[Surprise ! bis repetita] La NSA espionne aussi la diplomatie française

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Par Pierre le

Hier, Le Monde révélait comment la NSA avait espionné les citoyens français, documents fournis par Snowden à l’appui. Aujourd’hui, le journal fait d’autres révélations et explique comment l’agence américaine a espionné la diplomatie française aux États-Unis.

The Fourth Protocol / le 4eme protocole (1987) uk

Le Monde dévoile ainsi un document interne à la NSA, classé Top Secret et daté du 10 septembre 2010, qui met au jour l’espionnage des ambassades françaises par le service américain. Il y a d’abord le programme Blackfoot, qui consiste à espionner l’ambassade de France à l’ONU. Le programme Wabash, lui, est chargé de surveiller l’ambassade de France à Washington.

Ces opérations ont consisté à placer des mouchards dans les ordinateurs de la diplomatie française. Ainsi, les agents de la NSA ont pu consulter les écrans des officiels français, mais aussi capter leurs communications et entendre ce qui se disait dans les bureaux feutrées des ambassades.

Un espionnage faisant partie d’un programme plus global : Génie. Génie ne visait pas uniquement la France, puisque plusieurs pays européens, dont la Grande-Bretagne et l’Allemagne, ont également subi les oreilles indiscrètes de la NSA. Ainsi, en 2011, 652 millions de dollars ont été accordés au programme d’espionnage, qui a scruté des dizaines de millions d’ordinateurs à travers le monde. Un budget colossal pour un programme qui ne l’est pas moins.

Parallèlement à cela, les réactions françaises ne se sont pas faites attendre suite aux révélations d’hier. François Hollande a ainsi appelé Barack Obama, évoquant une profonde désapprobation quant à l’espionnage d’un pays allié et ami. Obama aurait simplement répondu que ces révélations ne faisaient que déformer le travail accompli par la NSA. Jean-Marc Ayrault a lui aussi fait part de sa déception, se disant “profondément choqué“.

Laurent Fabius, ministre des Affaires Etrangères, a convoqué hier l’ambassadeur américain à Paris pour obtenir des explications. Il a lui aussi affirmé son dégoût concernant de telles pratiques et a demandé à l’ambassadeur l’assurance qu’elles n’étaient plus en cours à l’heure actuelle.

Pendant ce temps, aux États-Unis, le Washington Post ironise sur la réaction des Français. Le journal estime que tous les pays disposent de leur programme de surveillance, même la France. Le journal indique tout de même que cela n’excuse pas l’espionnage entre pays alliés.

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