Snapchat accusé d’avoir trompé ses utilisateurs

culture geek

Par Elodie le

Snapchat aurait omis de préciser – entre autres joyeusetés – que l’autodestruction des messages partagés entre ses membres n’était pas si systématique et définitive que ça. Problème : le service fonctionne sur cette particularité.

Snapchat_FTC_accuse_utilisateurs

Votre message s’autodétruira dans 10 secondes. Ou pas. Snapchat est une application de messagerie éphémère prisée des adolescents – l’application a d’ailleurs détrôné Facebook dans le cœur des ados US – qui s’envoient des snaps, c’est-à-dire photos (mais également vidéos, messages) humoristiques, coquins, duck face et autres délires, avec cette spécificité que l’image n’est visible que dans un laps de temps défini, après quoi elle disparaît dans les limbes virtuelles des Internets.
Enfin, c’est ce que pensait la grande majorité, si ce n’est l’ensemble des utilisateurs de Snapchat. On ne peut pas leurs en vouloir puisque la firme communique justement sur cette spécificité.

Néanmoins, il s’avère que ce n’est pas tout à fait exact. En effet, ces messages éphémères donc se retrouvent archivés dans la mémoire du smartphone. Avec diverses applications, il est possible de conserver ces snaps indéfiniment… De même, les possesseurs d’un iPhone* peuvent effectuer une capture d’écran et ainsi stocker ces snaps. Chose que s’est bien gardé de préciser Snapchat à ses utilisateurs. La Federal Trade Commission (FTC), le gendarme américain de la concurrence, accuse ainsi Snapchat d’avoir trompé ses membres.

Mais ce n’est pas tout, la FTC estime que la firme néglige la confidentialité et la sécurité des données partagées sur son réseau.
Snapchat se voit ainsi incriminé par l’autorité de la concurrence pour avoir collecté – sans les en avertir – les contacts de ses membres détenteurs un iPhone, iPad ou iPod et ce jusqu’au iOS6.

La compagnie est pointée du doigt concernant le laxisme sécuritaire de son application : les failles dans la fonction « Find a Friend » ont conduit à l’envoi inopiné de nombre de photos à des inconnus. En effet, Snapchat aurait manipulé les numéros de téléphones de ses membres détenteurs d’un périphérique Apple en fouillant dans leur carnet d’adresse pour récupérer les contacts de leurs amis.
Failles qui ont notamment permis la fuite sur sa base de données de près de 4,6 millions d’identifiants et numéros de téléphone… alors même que Snapchat avait été prévenu par deux fois de ces failles de sécurité.

snapchat_sécurité_confidentialité

“Si une entreprise vend un service basé sur la sécurité et la confidentialité, c’est crucial qu’elle tienne ses promesses” a tenu à affirmer la présidente de la FTC, Edith Ramirez dans un communiqué.

Snapchat se retrouve donc sous le contrôle étroit de l’Autorité de la concurrence qui a annoncé que la société devra non seulement revoir ses règles en matière de politique de confidentialité et de sécurité mais également être surveillée par la FTC sur une période de 20 ans !

En termes de mea culpa, Snapchat a publié sur son blog :

Alors que nous étions concentrés à nous construire, certaines choses n’ont pas reçu l’attention qu’elles auraient dû. Parmi celles-ci, il aurait fallu être plus précis sur la façon dont nous avons communiqué avec la communauté Snapchat. Même avant que le consentement du décret [de la FTC] qui a été annoncé aujourd’hui, nous avions résolu la plupart de ces préoccupations au cours de la dernière année par l’amélioration de la formulation de notre politique de confidentialité.

L’entreprise qui a refusé de se faire avaler par le mastodonte Facebook a décidément bien des points communs avec lui. Ironie du sort, à leurs débuts, Twitter et Facebook ont également eu maille à partir avec la FTC qui leurs avait infligé la même condamnation. Bienvenue dans la cour des grands !

*Selon le Time, dans sa plainte, la FTC dénonce le fait que certains utilisateurs d’Iphone peuvent effectuer des capture d’écran des snaps sans en prévenir l’expéditeur.
Par ailleurs, Snapchat aurait également tracké les données de géolocalisation de ses utilisateurs sous Android, ce qui constitue une violation de sa politique de confidentialité.

Source: Source