JO Sotchi, l’envers du décors tweeté par les journalistes

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Par Elodie le

Les Jeux Olympiques de Sotchi débutent demain, vendredi 7 février, délégations nationales et journalistes accrédités débarquent en masse dans la station balnéaire et découvrent les structures construites spécialement pour les accueillir. Dégâts des eaux, boues, eau impropre à la consommation, insecte découvert dans la nourriture et moult surprises sont au programme. Welcome !

JO_Sotchi_hotel_journalistes
« Quand te reverrais-je, pays merveilleux !!! »

Ils n’ont pas encore commencé et ils font déjà beaucoup parler d’eux : coût pharaonique de 37 milliards d’euros (coût total des travaux) soit la somme de tous les JO d’hiver précédents, désastre écologique (construction d’un aéroport, expropriations – 1500 familles expulsées d’après Greenpeace, parfois forcées et sans compensation, des kilomètres de routes, ponts, tunnels, voies ferrées, gares), soupçons de corruption, menaces d’attentats pendant les Jeux de la part des islamistes du Caucase, loi « anti-gay », etc. Avec de tel coûts et moyens mis en œuvre, on pourrait penser que les infrastructures sont en état de marche et prêtes à recevoir les hôtes du monde entier.

Le problème avec les travaux, c’est qu’on sait quand ils commencent, jamais quand ils se terminent. À Sotchi, pour diverses raisons, les travaux ont pris du retard, certains hôtels n’ont pas été terminés à temps ou alors à la va vite. Contrairement aux athlètes qui ont découvert leur magnifique village olympique, dans l’espace réservé aux médias, la « mountain area », seuls 6 hôtels sont prêts sur les 9 prévus et les galères pour les reporters cherchant à se loger commencent. Les témoignages, photos à l’appui, des journalistes ayant eu la chance de prendre leurs quartiers n’ont pas tardé à inonder la toile et Twitter en particulier.

Le Washington Post a compilé une série de tweets de journalistes anglo-saxons faisant part de leur expérience hôtelière « hilarante et dégoûtante ».

Comme le rapporte Big Browser, France Info a également interrogé plusieurs journalistes pour qu’ils fassent part de leur expérience surprenante :

On est allé visiter tout un tas d’hôtels. Les parties communes n’étaient pas finies, il y avait de la boue dans les couloirs, les lits n’étaient pas installés, il n’y avait pas de lavabo. On n’arrêtait pas de nous dire « ne vous inquiétez pas, tout sera terminé dans deux jours », et puis finalement c’était repoussé. Les hôtels ont plus de trois semaines de retard et à ce jour, on n’arrête pas de déménager d’un hôtel à l’autre.
Il y a un peu des fuites partout dans le restaurant. Et dans les étages, il y a des fils qui pendouillent partout. Y a pas la télé, pas le téléphone, pas le Wifi, quand on se douche le matin on a de l’eau marron qui coule pendant cinq minutes. C’est le bonheur !

Ces Jeux doivent parachever le retour de Poutine sur la scène internationale et réenchanter la mère Russie, tout est quadrillé depuis des mois, les manifestations non liées aux JO sont interdites depuis le 7 janvier et ce, jusqu’au 21 mars (soit un mois avant et après les Jeux), les libérations opportunes de prisonniers politique (Pussy riots et Mikhaïl Khodorkovski), la sécurité aux mains des services russes (qui ont refusé la proposition d’aide des États-Unis), etc.

Gare à ceux qui seront tenus responsables de l’image catastrophique donnée par ces retards incommodants. Le dernier a avoir été tenu responsable, Magomed Bilanov, a depuis perdu ses soutiens politique et est sous le coup d’une enquête criminelle pour abus de pouvoir.

Les mauvaises langues diront que ces premières déconvenues concernant les installations prévues pour les journalistes sont peut-être à l’image de l’amour que leur porte le régime et leur Président…

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