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[Test] GTA V : Jour 3 – Une intelligente satire de l’Amérique

Par Henri le

Après avoir abordé la partie graphique, ainsi que le gameplay de GTA V, ce troisième article se focalisera sur le scénario et l’ambiance créée par Rockstar. Sans spoilers, voici ce qui fait le sel de ce nouveau best-seller.

"C'est le pays des opportunités. Allez vous-en !".Le ton est donné
“C’est le pays des opportunités. Allez vous-en !”. Le ton est donné

La série des GTA a toujours bénéficié de très bons dialogues, à la fois crus et (vraiment) amusants, malgré des scénarios un peu légers. Avec GTA IV, Rockstar a franchi une étape, en proposant une histoire plus mature, et un héros au passé douteux. Un revirement que certains joueurs ont déploré, tant la loufoquerie habituelle semblait avoir disparu. Nous savons que le studio a fait le choix de revenir à un gameplay proche de GTA : San Andreas, mais l’histoire racontée ici est-elle aussi convaincante que l’épisode précédent ? La réponse est oui.

Les antihéros font vendre et Rockstar l’a bien compris. Si GTA III et Vice City ont d’abord singé le cinéma en copiant le mythe de Scarface ou des Affranchis, le personnage de Niko Bellic marquait le désir d’une vraie indépendance scénaristique. Ce tueur au sang-froid, avide d’argent rapide, ancien militaire lors des conflits balkaniques, a suscité une certaine empathie auprès des gamers. L’arrivée de ce trio d’enfer permet au studio de donner encore plus de profondeur à leur récit.

Michael n'est pas au bout de ses surprises...
Michael n’est pas au bout de ses surprises…

On remarque d’ailleurs que chacun des personnages a plus ou moins le même but : faire le maximum de billets verts, le plus vite possible. Ils sont pourtant diamétralement opposés. Franklin, proche de Carl Johnson (héros de GTA : San Andreas) est un jeune afro-américain aux dents longues, qui a la ferme intention de sortir de son ghetto. Plutôt costaud et violent, il conserve un bon fond et se retrouve souvent influencé par les deux autres protagonistes (quand ce n’est pas par Lamar, son ami un peu gauche mais hilarant).

Franklin est un personnage attachant et débrouillard.
Franklin est un personnage attachant et débrouillard.

Michael est surement le personnage le plus nébuleux, mais aussi le plus intéressant du jeu. Ancien gangster ayant négocié une paisible retraite, il se voit rattrapé par la quarantaine (et de sacrées dettes) et décide de reformer une équipe de braqueurs. Sans spoiler l’histoire, on comprend vite que ce personnage plein de bonhommie est plus tendancieux qu’il ne le fait paraître.

Enfin, Trevor Phillips cristallise toute les envies et la violence chères à Rockstar, et probablement ce qui manquait à l’épisode précédent. Ex-pilote de l’aviation américaine, ce mélange entre Jack Torrance et Tony Montana est l’incarnation d’un dirty south puant et dangereux, qui nous rappelle que la folie n’officie pas que dans nos grandes agglomérations. Son instabilité fera beaucoup rire les gamers, car il représente l’idée même de la série originale : un type capable de n’importe quoi.

Les tatouages de Trevor sont pour le moins originaux !
Les tatouages de Trevor sont pour le moins originaux !

Si GTA IV lorgnait vers la question de l’immigration en mettant en scène un étranger, cet épisode se focalise clairement sur les effets de la crise économique, et de ses conséquences, visibles sur des villes comme Los Angeles. Très critique envers l’American way of life, Rockstar tape sur tout ce qui bouge. Entre des crédules qui achètent des voitures à crédit alors qu’ils ne peuvent pas se le permettre, l’impossibilité de trouver un travail après quarante ans, ou une pornographie sous-jacente qui lobotomise les jeunes, les situations cocasses sont de mises.

Petite dédicace à cette mission, où l’on élimine sans savoir un jeune milliardaire d’une vingtaine d’années, icône de la Silicon Valley et créateur du réseau social LifeInvader… Le studio a parfaitement réussi à retranscrire de façon amusante le mirage que renvoient ces villes de légendes, où dealers et sans-abris rêveront toujours de la vie de palace.

Lamar est le genre de co-équipier dont il vaut mieux se passer !
Lamar est le genre de co-équipier dont il vaut mieux se passer !

GTA V réussit à allier la loufoquerie d’un San Andreas à la maturité d’un GTA IV. Remplie de dialogues savoureux et de personnages attachants, l’oeuvre de Rockstar décrit la vie de gens courageux et imparfaits, et met au passage une grosse claque au modèle américain, que les clips et les films nous vendent depuis cinquante ans. Ça fait du bien par où ça passe.

Rendez-vous demain pour notre conclusion sur GTA V !

Après avoir abordé la partie graphique, ainsi que le gameplay de GTA V, ce troisième article se focalisera sur le scénario et l’ambiance créée par Rockstar. Sans spoilers, voici ce qui fait le sel de ce nouveau best-seller.

"C'est le pays des opportunités. Allez vous-en !".Le ton est donné
“C’est le pays des opportunités. Allez vous-en !”. Le ton est donné

La série des GTA a toujours bénéficié de très bons dialogues, à la fois crus et (vraiment) amusants, malgré des scénarios un peu légers. Avec GTA IV, Rockstar a franchi une étape, en proposant une histoire plus mature, et un héros au passé douteux. Un revirement que certains joueurs ont déploré, tant la loufoquerie habituelle semblait avoir disparu. Nous savons que le studio a fait le choix de revenir à un gameplay proche de GTA : San Andreas, mais l’histoire racontée ici est-elle aussi convaincante que l’épisode précédent ? La réponse est oui.

Les antihéros font vendre et Rockstar l’a bien compris. Si GTA III et Vice City ont d’abord singé le cinéma en copiant le mythe de Scarface ou des Affranchis, le personnage de Niko Bellic marquait le désir d’une vraie indépendance scénaristique. Ce tueur au sang-froid, avide d’argent rapide, ancien militaire lors des conflits balkaniques, a suscité une certaine empathie auprès des gamers. L’arrivée de ce trio d’enfer permet au studio de donner encore plus de profondeur à leur récit.

Michael n'est pas au bout de ses surprises...
Michael n’est pas au bout de ses surprises…

On remarque d’ailleurs que chacun des personnages a plus ou moins le même but : faire le maximum de billets verts, le plus vite possible. Ils sont pourtant diamétralement opposés. Franklin, proche de Carl Johnson (héros de GTA : San Andreas) est un jeune afro-américain aux dents longues, qui a la ferme intention de sortir de son ghetto. Plutôt costaud et violent, il conserve un bon fond et se retrouve souvent influencé par les deux autres protagonistes (quand ce n’est pas par Lamar, son ami un peu gauche mais hilarant).

Franklin est un personnage attachant et débrouillard.
Franklin est un personnage attachant et débrouillard.

Michael est surement le personnage le plus nébuleux, mais aussi le plus intéressant du jeu. Ancien gangster ayant négocié une paisible retraite, il se voit rattrapé par la quarantaine (et de sacrées dettes) et décide de reformer une équipe de braqueurs. Sans spoiler l’histoire, on comprend vite que ce personnage plein de bonhommie est plus tendancieux qu’il ne le fait paraître.

Enfin, Trevor Phillips cristallise toute les envies et la violence chères à Rockstar, et probablement ce qui manquait à l’épisode précédent. Ex-pilote de l’aviation américaine, ce mélange entre Jack Torrance et Tony Montana est l’incarnation d’un dirty south puant et dangereux, qui nous rappelle que la folie n’officie pas que dans nos grandes agglomérations. Son instabilité fera beaucoup rire les gamers, car il représente l’idée même de la série originale : un type capable de n’importe quoi.

Les tatouages de Trevor sont pour le moins originaux !
Les tatouages de Trevor sont pour le moins originaux !

Si GTA IV lorgnait vers la question de l’immigration en mettant en scène un étranger, cet épisode se focalise clairement sur les effets de la crise économique, et de ses conséquences, visibles sur des villes comme Los Angeles. Très critique envers l’American way of life, Rockstar tape sur tout ce qui bouge. Entre des crédules qui achètent des voitures à crédit alors qu’ils ne peuvent pas se le permettre, l’impossibilité de trouver un travail après quarante ans, ou une pornographie sous-jacente qui lobotomise les jeunes, les situations cocasses sont de mises.

Petite dédicace à cette mission, où l’on élimine sans savoir un jeune milliardaire d’une vingtaine d’années, icône de la Silicon Valley et créateur du réseau social LifeInvader… Le studio a parfaitement réussi à retranscrire de façon amusante le mirage que renvoient ces villes de légendes, où dealers et sans-abris rêveront toujours de la vie de palace.

Lamar est le genre de co-équipier dont il vaut mieux se passer !
Lamar est le genre de co-équipier dont il vaut mieux se passer !

GTA V réussit à allier la loufoquerie d’un San Andreas à la maturité d’un GTA IV. Remplie de dialogues savoureux et de personnages attachants, l’oeuvre de Rockstar décrit la vie de gens courageux et imparfaits, et met au passage une grosse claque au modèle américain, que les clips et les films nous vendent depuis cinquante ans. Ça fait du bien par où ça passe.

Rendez-vous demain pour notre conclusion sur GTA V !