Culture G(eek) : Exposition Assassin’s Creed

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Par Pia le

Aujourd’hui, on va parler d’art sur le Journal du Geek. Mais attention, de l’art pour de vrai, hein. Avec des toiles, des signatures, et des prix à quatre chiffres ; ce qui est très peu pour de l’art, presque rien en vérité. Mais de l’art pour nous, les passionnés de technologie, d’univers imaginaires et de jeux vidéo… Et de l’art engagé, d’une certaine façon, pour la cause vidéo ludique et numérique.

Nous sommes dans une galerie parisienne sur l’Île Saint Louis, à Paris. Le quartier est chicissime. A l’intérieur, des étudiants en art, des touristes, des badauds, et surtout, des joueurs. Tous sont venus admirer l’exposition Assassin’s Creed qui ouvre aujourd’hui à la galerie Arludik et se tient jusqu’au 31 octobre. Une exposition d’art, et de jeu vidéo. Un concept plus si nouveau mais toujours bienvenu, surtout lorsqu’il est prétexte à se bouger !

Venezia_St Marco

// Plaisir coupable ?

Les travaux de recherche sur Assassin’s Creed Brotherhood, superbes, révèlent un pan de la vie secrète du jeu vidéo, derrière l’image en mouvement et la dimension ludique. Ces impressions numériques, signées de l’artiste comme des tableaux de maître, dessinent une Venise fantasmée, peuplée de créatures aussi sensuelles que dangereuses. J’en veux pour preuve cet Ezio esquissé, brossé, parfois abandonné puis finalement modélisé, témoin de la naissance artistique de l’œuvre. Ou encore ces paysages moites aux couleurs baroques et modernes, qui recréent une époque ancienne, plus fantastique qu’historique.
La touche sensible de la palette graphique a remplacé les coups de pinceaux, mais le talent ne s’efface pas derrière la technologie, bien au contraire. Derrière les œuvres, se posent des questions. Et on se demande si finalement, ces jeux qu’on consomme parfois machinalement ne seraient pas porteurs d’art. J’en suis intimement convaincue, mais je vous laisse le bénéfice du doute…

// La rédemption de l’assassin

Et puis surtout, toutes ces toiles numériques sont à vendre. Pour la bonne cause, bien entendu, on n’imaginait pas une grosse boite comme Ubisoft engranger les profits modestes de cette petite vente. Tous les bénéfices de cette exposition iront donc à une association et tant qu’à faire, autant jouer la carte de l’engagement. Qui mieux que les paladins un peu dingues de l’association MO5.Com pouvait recevoir le pécule ? Du fond de leur cave, il récupèrent, réparent et protègent tous les vestiges du patrimoine numérique, du clavier qui fait du bruit à la console depuis longtemps oubliée. Ces archivistes modernes sont la mémoire vivante de notre culture geek à nous.
Et en les soutenant publiquement, Ubisoft participe à crédibiliser le Jeu Vidéo en tant qu’expression artistique. Avec sa propre histoire, ses classiques… Pour un peu, il ne lui manquerait plus qu’un musée, mais ça c’est un autre débat.

// La main au Joystick

… Ou au fer à souder, si vous préférez. J’avais envie de profiter de cette chronique pour vous encourager à vous engager. A l’heure actuelle, il y a pléthore d’associations qui permettent de partager autours de sa passion. Tous les profils sont représentés, à vous de choisir celui qui vous correspond. Du côté de MO5.Com, on est plutôt rétro-gaming et barbecue. Si vous adorez la poussière, les gros pixels et les gentils nostalgeeks, foncez ! Si au contraire vous êtes définitivement tournés vers l’avenir, c’est la toute jeune association Loisirs Numériques qu’il vous faut. Au programme, mise en place d’une Journée Internationale du Jeu Vidéo et Granolas. Bien entendu, les plus indécis sont encouragés à ne pas choisir…