Culture G(eek) : Ichi, Kubrick et les robots…

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Par Pia le

Lire, échanger, se promener, réfléchir… Le cinéma ce n’est toujours s’enfermer dans une salle obscure. Cette semaine, le JdG vous propose trois actualités qui partagent toutes un lien avec le septième art. Un manga de yakuza qui a donné naissance à un film culte, une exposition sur les traces d’un des plus grands réalisateurs, et un cycle événement explorant de diverses façon une thématique chère aux cinéastes. Alors entre Ichi the Killer, Stanley Kubrick et un Monde de Machines, nul besoin de faire un choix pour tomber sur une œuvre culte…


//Ichi the Killer

Violence, sexe, gore… Ichi the Killer, écrit et dessiné à la fin des années 90 par Hideo Yamamoto, c’est le manga par lequel le scandale est arrivé. Ce thriller extrêmement choquant a été adapté au cinéma par le réalisateur culte et parfois décrié Takashi Miike, dans le film éponyme. Si l’insoutenable violence du film peut avoir mal vieilli, le trait élégant et ultra réaliste du manga glace le sang. Ça tombe bien, les éditions Tonkam publient ce mois-ci le récit dans son intégralité. Yamamoto (à qui l’on doit aussi l’excellent Homonculus, toujours aux éditions Tonkam) s’attache à dépeindre des créatures inhumaines, rejetées en marge de la société japonaise. Ce qui fascine et dérange le plus dans ses histoires, c’est que ces parias développent des caractéristiques humaines, ici le plaisir, à travers des pratiques inacceptables. Ichi le gamin psychotique tente de surmonter ses pulsions malsaines, alors qu’il est poursuivi sans le savoir par Kakihara, le mafieux au visage balafré qui ne reculera devant aucune exaction pour retrouver et punir celui qu’il soupçonne d’avoir tué son boss. S’ensuivent boucheries et entrevues toutes plus dérangeantes les unes que les autres.  Réservé à un public adulte et très averti, Ichi the Killer, plongée angoissante dans un tourbillon de violence gratuite, ne laissera personne indifférent.

Ichi the Killer vol.1, de Hideo Yamamoto, Tonkam, environ 8€.


 

//Stanley Kubrick, l’exposition

Les adaptations, ça le connait. Car Stanley Kubrick n’a jamais hésité à piocher dans la littérature pour y dénicher les histoires qui feraient les plus grands films. Arthur C. Clark (2001 l’Odyssée de l’Espace), Vladimir Nabokov (Lolita), ou même Stephen King (Shinning), autant d’auteurs d’horizons différents ont nourri son imagination. Son œuvre, extrêmement éclectique, va du péplum (Spartacus) au film noir (Eyes Wide Shut) en passant par le film de guerre (Full Metal Jacket). Sur près de 1000 m², cette exceptionnelle exposition itinérante, élaborée en 2004 avec le concours de sa femme Christiane Kubrick, parcours l’œuvre du maître à travers ses films. Dans chaque espace des deux étages qu’elle occupe à la Cinémathèque Française, les visiteurs découvrent scénarios, éléments de décors et accessoires, mais aussi des maquettes et des installations numériques qui permettent de mieux comprendre son travail de cinéaste à travers certains effets spéciaux par exemple. En complément, des conférences autours de son œuvre, mais aussi des projections de toutes ses œuvres connues ou inconnues et des documentaires dédiés sont programmés. Les aficionados pourront aussi se procurer l’énorme coffret de 19 DVD édité pour l’occasion par Warner Bros.

L’exposition Stanley Kubrick, du 23 mars au 31 juillet, à la Cinémathèque Française.

//Un Monde de Machines

Enfin, que serait le cinéma sans les machines. Ce sont d’abord elles qui lui ont permis de devenir un art. Il était donc juste que le Forum des Images lui rende hommage à travers un énorme cycle dédié aux machines. Durant deux mois, près de 150 films aborderont la thématique sous tous ses aspects et à travers tous les genres de films. Se suivent sans se ressembler des grands classiques du cinéma comme Les (Temps Modernes), des comédies en apparence innocente (Disjoncté), des actioners cultes (Terminator) en passant par de l’animation (Wallace et Gromit) et des classiques plus ardus (Metropolis, pas celui de Tezuka, hein, mais de Fritz Lang). La liste est si longue qu’elle donne le tournis, et par la même occasion une belle vision d’ensemble du sujet. Bien entendu, le cycle est accompagné d’événements comme des conférences, des tables rondes, des cours de cinéma, et même un hommage à l’auteur Philip K. Dick, si souvent source d’inspiration pour les cinéastes : si les films A Scanner Darkly et Minority Report, sont des adaptations fidèles de ses romans, des scénarios originaux comme Existenz ou Total Recall lui doivent beaucoup.

Cycle Un Monde de machines, au Forum des Images, du 2 mars au 22 mai 2011.