Facebook scanne t-il les messages privés ?

Général

Par Elodie le

Facebook épisode 32. Le réseau social est attaqué car il se servirait de certaines données postées dans les messages privés pour les partager à des annonceurs.

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Ce n’est désormais un secret pour personne que Facebook scrute like, post et commentaires afin de servir cela sur un plateau à des annonceurs non sans leur avoir fournis quelques données personnelles (âge, localisation, sexe, loisirs, etc.) concernant ses membres afin de délivrer un produit pertinent.

Pourtant, une partie encore non exploitée de Facebook semblait préservée : la messagerie privée. Aujourd’hui, deux membres de Facebook, Matthew Campbell et Michael Hurley, considèrent que le réseau social viole la législation sur la correspondance privée en prélevant une partie du contenu de ces messages pour les transmettre à des annonceurs à des fins de profilage publicitaire.

Quelle donnée, comment et pourquoi ? Dans leur plainte – ils ont déposé un recours en nom collectif contre Facebook – constituée en Californie, les plaignants accusent la firme de Menlo Park de scanner les URL présents dans les messages privés afin de transmettre cette information à des régies publicitaires. Là où le bât blesse, c’est que Facebook laisse suggérer que cet espace – et donc ce type de message –  est préservé de son appétit. Selon Campbell et Hurley,

lorsque qu’un utilisateur « écrit un message auquel il ajoute un lien vers un site internet (URL), la société analyse le contenu du message, le lien internet et recherche des informations qui permettent de dresser un profil de l’activité en ligne  de la personne qui a écrit le message »

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Comme le souligne génération-nt, cette technique rappelle celle employée par Google pour scanner les messages dans Gmail afin de proposer des publicités ciblées en lien avec certains mots-clés présents dans le corps du mail. Google s’étant toujours défendu d’intrusion dans la vie privée de ses membres en arguant que c’est un algorithme qui procède ainsi et non un ou plusieurs employés de la firme. Ainsi, toute vie privée et correspondance seraient protégées. Cela n’a pas empêché l’Espagne de condamner Google à 900 000€ d’amendes pour violation de la vie privée.

Qu’en sera-t-il pour Facebook ?

Pour l’avocat des plaignants, cette boulimie dont la firme fait preuve à l’égard des données de ses utilisateurs est « un moyen pour Facebook de récupérer en douce des données avec la volonté d’améliorer ses algorithmes pour le marketing et d’accroître sa capacité à tirer profit des données des utilisateurs de Facebook. » En France, la loi régissant la correspondance privée et le monde numérique prévoit que le fait « d’intercepter, d’utiliser, de divulguer les correspondances émises, transmises ou reçues par la voie des télécommunications, de procéder à l’installation d’appareils conçus pour réaliser de telles interceptions » est puni d’un an d’emprisonnement et de 45 000 euros d’amende.

La suite au prochain épisode, dans lequel on vous expliquera comment Facebook lit les post et commentaires… que vous ne publiez pas !