Tuerie de Toulouse : Laure Manaudou accuse les jeux vidéo

Par Caroline le

Comme dans toutes les fusillades, les jeux vidéo sont souvent pointés du doigt, et pris pour élément déclencheur d’un drame mortel. Laure Manaudou n’a d’ailleurs pas pu s’empêcher de renforcer le cliché en twittant « Supprimez ces jeux vidéo à la c… et ça ira déjà mieux ! » puis précise à travers un autre tweet qu’elle parle effectivement de la tuerie toulousaine « oui je fais référence à Toulouse.(…). ».

Anders Behring Breivik, auteur de la fusillade de l’alerte à la bombe en Norvège cet été, fut très vite reconnu comme un gamer, car la presse n’a pas cessé de répéter qu’il jouait à Bioshock 2, Fallout 3, ou encore World of Warcraft. Chose qu’il avait effectivement déclaré dans son son manifeste de 1 500 pages sur Internet. Le cliché de la violence liée au jeu vidéo « post-colombine » revient à la charge, alors qu’un meurtrier avait simplement énuméré les jeux qu’il aimait. Quel dommage…Si les jeux de shoot en TPS pourraient, à la limite, constituer une hypothèse presque plausible, on imagine mal l’homme serrer ses poings en pensant jeter le sort des arcades sur une foule…

Mais toujours est-il que les comportements hautement violents sont systématiquement associés à l’agressivité que l’on peut retrouver dans les jeux vidéo, et que notre nageuse a fièrement revendiqué ce parfait cliché sans réellement citer un genre vidéoludique spécifique. Ç’en est fatiguant, voire même lassant. Et pour tout vous avouer, je n’ai même pas eu l’envie de répondre à ce tweet qui représente une excellente preuve de réflexe irréfléchi ancré dans le cerveau de milliers de gens grâce aux médias…

En bref, voilà une nouvelle déclaration publique qui ne manque pas d’agacer les gamers, mais qui constitue aussi un témoignage d’un manque total de culture en matière de jeu vidéo. Laure Manaudou aurait sûrement du garder tout cela pour elle, puisqu’une foule de réponses sur Twitter sont venus lui causer du tort, rappelant que le jeu vidéo n’est pas forcément violent, mais que son but premier est de distraire, même si certains sont parfois brutaux. En espérant que ce cliché systématique disparaisse un jour, je préfère pointer du doigt les trafiquants d’armes qui ont permis au meurtrier de se fournir pour arriver à ses fins. Il y a une vingtaine d’années, les films d’actions auraient sûrement été pointés du doigt : à chaque époque ses démons, et le jeu vidéo sera celui des années 2000 pendant un bout de temps.

Pour terminer, Laure Manaudou n’a pas juste énervé la communauté des gamers avec une réflexion irréfléchie. Elle a également fermé de son propre chef toutes les portes de la publicité vidéoludique, dont nous ne cessons d’être les témoins de son essor.

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