Les joueurs ne voient pas plus loin que le bout de leur nez selon Bleszinski

Par Henri le

Cliff Bleszinski, l’ex-designer en chef de chez Epic Games n’a décidément pas sa langue dans sa poche. Après avoir défrayé la chronique avec ses déclarations en faveur de la fin de l’occasion, notre joyeux drille s’attaque cette fois-ci à la chaine de revente de jeu Gamestop.

Cliff revient, et il n'est pas content.
Cliff revient, et il n’est pas content.

Fini les déclarations dans les journaux, c’est désormais sur son blog que Cliff Bleszinski s’exprime. Pas impressionné par la fronde des internautes, ce dernier estime que « cette foule en colère ne peut pas voir plus loin que le bout de son nez, et analyser calmement la situation ». Il ajoute que les gamers n’arrivent pas à comprendre pourquoi Microsoft a voulu mettre en place un système qui limite le prêt et la revente.

Il met ensuite en avant sa propre expérience avec le jeu Gears of War sur lequel il a travaillé. Lors de la fête de lancement du jeu, Cliff est tombé nez à nez avec un prospectus de GameStop indiquant que l’enseigne reprenait déjà le jeu, et proposait même un bonus si les joueurs le revendaient avant une date précise. Il semble ne pas avoir apprécié.

« Alors que je rentrais juste de l’évènement, des gens ont commencé à m’envoyer des photos montrant les super dépliants du jeu, où l’on pouvait lire “Revendez le jeu avant le 6 novembre et bénéficiez d’un bonus d’argent !” »

L'affiche qui n'a pas plu à Cliff Bleszinski. Mais alors pas du tout...
L’affiche qui n’a pas plu à Cliff Bleszinski. Mais alors pas du tout…

Et là, c’est le drame :

« Enc**és (en s’adressant à Gamestop, évidemment). On a énormément travaillé pour que vous gardiez ce jeu dans votre console, mais ces pratiques ouvrent la porte à un cycle de revente instantané. Les gens disent : “Ouais, mais Gamestop aide plein de jeux en les mettant en avant !” Et bien je leur réponds en citant Chris Rock : C’est comme un oncle qui a payé pour tes études… mais qui a abusé de toi »

Des propos qui vont à l’encontre de la vision du capitalisme qu’il avait précédemment évoqué.

« Le capitalisme. Bien sûr. C’est un marché libre et ils ont le droit de faire ça. Je l’accepte. Mais quand je vois les studios fermer les uns après les autres, et certains titres échouer, je me dis que des choses doivent changer. Les voitures, les films et les jeux n’ont pas ce problème. En quoi les jeux sont-ils différents ? »

Bleszinski pense que les DLC vont se multiplier. Cela semble déjà être le cas...
Bleszinski pense que les DLC vont se multiplier. Cela semble déjà être le cas…

« Donc voilà ce qu’il va se passer maintenant que Microsoft a rejoint la politique de Sony (bien joué). Le basculement vers le digital va quand même se produire, mais ce sera plus lent et subtil. D’un coup, de plus en plus de DLC vont être “disponibles” »

Il pense d’ailleurs que le dématérialisé va devenir de plus en plus attirant pour les joueurs :

« On va voir apparaître de plus en plus de microtransactions. Les éditions digitales de nos jeux Day One seront (je l’espère) moins chères et proposeront des bonus si attractifs que les consommateurs auront du mal à refuser l’appel du dématérialisé par rapport au disque »

Il donne sa vision de ce que devrait être la revente de jeu. « Si je travaillais chez Microsoft, j’encouragerais les joueurs de manière POSITIVE à passer au digital. J’instaurerais également un système de revente de vos jeux qui vous permet de gagner plus d’argent, mais aussi de les revendre moins cher que Gamestop. »
Il propose ensuite une sorte de système similaire à Netflix pour le jeu vidéo, qui avantagerait les clients.

Lorsqu’il évoque le Xbox Reveal, l’intéressé déclare :

« Dans quelques années, on montrera la conférence de Microsoft à l’E3 comme un des pires cas d’école. Je dois admettre que le coup de la vérification online toutes les 24 heures était vraiment stupide. »

Après ce coup de canif à son ancien employeur, Cliff Bleszinski se lance dans un éloge de Steam, la célèbre plateforme de ventes de jeux dématérialisés.

« Les clients sentent quand on les traite comme des enfants, quand on regarde par-dessus leur épaule pour essayer de les attraper la main dans le sac. C’est ce qui est génial avec Steam. Le système ne vous FORCE pas à être en ligne. L’écosystème de Steam est si brillant, avec sa communauté, ses soldes, ses jeux indépendants, que VOUS avez envie de vous connecter. »

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Il conclut assez magistralement, et achève le marché des consoles :

Dans un futur proche, je dépenserais mon argent dans le PC, le mobile et les tablettes. J’ai vagabondé dans cet E3, en regardant un paquet de jeux fantastiques, en hochant la tête, et en me demandant combien d’entre eux étaient voués à l’échec. Parce que oui, il se sera vendu à 4 millions d’exemplaires, mais il aura coûté si cher qu’au final, ça n’aura servi à rien.

Merci, Mr Bleszinski !

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