courbes sont fluides et totalement intégrées à un ensemble, et il en est des photos comme de la réalité, ce casque parait issu d’un unique bloc que l’on aurait taillé. Le paradigme est poussé jusqu’à ce qu’aucune marque, aucun signe n’apparaissent, le sigle AIAIAI se retrouvant totalement camouflé sur la face interne de l’arceau.

Mais là où ce design est à part, c’est bien dans son apparence très discrète, assez passe-partout. Il réussit ainsi là où le Sennheiser HD25 ramasse la plupart de ses critiques, à savoir concilier le design et la sobriété.

Pourtant, la conception (apparente) est d’une simplicité désarmante, s’articulant autour de seulement 3 pièces, à savoir les deux écouteurs et l’arceau (formé d’une seule partie). Vaguement démontables, les coques permettent également un changement simplissime de coussinets via de petites encoches rondes. Parlons coussinets justement, puisque la marque a choisi de livrer non pas un, mais deux types : cuir et mousse. Nous reviendrons de façon succincte sur ces derniers, mais la marque n’a clairement pas axé le casque autour de leur utilisation.

Construction

Très sérieuse, proche de l’impression de tank du HD25, j’oserais même dire un cran au-dessus. À vrai dire, aucune faiblesse n’est à déplorer, l’arceau, sous son toucher caoutchouteux camoufle une structure métallique souple, mais effarante de solidité.

Confort

D’emblée un très bon point pour la marque. Les coussinets, malgré une conception supra-orale, s’adaptent facilement et opposent une pression étonnement faible, le tout porté par une réalisation en cuir d’excellente facture, bien meilleure que ce qui se pratique avec le HD25 qui est un calvaire pour les grosses têtes.

Le réglage des écouteurs s’effectue via un système cranté, dont un petit ressort assure le passage vers chaque palier. Ce dernier point nécessitera une attention particulière. En effet le ressort en question (non apparent avant un démontage en règle) me semble bien fragile pour supporter le poids des années, pas gravissime à moins d’une pénurie de ressorts.

Isolation

Point sur lequel le HD25 règne en maitre étalon, le TMA-1 (avec les pads en cuir) relève une nouvelle fois le défi en s’imposant, non pas comme le nouveau champion, mais en tant que dauphin du Sennheiser, faute de serrer davantage la tête. Il demeure ainsi un des rares casques parfaitement adaptés à l’écoute en transport en commun, avec une atténuation très légèrement inférieure à son collègue. Passé le HD25, il n’a aucun véritable maitre.

Package

À l’image même du casque, le package est à la fois propre et sérieux. La boite, chargée de motifs en relief rappelle légèrement la nouvelle freebox de Stark (même si de conception antérieure). Premier étage, le casque, reposant sur une mousse noire pressée en petites pyramides. La sobriété poussée à l’extrême du produit donne un amusant petit camouflage, comme si ce dernier était intégré à ce reposoir.
Deuxième et dernier niveau, étages des accessoires, comme à l’habitude assez peu nombreux pour ce type de casque. Un adaptateur jack 6.35mm à pas de vis, ainsi qu’un étui de transport en tissu (totalement souple et par conséquent seulement antipoussière), les coussinets en mousse, et pour finir le câble.

Câble

Détachable, standard (jack 3.5mm) du côté écouteur, et au diapason de la texture caoutchouteuse du produit, le seul reproche ici est à mettre sur sa structure torsadée, forcément peu pratique en nomade, même si conventionnelle sur les casques estampillés DJ.

Le son

Test effectué via un Cowon s9 et un HifiMAN hm801, ainsi qu’un omnia 7. Je n’ai utilisé que les pads en cuir pour ce test.

Pour commencer, détaillons ce casque à travers une playlist non-exhaustive et une comparaison directe avec le HD25 de Sennheiser, cible de référence.

Iron maiden : for the greater good of god
Très bon impact des basses et surtout très bonne clarté de ces dernières. On dénote une sonorité générale assez lourde, les bas médiums sont manifestement très prononcés. En revanche, la voix reste parfaitement claire, les hauts médiums sont très bien gérés. Atténuation manifeste dans le haut du spectre, les cymbales par exemple sont clairement en retrait. Le niveau de détails reste bon et la séparation des instruments très honnête, bien que le hd25 soit supérieur dans ce domaine.

Beethoven : symphonie n°6
Le classique n’est clairement pas son registre de prédilection (d’ailleurs, quel casque nomade pourrait s’en vanter). Pas de défaut clairement rébarbatif, mais l’emphase dans les bas médiums est un peu trop forte ici, d’autant que le manque d’aigus se fait largement sentir. Dommage, car la chaleur est là.

Michael jackson : beat it
Pas une énorme surprise, nous naviguons dans les eaux du TMA-1. Le mixage aéré lui convient parfaitement. L’impact à la fois percutant et propre des basses fait des ravages, le tout associé à une excellente clarté des voix.

Dire straight : brothers in arms
Morceau posé, simple, mettant en avant les voix, le TMA-1 remporte haut la main le défi. La ligne de basse est simplement prodigieuse, la voix claire et chaleureuse. Le genre de morceau où le TMA-1 fait encore un peu mieux que le HD25.

Isildurs bane : in a state of comprehension
Définitivement, la qualité des aigus n’est pas à remettre en cause, l’atténuation ne peut pas leur enlever ça. Séparation des instruments et clarté supérieure ici pour le HD25, mais parfois une sonorité un peu froide, selon les préférences donc.

Megadeth : tornado of soul
Là encore, clairement une question de goût. La lourdeur du TMA-1 pourra en rebuter plus d’un, là où le HD25 ne souffre d’aucun défaut. Meilleur impact des basses pour le TMA-1 mais guitares plus tranchantes pour le HD25. La voix plus chaleureuse sur le AIAIAI est globalement plus appréciable, le Sennheiser la faisant sonner un peu sec.

Shadow of the colossus : creeping shadow
Toujours cette impression de lourdeur pour le TMA-1, globalement plus agréable que son confrère dans les bas médiums et basses. Pas de réel vainqueur par ko, la hd25 n’excelle pas non plus dans les OST, bien qu’il soit plus polyvalent dans ce domaine en général. Petite préférence pourtant pour le HD25.

Supertramp : take the long way home
La clarté du HD25 fait la différence. Le constat n’est pas si différent de la plupart des morceaux, mais ici la formule TMA-1 ne marche pas, la ligne de basse est même un peu trop marquée.

Porcupine tree : shesmovedon
Même constat, même un peu plus marqué, le TMA-1 sonne trop lourd. Le HD25, sans être exceptionnel, convient largement mieux et ne souffre d’aucun rival dans sa gamme de prix. En revanche, le TMA-1 ne perd pas pied et garde constamment ses qualités de médiums et son niveau de détails.

Armin van buuren : orbion
Style annoncé du TMA-1, c’est effectivement une démonstration. Les basses tapent fort et sans exagération, mais c’est surtout la qualité qui impressionne. Oserais-je dire que ces basses sont les meilleures de cette gamme de prix ? Probablement. Le HD25, trop sage est clairement enterré. La mise en avant systématique des aigus se retrouve logiquement atténuée ici, et de ce fait devient très agréable, là où le hd25 est un peu agressif.

Astral projection : Electric blue
Même constat, le TMA-1 est ici bien supérieur à ce qui se fait en général. Mis à part le Shure SRH750, difficile de lui trouver un concurrent.

Ntm : laisses pas trainer ton fils
Le HD25 n’est pas spécialement fait pour ce style à mon humble avis, bien qu’il soit loin d’être mauvais, mais le TMA-1 possède bien plus d’impact. Comparons le TMA-1 au Beats Solo. Ce n’est un secret pour personne, le Solo est plus que chargé dans le bas du spectre. Mais ici sa gestion des basses est franchement très loin du AIAIAI. Ce dernier marque bien mieux le tempo, le Solo semble lent et poussif à côté, bien que plus chargé encore dans le bas du spectre. De même, les bas médiums semblent déborder sur le reste du spectre. Le TMA-1 est non seulement excellent pour ce style, mais se permet d’atomiser le Solo sur ses terres, excepté pour ceux recherchant justement cette sonorité marquée par l’emphase absolue des bas médiums, après tout ce n’est pas un crime.

Biréli lagrène : minor swing
Pas une grande surprise, la chaleur du TMA-1 est appréciable, mais il manque ce niveau d’aigu rendant le HD25 bien plus enivrant.

Analyse

Sans être totalement simple dans son approche, le TMA1 reste relativement prévisible dans chacun des styles écoutés. Sa sonorité très lourde ne plaira pas à tout le monde, en particulier une grande branche de la catégorie des « audiophiles », encore que ce terme soit très flou. La raison de cette lourdeur ? Assez simple : une atténuation prononcée à partir des 10Khz. Si cette atténuation n’est pas gravissime, son influence se remarque sur la globalité du casque, c’est-à-dire n’apparait pas comme un manque, mais comme une signature sonore, à savoir un léger étouffement, bénéfique sur certains styles, condamnable pour bien d’autres.

Basses : Bien prononcées, sans déborder sur les autres fréquences. Leur qualité est au-delà des attentes, supplantant même le HD25 de Sennheiser. La quantité est là, mais la définition frappe encore davantage, une simple ligne de basse (l’instrument) devient un régal tant la précision est là.

Médiums : bas médiums très prononcés, un peu trop peut-être. Ce type de fréquence est souvent un raccourci facile pour les casques bas de gamme camouflés derrière une belle enveloppe (je ne citerai pas de marque, car la liste serait longue comme le bras). Ce petit excès amène une sonorité un poil trop chaleureuse, appréciable sur les styles de prédilection du casque. Mais, une fois combiné à l’atténuation dans les aigus, on élimine les styles très tranchants (hard rock, métal) et une bonne partie du classique.

En revanche, les voix d’une manière générale sont excellentes, et le TMA-1 sait garder une parfaite clarté dans ce registre avec ce supplément de chaleur souvent appréciable.
Aigus : Nous en avons déjà parlé, assez atténués sans toutefois lâcher prise. Il existe un creux très marqué autour de 10Khz, le reste est finalement semblable à bien des casques, d’où le niveau de détails et de séparation des instruments plus que correct.

Dernier point avec l’utilisation des pads en mousse. Autant le dire tout de suite, cette association est pratiquement inécoutable. Ce type de mousse n’est clairement assez dense et les basses fréquences deviennent quasi absentes. Cela peut être amusant une minute sur du classique, mais l’absence totale d’assise et d’isolation anéantit leur utilité.

Pour qui ?

Inutile de dire si ce modèle est un bon casque ou non, parlons plutôt de ses styles de prédilection. Tout d’abord, il n’est clairement pas le modèle d’éclectisme que représente le HD25 de Sennheiser ni-même dans une certaine mesure le Phiaton MS400. Mais, à sa décharge, il n’est jamais catastrophique, encore moins agressif. Sa signature, de l’aveu de la marque, est totalement étudiée pour les styles au mixage agressif comme la trance (généralement représenté par une surabondance d’aigus).

C’est ainsi largement pour les styles électroniques ou encore le Rap que ce casque est une réussite. Puissant, incroyablement défini, il enterre ce qui existe en termes de casque design dans cette tranche de prix. À vrai dire, il n’est pas farfelu de le placer au niveau des références du domaine. Dans la gamme des moins de 300 euros, il est probablement le meilleur casque nomade pour les styles précités. À l’heure actuelle, seul le Shure 750DJ soutient à peu près la comparaison, mais sa sonorité est bien plus sèche et agressive, le AIAIAI reste à la longue bien plus recommandable pour l’audition.

Le Rock, hard rock et le métal sont rarement pour lui, excepté dans les morceaux très aérés. Les aigus manquent de tranchants d’une manière générale. Le classique est, à l’instar de pratiquement tous les casques nomades, un style rendu de façon un peu mitigée. Pas assez clair ni aéré, il compense par une sonorité très organique et vivante.

Egalisation

Si ce type de bricolage ne permet pas de l’améliorer réellement sur ses styles favoris, il peut permettre une meilleure polyvalence, particulièrement sur le rock. Pour cela, à travers un égaliseur graphique performant, il suffit de baisser de plusieurs crans le niveau de bas médiums, rehausser franchement autour de 10Khz et rehausser un peu plus légèrement au-dessus.

Conclusion

Le casque nomade de cette gamme de prix possède une référence depuis de (trop) longues années à savoir le HD25 de Sennheiser. Si le TMA-1 ne peut pas réellement prétendre lui succéder, il se place à un niveau d’égalité ce qui est une performance. Plus confortable, plus beau et encore plus solide que son adversaire, il lui concède néanmoins une isolation inférieure. Pour le son, tout est une affaire de préférence. Puissance et chaleur pour le AIAIAI, polyvalence et niveau de détail plus important pour HD25.

AIAIAI est une de ces trop rares marques émergentes totalement impliquées dans la qualité sonore. Là où la majorité des marques émergentes se contentent de balancer du driver sous-traité, les Danois de AIAIAI participent réellement à la conception des drivers. Une réussite.

Prix : environ 200 euros

Test réalisé par Guillaume F. aka Le Masseur Aveugle.

Énième marque fashion des terres vikings, AIAIAI représente fièrement la patrie du playmobil, à savoir le Danemark. À travers un mélange de tee-shirts, d’accessoires, et récemment d’une gamme d’écouteurs comprenant des intras, un petit supra (le track), et le modèle dont nous parlerons aujourd’hui, le TMA-1, AIAIAI semble s’engouffrer de plus en plus vers cet eldorado qu’est le casque nomade.

Si l’orientation vestimentaire ne manquera pas de nous faire frémir, faisant planer l’ombre de l’omniprésent Wesc, l’aura d’AIAIAI semble clairement différente sur la toile, séparée entre éloges et avis relativement positifs, cela même au sein de sites sérieux, excluons donc les avis de salons de coiffure du blogajeanclaude et autres sites de sports de glisse.

Ce test a pour optique une comparaison directe avec un modèle relativement célèbre, le HD25 de Sennheiser, avec lequel il partage un nombre important de caractéristiques.

Design

Pas vraiment fashion, encore moins futuriste, le TMA-1 se veut être l’archétype même du design épuré. Rien ne déborde ici, les courbes sont fluides et totalement intégrées à un ensemble, et il en est des photos comme de la réalité, ce casque parait issu d’un unique bloc que l’on aurait taillé. Le paradigme est poussé jusqu’à ce qu’aucune marque, aucun signe n’apparaissent, le sigle AIAIAI se retrouvant totalement camouflé sur la face interne de l’arceau.

Mais là où ce design est à part, c’est bien dans son apparence très discrète, assez passe-partout. Il réussit ainsi là où le Sennheiser HD25 ramasse la plupart de ses critiques, à savoir concilier le design et la sobriété.

Pourtant, la conception (apparente) est d’une simplicité désarmante, s’articulant autour de seulement 3 pièces, à savoir les deux écouteurs et l’arceau (formé d’une seule partie). Vaguement démontables, les coques permettent également un changement simplissime de coussinets via de petites encoches rondes. Parlons coussinets justement, puisque la marque a choisi de livrer non pas un, mais deux types : cuir et mousse. Nous reviendrons de façon succincte sur ces derniers, mais la marque n’a clairement pas axé le casque autour de leur utilisation.

Construction

Très sérieuse, proche de l’impression de tank du HD25, j’oserais même dire un cran au-dessus. À vrai dire, aucune faiblesse n’est à déplorer, l’arceau, sous son toucher caoutchouteux camoufle une structure métallique souple, mais effarante de solidité.

Confort

D’emblée un très bon point pour la marque. Les coussinets, malgré une conception supra-orale, s’adaptent facilement et opposent une pression étonnement faible, le tout porté par une réalisation en cuir d’excellente facture, bien meilleure que ce qui se pratique avec le HD25 qui est un calvaire pour les grosses têtes.

Le réglage des écouteurs s’effectue via un système cranté, dont un petit ressort assure le passage vers chaque palier. Ce dernier point nécessitera une attention particulière. En effet le ressort en question (non apparent avant un démontage en règle) me semble bien fragile pour supporter le poids des années, pas gravissime à moins d’une pénurie de ressorts.

Isolation

Point sur lequel le HD25 règne en maitre étalon, le TMA-1 (avec les pads en cuir) relève une nouvelle fois le défi en s’imposant, non pas comme le nouveau champion, mais en tant que dauphin du Sennheiser, faute de serrer davantage la tête. Il demeure ainsi un des rares casques parfaitement adaptés à l’écoute en transport en commun, avec une atténuation très légèrement inférieure à son collègue. Passé le HD25, il n’a aucun véritable maitre.

Package

À l’image même du casque, le package est à la fois propre et sérieux. La boite, chargée de motifs en relief rappelle légèrement la nouvelle freebox de Stark (même si de conception antérieure). Premier étage, le casque, reposant sur une mousse noire pressée en petites pyramides. La sobriété poussée à l’extrême du produit donne un amusant petit camouflage, comme si ce dernier était intégré à ce reposoir.
Deuxième et dernier niveau, étages des accessoires, comme à l’habitude assez peu nombreux pour ce type de casque. Un adaptateur jack 6.35mm à pas de vis, ainsi qu’un étui de transport en tissu (totalement souple et par conséquent seulement antipoussière), les coussinets en mousse, et pour finir le câble.

Câble

Détachable, standard (jack 3.5mm) du côté écouteur, et au diapason de la texture caoutchouteuse du produit, le seul reproche ici est à mettre sur sa structure torsadée, forcément peu pratique en nomade, même si conventionnelle sur les casques estampillés DJ.

Le son

Test effectué via un Cowon s9 et un HifiMAN hm801, ainsi qu’un omnia 7. Je n’ai utilisé que les pads en cuir pour ce test.

Pour commencer, détaillons ce casque à travers une playlist non-exhaustive et une comparaison directe avec le HD25 de Sennheiser, cible de référence.

Iron maiden : for the greater good of god
Très bon impact des basses et surtout très bonne clarté de ces dernières. On dénote une sonorité générale assez lourde, les bas médiums sont manifestement très prononcés. En revanche, la voix reste parfaitement claire, les hauts médiums sont très bien gérés. Atténuation manifeste dans le haut du spectre, les cymbales par exemple sont clairement en retrait. Le niveau de détails reste bon et la séparation des instruments très honnête, bien que le hd25 soit supérieur dans ce domaine.

Beethoven : symphonie n°6
Le classique n’est clairement pas son registre de prédilection (d’ailleurs, quel casque nomade pourrait s’en vanter). Pas de défaut clairement rébarbatif, mais l’emphase dans les bas médiums est un peu trop forte ici, d’autant que le manque d’aigus se fait largement sentir. Dommage, car la chaleur est là.

Michael jackson : beat it
Pas une énorme surprise, nous naviguons dans les eaux du TMA-1. Le mixage aéré lui convient parfaitement. L’impact à la fois percutant et propre des basses fait des ravages, le tout associé à une excellente clarté des voix.

Dire straight : brothers in arms
Morceau posé, simple, mettant en avant les voix, le TMA-1 remporte haut la main le défi. La ligne de basse est simplement prodigieuse, la voix claire et chaleureuse. Le genre de morceau où le TMA-1 fait encore un peu mieux que le HD25.

Isildurs bane : in a state of comprehension
Définitivement, la qualité des aigus n’est pas à remettre en cause, l’atténuation ne peut pas leur enlever ça. Séparation des instruments et clarté supérieure ici pour le HD25, mais parfois une sonorité un peu froide, selon les préférences donc.

Megadeth : tornado of soul
Là encore, clairement une question de goût. La lourdeur du TMA-1 pourra en rebuter plus d’un, là où le HD25 ne souffre d’aucun défaut. Meilleur impact des basses pour le TMA-1 mais guitares plus tranchantes pour le HD25. La voix plus chaleureuse sur le AIAIAI est globalement plus appréciable, le Sennheiser la faisant sonner un peu sec.

Shadow of the colossus : creeping shadow
Toujours cette impression de lourdeur pour le TMA-1, globalement plus agréable que son confrère dans les bas médiums et basses. Pas de réel vainqueur par ko, la hd25 n’excelle pas non plus dans les OST, bien qu’il soit plus polyvalent dans ce domaine en général. Petite préférence pourtant pour le HD25.

Supertramp : take the long way home
La clarté du HD25 fait la différence. Le constat n’est pas si différent de la plupart des morceaux, mais ici la formule TMA-1 ne marche pas, la ligne de basse est même un peu trop marquée.

Porcupine tree : shesmovedon
Même constat, même un peu plus marqué, le TMA-1 sonne trop lourd. Le HD25, sans être exceptionnel, convient largement mieux et ne souffre d’aucun rival dans sa gamme de prix. En revanche, le TMA-1 ne perd pas pied et garde constamment ses qualités de médiums et son niveau de détails.

Armin van buuren : orbion
Style annoncé du TMA-1, c’est effectivement une démonstration. Les basses tapent fort et sans exagération, mais c’est surtout la qualité qui impressionne. Oserais-je dire que ces basses sont les meilleures de cette gamme de prix ? Probablement. Le HD25, trop sage est clairement enterré. La mise en avant systématique des aigus se retrouve logiquement atténuée ici, et de ce fait devient très agréable, là où le hd25 est un peu agressif.

Astral projection : Electric blue
Même constat, le TMA-1 est ici bien supérieur à ce qui se fait en général. Mis à part le Shure SRH750, difficile de lui trouver un concurrent.

Ntm : laisses pas trainer ton fils
Le HD25 n’est pas spécialement fait pour ce style à mon humble avis, bien qu’il soit loin d’être mauvais, mais le TMA-1 possède bien plus d’impact. Comparons le TMA-1 au Beats Solo. Ce n’est un secret pour personne, le Solo est plus que chargé dans le bas du spectre. Mais ici sa gestion des basses est franchement très loin du AIAIAI. Ce dernier marque bien mieux le tempo, le Solo semble lent et poussif à côté, bien que plus chargé encore dans le bas du spectre. De même, les bas médiums semblent déborder sur le reste du spectre. Le TMA-1 est non seulement excellent pour ce style, mais se permet d’atomiser le Solo sur ses terres, excepté pour ceux recherchant justement cette sonorité marquée par l’emphase absolue des bas médiums, après tout ce n’est pas un crime.

Biréli lagrène : minor swing
Pas une grande surprise, la chaleur du TMA-1 est appréciable, mais il manque ce niveau d’aigu rendant le HD25 bien plus enivrant.

Analyse

Sans être totalement simple dans son approche, le TMA1 reste relativement prévisible dans chacun des styles écoutés. Sa sonorité très lourde ne plaira pas à tout le monde, en particulier une grande branche de la catégorie des « audiophiles », encore que ce terme soit très flou. La raison de cette lourdeur ? Assez simple : une atténuation prononcée à partir des 10Khz. Si cette atténuation n’est pas gravissime, son influence se remarque sur la globalité du casque, c’est-à-dire n’apparait pas comme un manque, mais comme une signature sonore, à savoir un léger étouffement, bénéfique sur certains styles, condamnable pour bien d’autres.

Basses : Bien prononcées, sans déborder sur les autres fréquences. Leur qualité est au-delà des attentes, supplantant même le HD25 de Sennheiser. La quantité est là, mais la définition frappe encore davantage, une simple ligne de basse (l’instrument) devient un régal tant la précision est là.

Médiums : bas médiums très prononcés, un peu trop peut-être. Ce type de fréquence est souvent un raccourci facile pour les casques bas de gamme camouflés derrière une belle enveloppe (je ne citerai pas de marque, car la liste serait longue comme le bras). Ce petit excès amène une sonorité un poil trop chaleureuse, appréciable sur les styles de prédilection du casque. Mais, une fois combiné à l’atténuation dans les aigus, on élimine les styles très tranchants (hard rock, métal) et une bonne partie du classique.

En revanche, les voix d’une manière générale sont excellentes, et le TMA-1 sait garder une parfaite clarté dans ce registre avec ce supplément de chaleur souvent appréciable.
Aigus : Nous en avons déjà parlé, assez atténués sans toutefois lâcher prise. Il existe un creux très marqué autour de 10Khz, le reste est finalement semblable à bien des casques, d’où le niveau de détails et de séparation des instruments plus que correct.

Dernier point avec l’utilisation des pads en mousse. Autant le dire tout de suite, cette association est pratiquement inécoutable. Ce type de mousse n’est clairement assez dense et les basses fréquences deviennent quasi absentes. Cela peut être amusant une minute sur du classique, mais l’absence totale d’assise et d’isolation anéantit leur utilité.

Pour qui ?

Inutile de dire si ce modèle est un bon casque ou non, parlons plutôt de ses styles de prédilection. Tout d’abord, il n’est clairement pas le modèle d’éclectisme que représente le HD25 de Sennheiser ni-même dans une certaine mesure le Phiaton MS400. Mais, à sa décharge, il n’est jamais catastrophique, encore moins agressif. Sa signature, de l’aveu de la marque, est totalement étudiée pour les styles au mixage agressif comme la trance (généralement représenté par une surabondance d’aigus).

C’est ainsi largement pour les styles électroniques ou encore le Rap que ce casque est une réussite. Puissant, incroyablement défini, il enterre ce qui existe en termes de casque design dans cette tranche de prix. À vrai dire, il n’est pas farfelu de le placer au niveau des références du domaine. Dans la gamme des moins de 300 euros, il est probablement le meilleur casque nomade pour les styles précités. À l’heure actuelle, seul le Shure 750DJ soutient à peu près la comparaison, mais sa sonorité est bien plus sèche et agressive, le AIAIAI reste à la longue bien plus recommandable pour l’audition.

Le Rock, hard rock et le métal sont rarement pour lui, excepté dans les morceaux très aérés. Les aigus manquent de tranchants d’une manière générale. Le classique est, à l’instar de pratiquement tous les casques nomades, un style rendu de façon un peu mitigée. Pas assez clair ni aéré, il compense par une sonorité très organique et vivante.

Egalisation

Si ce type de bricolage ne permet pas de l’améliorer réellement sur ses styles favoris, il peut permettre une meilleure polyvalence, particulièrement sur le rock. Pour cela, à travers un égaliseur graphique performant, il suffit de baisser de plusieurs crans le niveau de bas médiums, rehausser franchement autour de 10Khz et rehausser un peu plus légèrement au-dessus.

Conclusion

Le casque nomade de cette gamme de prix possède une référence depuis de (trop) longues années à savoir le HD25 de Sennheiser. Si le TMA-1 ne peut pas réellement prétendre lui succéder, il se place à un niveau d’égalité ce qui est une performance. Plus confortable, plus beau et encore plus solide que son adversaire, il lui concède néanmoins une isolation inférieure. Pour le son, tout est une affaire de préférence. Puissance et chaleur pour le AIAIAI, polyvalence et niveau de détail plus important pour HD25.

AIAIAI est une de ces trop rares marques émergentes totalement impliquées dans la qualité sonore. Là où la majorité des marques émergentes se contentent de balancer du driver sous-traité, les Danois de AIAIAI participent réellement à la conception des drivers. Une réussite.

Prix : environ 200 euros

Test réalisé par Guillaume F. aka Le Masseur Aveugle.