Dans la sextech, la discrétion est un vieux fantasme. On a vu passer des vibromasseurs en forme de rouge à lèvres qui ressemblent à tout sauf à du maquillage, des stimulateurs maquillés en galets décoratifs, des jouets déguisés en bijoux, en brosse cosmétique, et même en peluche. Le résultat est rarement convaincant : soit l’objet trahit sa fonction au premier coup d’œil, soit le déguisement est si appuyé qu’il en devient ridicule. Après avoir lui aussi joué le jeu du kitsch en matière de camouflage, le pionnier allemand du stimulateur sans contact, lancé en 2014, a décidé de prendre le problème à l’envers.

Snap : un air de Airpods, l’âme d’un Womanizer
Posé sur une table, le Womanizer Snap ressemble à s’y méprendre à un boîtier d’écouteurs sans fil. On découvre une coque arrondie de quelques centimètres de marge, une couleur unie, un couvercle à charnière et aucun logo brillant. Il faut l’ouvrir pour découvrir, logé dans son berceau, un minuscule stimulateur clitoridien. Et même ouvert, le doute persiste jusqu’à l’allumage moteur.

Le stimulateur mesure moins de 6 cm de long pour 4 cm de haut, et 3 cm de large. Encore plus fort, il ne pèse que 39 g. Jamais on n’avait tenu un sextoy aussi petit dans nos mains. C’est sans doute l’aspect le plus bluffant du produit : la miniaturisation est réelle, aboutie, et la marque promet qu’elle n’enlève rien à son moteur, qui reste aussi puissant que sur le Womanizer Liberty.
S’il est un peu plus gros et plus lourd qu’un étui d’écouteur, le pari est réussi pour le Womanizer Snap. Dans un sac à main ou une trousse, l’appareil passe totalement inaperçu. Le déguisement n’en est pas vraiment un, mais il fonctionne. C’est peut-être la première fois qu’un sextoy discret réussit à ne pas tomber dans la caricature.

Un étui qui fait (presque) tout le travail
L’étui n’est pas qu’un costume. Il remplit trois fonctions à la fois : d’abord, il protège le stimulateur, qui voyage ainsi à l’abri de la poussière et des miettes de biscuits au fond du sac. Ensuite, il empêche les déclenchements intempestifs. C’est d’ailleurs pour cette raison que Womanizer a fait l’impasse sur le verrouillage de voyage, puisqu’il n’a tout pas lieu d’être ici. Enfin, l’étui sert de batterie de recharge, exactement comme celui d’une paire d’écouteurs. On repose le Snap dans son berceau, et il se recharge tout seul, même loin de la prise.

Le stimulateur embarque une batterie de 180 mAh, tandis que l’étui propose une batterie de 420 mAh, soit un peu plus du double. De quoi offrir environ deux recharges complètes en théorie. Womanizer annonce 60 minutes d’autonomie pour 60 minutes de charge, ce qui s’est révélé largement suffisant pendant nos sessions. Quant au boîtier, et c’est une grande première pour la marque, il se recharge en USB-C. Womanizer rattrape enfin son retard, et vient faire le bonheur des consommateurs européens.

Pleasure Air version miniature : la prouesse technique
Reste la question qui fâche : peut-on réduire un Womanizer à cette taille sans sacrifier les sensations ? Spoiler : oui, et nous avons été les premiers surpris. Selon Womanizer, le Snap embarque le même moteur que le Liberty 2, le modèle de voyage de la marque, pourtant nettement plus volumineux. À l’usage, la promesse tient la route. On retrouve la technologie Pleasure Air, signature maison, qui stimule le clitoris par des variations de pression d’air sans contact direct. Les sensations sont tout à fait comparables à celles du Liberty 2, et le niveau maximum est largement suffisant pour atteindre l’orgasme en quelques minutes.

La gamme d’intensité est toutefois un peu plus resserrée, avec six niveaux contre huit sur le Liberty 2. Une économie qui rapproche le Snap du Starlet 3, le modèle d’entrée de gamme de la marque, mais avec une autonomie doublée (60 minutes contre 30). L’embout en silicone, lui, garde exactement la taille de celui d’un Womanizer classique. Côté bruit, le Snap ne fait pas de miracle. Il n’est pas particulièrement discret, mais reste dans la moyenne des stimulateurs à air pulsé. Rien d’alarmant à ce niveau-là.
Petit gabarit, petits compromis
La miniaturisation a évidemment un prix. Avec un objet aussi petit, la prise en main est forcément plus limitée. On se retrouve à le tenir du bout des doigts, un peu crispé, sans sans le confort d’un Premium 2. L’avantage, c’est que l’utilisation est simplifiée au maximum : on allume, on règle, on pose. L’inconvénient, c’est qu’on cherche un peu sa position, surtout à deux. Rien de rédhibitoire, mais l’ergonomie du Womanizer Snap n’est clairement pas son point fort par rapport au reste de la gamme.

Le Snap fait aussi l’impasse sur les fonctionnalités qui font le sel des modèles haut de gamme. Pas de Smart Silence, qui ne déclenche le moteur qu’au contact de la peau, ni d’Afterglow, qui ramène automatiquement l’intensité au minimum après l’orgasme. Logique : le Snap se positionne en milieu de gamme, bien en dessous des Next, Premium 2 ou Enhance. À ce tarif, on ne peut pas tout avoir. L’étanchéité, en revanche, est au rendez-vous. Le stimulateur est certifié IPX7, donc entièrement submersible, ce qui facilite grandement le nettoyage à l’eau et au savon doux. Attention toutefois, puisque l’étui, lui, ne résiste qu’aux éclaboussures. On évitera donc de le laisser traîner au bord de la baignoire.

Prix et disponibilité
Le Womanizer Snap est disponible depuis début octobre sur le site officiel de Womanizer, au prix de 79 €, dans un unique coloris Baie intense. Il est livré avec son étui de recharge et un câble USB-C, et profite d’une garantie de cinq ans.