Dans son usine de Vernon, en Normandie, MaiaSpace assemble actuellement ce qui ressemble à une réponse européenne à Falcon 9… mais en plus compact. La jeune pousse française, filiale d’ArianeGroup, travaille depuis un peu plus de trois ans sur un mini-lanceur réutilisable capable de faire revenir son premier étage après le lancement. Oui, exactement comme les fusées d’Elon Musk.
L’Europe tente de rattraper plusieurs années de retard
Sauf qu’en Europe, cette technologie n’existe toujours pas. MaiaSpace espère donc devenir le premier acteur du continent à réussir ce tour de force. Le premier vol de la fusée est prévu début 2027, et plusieurs contrats commerciaux auraient déjà été signés pour les années suivantes. Le premier étage du lanceur mesure environ trente mètres de long. C’est cette énorme partie inférieure qui devra revenir sur Terre pour être réutilisée plusieurs fois. MaiaSpace estime pouvoir l’employer au moins quatre fois, ce qui permettrait de réduire fortement les coûts de lancement.
Parce que c’est bien là le nerf de la guerre : envoyer des satellites dans l’espace coûte cher. Très cher. Et SpaceX a complètement rebattu les cartes en montrant qu’une fusée capable de voler à nouveau pouvait casser les prix.
Le marché visé par MaiaSpace est celui des petits satellites, un secteur en pleine croissance. Observation de la Terre, télécommunications, usages militaires : les besoins explosent, et les industriels cherchent désormais des lanceurs plus petits, plus rapides à produire et surtout moins coûteux. La future fusée de MaiaSpace pourra envoyer jusqu’à quatre tonnes de charge utile en orbite basse. Ce n’est évidemment pas le gabarit d’Ariane 6, mais ce n’est pas le but non plus.
L’entreprise française veut surtout coller à la nouvelle logique du spatial moderne : multiplier les lancements et réduire les coûts au maximum. Une approche popularisée par SpaceX depuis 2015, lorsque l’entreprise américaine a commencé à faire atterrir ses premiers étages de Falcon 9 de manière régulière.
Depuis, le secteur spatial a changé de visage. Là où les agences gouvernementales dominaient autrefois le marché, les entreprises privées ont pris une place énorme. Yohann Leroy, directeur général de MaiaSpace, reconnaît d’ailleurs que l’Europe s’est un peu endormie sur la question. « L’Europe n’a pas cru aux bénéfices économiques liés à la récupération et à la réutilisation des lanceurs », explique-t-il à Euronews.
SpaceX impose aujourd’hui ses prix, son rythme de lancement et ses standards industriels. Résultat : l’Europe cherche désormais à accélérer. MaiaSpace ne compte pas remplacer Ariane 6. L’idée est plutôt de compléter l’offre européenne avec un lanceur plus agile, capable de répondre rapidement aux besoins des opérateurs de satellites.
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