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Test Evercade VS-R : cette console rétro moderne propose de vraies cartouches

L’Evercade VS-R relance le pari audacieux des cartouches physiques dans l’émulation. Cette console de salon à 100 euros promet de ressusciter les classiques du jeu vidéo avec un catalogue grandissant. Nous avons testé cette machine étonnante qui assume pleinement son positionnement rétro.

Dans un marché fleurissant d’émulateurs et de mini-consoles, l’Evercade VS-R fait le choix radical du support physique. Cette console ne cache pas ses ambitions, elle souhaite offrir une expérience rétro authentique avec de vraies cartouches à insérer, comme au bon vieux temps.

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Le concept séduit immédiatement. Plutôt que de proposer un énième appareil bourré de ROM à la légalité douteuse, l’entreprise britannique Blaze Entertainment mise sur des licences officielles. Les cartouches rassemblent des pépites oubliées, des productions indépendantes et des catalogues de studios disparus comme Data East ou Technos. Cette approche comble un vide béant dans l’univers du retrogaming légal.

La force du système réside dans son modèle économique accessible. Entre 20 et 30 euros la cartouche contenant généralement six à huit jeux, le rapport qualité-prix devient vraiment intéressant. Avec le plaisir de conserver ces jeux sur une cartouche, venant dans une boîte contenant aussi une notice, L’Evercade VS-R répond donc à une vraie demande du marché.

Pas aussi simple qu’à l’époque

L’expérience commence malheureusement sur une note frustrante. La boîte ne contient ni adaptateur secteur ni câble HDMI. Étonnant pour une console de salon en 2025. On doit donc sortir le porte-monnaie avant même d’allumer la machine. Cette économie de bout de chandelle laisse un goût amer et ne présage pas forcément du bon pour la suite.

Le choix du port micro-USB pour l’alimentation surprend également. À l’heure où l’USB-C s’impose partout, cette décision technique semble dépassée. Certes, tout le monde possède des câbles micro-USB qui traînent, mais la standardisation aurait simplifié les choses. Un détail qui reflète peut-être les contraintes budgétaires du constructeur.

Au premier démarrage, la console demande une connexion WiFi pour installer les mises à jour firmware. Fini le temps où on glissait une cartouche pour jouer instantanément. Cette modernité obligatoire casse un peu le charme rétro recherché.

Autre surprise décevante : aucun jeu de démonstration n’est présent en mémoire interne. La console reste muette sans cartouche insérée, pas même un titre vitrine pour découvrir le système. Blaze propose néanmoins un jeu gratuit chaque mois en téléchargement, une initiative sympathique qui rappelle le PS Plus. L’inscription à la newsletter donne aussi accès à un code de déblocage pour un titre bonus.

Des cartouches qui réveillent la nostalgie

Les cartouches Evercade arrivent dans des boîtiers à l’ancienne, accompagnées de véritables notices papier. Ce soin apporté à la présentation physique ravira les collectionneurs. Les manuels détaillent les commandes et donnent quelques informations sur chaque jeu inclus. On retrouve cette sensation agréable de déballer un nouveau jeu, celle que le numérique a définitivement tué.

Le catalogue propose des pépites inattendues. Les quatre volumes de compilations Toaplan regroupent une trentaine de shoot’em up arcade dont beaucoup n’avaient jamais quitté les salles. La collection Technos Arcade ramène des raretés comme Mania Challenge, introuvable ailleurs sur console moderne. Ces sélections pointues donnent tout son sens au projet Evercade.

Les sorties s’enchaînent régulièrement, alimentant une bibliothèque déjà conséquente. Cette dynamique rassure sur la pérennité du système. Blaze ne semble pas vouloir abandonner sa console du jour au lendemain, contrairement à d’autres constructeurs qui ont déserté le marché rétro après un lancement timide.

Pensée pour la flexibilité

L’Evercade VS-R intègre deux emplacements pour cartouches, un choix malin qui change la donne. Tous les jeux des deux cartouches insérées apparaissent simultanément dans l’interface. Fini les allers-retours incessants pour changer de support. Cette fonction hot-swap autorise même l’échange de cartouches console allumée, l’interface se rafraîchissant en temps réel.

Cette double insertion cache des secrets amusants. Certaines combinaisons spécifiques de cartouches déverrouillent des jeux cachés, récompensant les collectionneurs qui étoffent leur ludothèque. Un clin d’œil sympathique qui encourage l’achat de nouvelles compilations. Les chasseurs de Easter eggs apprécieront.

Les quatre ports USB frontaux témoignent d’une planification intelligente. Le multijoueur local devient immédiat, dans l’esprit des sessions de jeu d’antan. Cette générosité en connectique mérite d’être saluée sur une console d’entrée de gamme.

La compatibilité avec tout l’écosystème Evercade constitue un atout majeur. Les cartouches fonctionnent aussi sur les consoles portables de la marque et les bornes d’arcade récemment lancées de quoi investir dans les jeux physiques sereinement.

Une manette qui fait le job

Le pad inclus adopte une ergonomie classique qui remplit correctement son office. La prise en main rassure, les boutons répondent franchement et les gâchettes offrent un bon retour tactile. Le D-pad autorise des diagonales précises, crucial pour les jeux d’action et les beat’em up. Visuellement, la manette arbore un design réussi qui assume son inspiration rétro.

Le mapping des boutons A et B suit la convention Xbox plutôt que Nintendo, un choix qui déstabilise au début. Les vieux réflexes conditionnés par des décennies de jeux japonais reviennent hanter les premières sessions. Heureusement, la console permet de remapper intégralement les commandes dans les paramètres.

La possibilité d’utiliser d’autres manettes USB ajoute de la souplesse. Les joueurs exigeants peuvent brancher leur pad préféré sans contrainte. Cette ouverture évite de rester coincé avec un accessoire qui ne conviendrait pas. Une liberté appréciable sur une console qui vise les passionnés.

Niveau émulation, ça donne quoi ?

L’Evercade VS-R s’appuie sur un émulateur moderne qui fait son travail honnêtement. La latence d’affichage reste imperceptible pour le commun des mortels. Les jeux répondent instantanément aux commandes, condition sine qua non pour profiter correctement des titres nerveux.

Les options d’affichage couvrent l’essentiel : ratio original, mode pixel perfect compact et étirement plein écran. Ce dernier déforme hideusement l’image, mais existe pour ceux qui veulent absolument remplir leur télé. Les scanlines ajustables permettent d’imiter l’aspect cathodique, bien que l’effet soit plus convaincant sur petit écran. En 1080p sur une grande TV, ces lignes deviennent plutôt distrayantes.

Le système gère les sauvegardes rapides et normales sans broncher. On peut interrompre une partie à tout moment et reprendre exactement où on s’était arrêté. Le menu pause donne accès à toutes les fonctions vitales : redémarrage, changement de configuration, chargement. L’interface égale les émulateurs modernes en termes de praticité.

L’émulation couvre les générations jusqu’à la PlayStation 1, une console édition Tomb Raider étant d’ailleurs disponible. Les capacités exactes de la machine restent floues au-delà, mais le catalogue actuel se concentre intelligemment sur l’arcade et les consoles qui ne nécessitent pas de puissance démesurée.

Une interface claire, mais perfectible

Le menu principal se parcourt intuitivement. Chaque jeu dispose d’une fiche descriptive consultable avant le lancement, donnant le contexte et les commandes de base. Cette attention enrichit l’expérience, surtout pour les titres obscurs qu’on découvre. Les statistiques de jeu affichent le temps passé, le nombre de sessions et de chargements. Un suivi plaisant pour les complétionnistes.

Les mises à jour firmware transitent directement par WiFi, évitant les manipulations fastidieuses de fichiers sur carte SD.

Les options de shaders manquent néanmoins de finesse. On obtient seulement un choix binaire entre désactivé et deux préréglages fixes. Un curseur pour doser l’effet aurait permis d’affiner le rendu selon les préférences. Cette limitation déçoit quand certains émulateurs offrent une granularité totale sur ces paramètres.

Et combien ça coûte cette histoire ?

Test console Evercade VS-R
© Robin Sabbadini

À 110 euros avec une manette et un jeu inclus, l’Evercade VS-R se positionne judicieusement. Cette entrée de gamme rend le retrogaming légal accessible sans exploser le budget. Les Mini consoles des grands constructeurs coûtent parfois plus cher avec un catalogue figé. Ici, la bibliothèque grandit au fil des envies.

Les cartouches oscillent entre 20 et 30 euros selon leur contenu. Les compilations de six à huit jeux offrent le meilleur rapport qualité-prix, même si quelques cartouches premium ne contiennent qu’un ou deux titres, faisant grimper le prix unitaire.

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Construire une ludothèque complète représente évidemment un investissement conséquent. Une cinquantaine de cartouches existe déjà, avec des nouveautés régulières. Les joueurs peuvent heureusement sélectionner uniquement les compilations qui les intéressent. Cette modularité évite l’achat contraint de jeux qu’on ne touchera jamais.

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Notre avis

L’Evercade VS-R tient sa promesse de console rétro physique moderne. Le concept fonctionne, le catalogue séduit et le prix reste défendable. Les amateurs de retrogaming légal trouvent enfin une solution crédible pour jouer sur leur télé sans plonger dans la zone grise de l’émulation.

Les défauts existent néanmoins. L’absence d’adaptateur secteur et de câble HDMI dans la boîte agace. Le micro-USB semble désuet. Le manque de jeu de démonstration pré-installé déçoit également. Ces choix économiques ternissent légèrement l’expérience de déballage.

La console brille surtout par sa bibliothèque unique. Les compilations Toaplan, Technos ou Atari ramènent des jeux introuvables ailleurs. L’Evercade VS-R mérite sa place dans le salon des passionnés.
Note : 8  /  10

Les plus

  • Seule console moderne proposant de vraies cartouches physiques avec des licences officielles
  • Bon rapport qualité-prix
  • Collections rares introuvable ailleurs légalement
  • Double slot cartouche
  • Écosystème cohérent
  • Une nouveauté offerte chaque mois en téléchargement
  • Remapping des touches

Les moins

  • Pas d'adaptateur secteur ni de câble HDMI dans la boîte
  • Port micro-USB
  • Options de shaders limitées

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