Il va sans dire que nos habitudes de consommation de contenus multimédia ont évolué ces dernières années. Au lieu de mettre en marche le magnétoscope et s’adonner avec passion au brainstorming de cassettes VHS à sélectionner, on préfère désormais naviguer nonchalamment parmi les téraoctets de films et séries en notre possession (légalement hein!).

Toujours plus gourmands nous sommes, mais aussi exigeants : le geek d’aujourd’hui place des critères comme le bruit, la fluidité ou encore la polyvalence au sommet de ses priorités lorsqu’il doit faire un choix et c’est précisément sur ce créneau que se positionne le MC101 du constructeur Arctic.

Premier ordinateur multimédia du constructeur, le MC101 est un produit résolument polyvalent dont l’objectif est simple : centraliser tout votre divertissement numérique dans un seul et unique écrin d’aluminium et de plastique.

Il faut dire que ce HTPC se donne les moyens de ses ambitions :

APU Trinity A10-4600M (quad-core 2.3 GHz Turbo @3.2 GHz TDP 35Watts)
Carte graphique Radeon HD 7660G (512Mo de mémoire GDDR5)
8Go (2x4Go) de mémoire vive DDR3 1600 Mhz
Disque dur Western Digital Scorpio Blue 1To (2,5 pouces 5400 tpm)
Tuner TV : DVB-T /ATSC
Système d’exploitation : Windows 7 Premium 64-bit

Conçu pour fonctionner dans le silence le plus total, le MC101 parvient-il à nous décrocher un « NEED » primaire et bestial ? Réponses dans ce test.

Design et accessoires

Aussi haut qu’une carte SD, le MC101 ne s’embarrasse pas de fioritures : monobloc, il n’y a guère qu’un liseré gris et la LED d’activité blanche qui tranchent avec la sobriété et le sentiment de solidité que dégage la structure en aluminium brossé.

Un choix esthétique qui aura ses détracteurs, mais que j’affectionne particulièrement. Passe-partout, le MC101 saura s’intégrer dans de nombreux environnements que ce soit sous la télévision (si vous en possédez une) dans le salon ou dans votre chambre. Le revêtement en aluminium brossé n’a pas simplement une vocation esthétique, comme nous le verrons dans la partie consacrée aux températures et au bruit, le châssis profite de ce matériau naturellement calo-porteur pour garder les composants au frais… Autant que faire ce peu.

La LED blanche située en bas à droite de l’appareil fait office de bouton de mise sous tension. De type tactile, il faudra quelques minutes de pratique avant de finalement comprendre que non, il ne s’enfonce pas il s’effleure. Une subtilité qui m’a valu bien des frustrations et je ne comprends toujours pas la tendance actuelle à tout vouloir rendre « tactile ». Non, le tactile n’est pas le must de l’ergonomie s’il est utilisé à tort et à travers.

La face avant du MC101 ne propose pas grand-chose à se mettre sous la dent. Également en aluminium brossé, elle ne sera pas engorgée de clés USB ou d’antennes TNT à enficher dans un quelconque port placé à cet endroit. Un plus si comme moi vous appréciez la sobriété et le fait que « tout se passe en coulisse » c’est-à-dire à l’arrière de l’appareil.

Il n’en va pas de même pour le côté gauche qui se montre quant à lui généreux en connectique avec un connecteur jack 4 broches, un lecteur de cartes 4 en 1, un port USB2.0/eSATA et enfin un port USB 3.0.

Le côté droit, visiblement jaloux de la sobriété de son acolyte frontal se dispense de tout connecteur et remplit pleinement le rôle de dissipation qui lui est confié.

Comme vous pouvez le voir sur les photos d’illustration, les côtés du MC101 bénéficient d’ouvertures en nid d’abeilles (sous OGM) afin d’aider à l’évacuation de la chaleur. Un choix rendu nécessaire par la faible taille du ventilateur chargé de refroidir les composants : la convection naturelle ayant été largement plébiscitée par les ingénieurs d’Arctic apparemment.

Il faudra donc bien veiller à laisser un peu d’espace entre le PC et son environnement immédiat au risque de voir les températures (mais également le bruit) grimper en flèche après quelques heures d’utilisation intensive.

Passons maintenant à l’arrière du produit et là, c’est l’orgie :

4 ports USB 2.0, 2 ports USB 3.0, prises jack audio/micro, sortie SPDIF, sortie HDMI 1.4a, port réseau 10/100/1000, prise pour l’antenne TV et enfin connecteur d’alimentation.

Un panneau arrière qui n’a rien à envier aux cartes mères mini-ITX par exemple :

On termine par le dessous du MC101 et là surprise : pas d’aluminium, mais bien un revêtement en mousse qui s’il n’aide pas particulièrement à la dissipation, atténuera (en théorie, la pratique c’est pour tout à l’heure) sensiblement le bruit généré par le disque dur.

Si l’aluminium n’a pas été retenu non plus, c’est également pour des raisons pratiques puisque grâce à cette mousse le Media Center reste ferme sur ses appuis, on est jamais à l’abri d’un accident dès lors qu’une multitude de câbles se retrouvent connectés à nos chers appareils.

Les accessoires

La première chose qui retient l’attention lors du déballage du produit, c’est l’absence de télécommande. Il faut dire qu’après avoir été mit en condition par le packaging à grands coups de logos multimédia ça et là, on a la tentation d’être un peu déçu de ne pas retrouver ce petit appareil fort utile, mais c’est sans compter sur Arctic :

Le constructeur assume qu’un tel produit trouvera grâce principalement aux yeux des utilisateurs « connectés ». En ce sens, il propose une application iOS ou Android (mon HTC Trophy sous Windows Phone 7 vous remercie) afin d’interagir avec le système. Baptisée Remote AR, l’application ne dépaysera pas les utilisateurs de VLC Remote pour ne citer que lui et est compatible avec tous les ordinateurs équipés de Windows Media Center.

On enchaîne avec le traditionnel câble d’alimentation maousse costaude, mais de longueur plus que raisonnable : à moins de vouloir (comme moi) réaliser des installations complètement farfelues, les 2 mètres du câble d’alimentation se montreront suffisants dans la grande majorité des cas.

Grand seigneur, Arctic propose de série un câble HDMI 1.4a blindé, rien que ça. Cerise(s) sur le gâteau, vous aurez droit à cette fameuse antenne TNT à laquelle on ne pense pas forcément lors de l’achat de produits de ce type (et en général introuvables dans la grande distribution ou à des prix exorbitants : si tu m’entends Carrefour…).

Dans l’exemplaire envoyé avec soin par Melvin d’Arctic, j’ai également eu l’agréable surprise de trouver une clé USB 8Go de marque. Pratique lorsqu’on est obligé de réinstaller Windows pour une raison X ou Y : le MC101 ne disposant pas de lecteur optique il faut démarrer le PC à partir du port USB, la clé de licence se trouve sous le boîtier.

L’installation

Ne vous y méprenez pas, au-delà de son aspect extérieur, le MC101 est un PC à part entière. À ce titre, les périphériques d’entrée sont de rigueur et ça tombe bien puisque j’ai la parfaite combinaison pour ce type de produit : Logitech K800 pour le clavier et Logitech Performance MX pour la souris.

Ces deux produits sans fil ont le bon goût de s’appairer avec l’ordinateur à l’aide d’un seul et minuscule dongle USB. Un gain de place toujours bon à prendre même si avec ses 8 ports USB le MC101 n’est pas à plaindre de ce côté-là.

Ce duo clavier/souris me semble particulièrement adapté et se retrouve complété par un écran PC (faute d’avoir un téléviseur), un kit d’enceintes Hercules 5.1 et… Une manette Microsoft Xbox 360 filaire.

Le geek qui rage en moi ne digère toujours pas le fait de ne pas avoir pu mettre la main sur la manette sans fil PC du constructeur, mais ce n’est pas faute d’avoir cherché pour les besoins du test.

Ainsi équipé, le MC101 est prêt à faire parler la poudre. Si vous êtes un habitué des configurations à base de SSD, le media center d’Arctic pourra vous paraître un peu « lent » au démarrage. Qu’à cela ne tienne, je vous réserve une surprise en fin de test à ce sujet.

Puisque la répétition n’a jamais fait de mal à personne (mis à part à ceux qui ont croisé le chemin de Beetlejuice), je vous rappelle qu’il vaut mieux placer le MC101 dans un endroit correctement ventilé ou à défaut, éviter de le mettre, disons… À proximité d’un radiateur au mois de février.

Le must selon moi étant de le placer tout simplement sous l’écran PC si l’espace est limité chez vous : vous gardez un accès rapide et simple aux connecteurs de la partie gauche tout en étant capable d’allumer ou éteindre le système sans le moindre effort.

En utilisation

Commençons par les chiffres. Le processeur AMD Trinity mobile qui équipe ce MC101 se retrouve particulièrement adapté aux environnements difficiles épaulé il est vrai, par un bios prenant en charge les fonctions d’économies d’énergie Cool n Quiet mais également de throttling CPU.

Sous OCCT, la fréquence chute à 900Mhz

Mais qu’est-ce que le throttling justement ? Véritable peste noire des joueurs et des benchmakers, cette fonctionnalité consiste en effet à diminuer dynamiquement la fréquence du processeur afin que ce dernier ne dépasse pas le seuil de température critique pour lequel il a été conçu.

Si les joueurs peuvent désactiver cette fonctionnalité sur leurs machines de bureau bien ventilées, les possesseurs et futurs acquéreurs de ce MC101 auront tôt fait d’apprécier la valeur ajoutée de cette option d’autant plus qu’aucun logiciel de mesure de la température n’est livré en standard.

Les mesures relevées après 5 minutes de stress sous OCCT montrent que le processeur « stagne » à 72 degrés, une température encore acceptable avec une finesse de gravure en 32nm mais qui mettra le ventilateur intégré à rude épreuve. Il se fait d’ailleurs entendre progressivement tout au long des stress-tests, mais reste bien plus silencieux que tout ordinateur portable testé à ce jour (ultrabooks inclus).

Il en va hélas autrement pour le disque dur qui peine à justifier l’absence d’un SSD d’appoint alors même qu’un port mSATA est disponible : le débit moyen du Western Digital WD10JPVT est de 62,9 Mb/s pour un débit maximum de 110,4 Mb/s.

Si ces mesures ne sont pas une fin en soi (les tâches multimédia s’effectuant sans le moindre accroc) c’est surtout au niveau de la réactivité de l’ensemble notamment au démarrage de la machine que le manque de débit se fait sentir.

La solution idéale selon moi serait de remplacer tout simplement le disque dur par son homologue à mémoire solide tout en déportant le stockage sur un NAS ou un boîtier externe relié en USB 3.0 (autant en profiter non ?).

Conserver deux unités de stockage au sein de la machine est certes une option, mais compte tenu de l’espace limité au sein du MC101 autant laisser vacant un slot qui servira modestement à accentuer le flux d’air entre les différents composants.

En ce qui concerne l’expérience multimédia, Arctic vous laisse le choix des armes. Bien que le manuel utilisateur soit exclusivement réalisé à l’aide de Windows Media Center, rien ne vous empêche d’installer XBMC où tout autre solution logicielle afin de lire vos contenus multimédia en local ou en streaming via le réseau local ou internet.

L’antenne TNT livrée en standard ne nécessite pas de réglages particuliers et on apprécie son intégration simple dans Windows Media Center : les principales chaînes du bouquet TNT sont de bonne qualité et ne souffrent d’aucuns ralentissement même lors de sessions multi tâches avec par exemple une vidéo YouTube en 720p d’un côté et… La rédaction de ce test de l’autre. Merci à l’APU quad core.

Le chipset graphique 7660G ne fera pas de miracles en matière de divertissement vidéoludique, mais reste néanmoins capable de faire tourner convenablement des jeux « Triple A » d’il y 2 ou 3 ans en étant pas trop gourmand sur les effets graphiques.

À ce titre, des jeux tels que FIFA 12 ou encore Call Of Duty Modern Warfare 2 s’en sortent correctement en résolution 1080p.

L’histoire est quelque peu différente pour des moteurs gourmands tels que l’Unreal Engine, le Frostbite Engine ou le Cry Engine peu importe leurs versions : en mettant l’essentiel des curseurs au minimum sans toucher à la résolution, vous pouvez prétendre à une expérience de jeu correcte, tout juste au-dessus des 30 images par secondes sous Crysis 2 par exemple.

Dans ce cas de figure, le MC101 reste étonnamment silencieux tout en délivrant un niveau de performance bien au-dessus des chipsets graphiques Intel HD 3000 ou 4000.

Conclusion

Plus qu’un Media Center, le MC101 est un PC à part entière et même si ces composants sont tout droit issu du monde des PC portables, il n’aura pas de peine à remplacer pour une utilisation généraliste un PC de bureau à la configuration modeste pour un bruit inexistant et un volume plus que réduit. On apprécie particulièrement le fait que la machine soit immédiatement fonctionnelle grâce à son Tuner TNT notamment : pouvoir regarder les chaînes locales sans avoir à cesser toute activité productive représente une expérience de procrastination agréable.

Au chapitre des regrets, on notera l’absence de logiciels dédiés Arctic orientés multimédia à destination des utilisateurs qui font un premier pas vers une installation multimédia dans leur foyer. Le disque dur également aurait pu faire l’objet d’une plus grande attention et une option SSD serait la bienvenue.

Quoi qu’il en soit, nous sommes conquis à la rédaction non tant pour les performances de cette machine que pour le silence et la fiabilité de la solution proposée par les ingénieurs d’Arctic. Un bon produit en somme pour lequel il faudra tout de même débourser 742 euros TTC, un tarif qui le met hélas hors d’atteinte des bourses les plus modestes.