#IceBucketChallenge, un seau à 22,9 millions de dollars

Sur le web

Par Elodie le

#IceBucketChallenge, est devenu un phénomène viral en quelques semaines, faisant exploser les stats en tout genre se démarquant ainsi des challenges précédents. Quelle est la recette d’un tel succès ?

icechanllengebucket_mark_zuckerberg
Challenge Facebook by Facebook

« Avons-nous imaginé qu’on pouvait atteindre un tel niveau de dons ? se demande Nancy Frates, la mère de l’ancien sportif à l’origine du phénomène, interrogée le New York Times, Oui, dans nos rêves ».
Mardi, l’association ALS, quant à elle, faisait part de « l’incroyable afflux de soutien ».

« nNous devons bien étudier la façon dont nous allons dépenser cet argent pour que dans 10 ou 20 ans, les gens voient que le Ice Bucket Challenge a été un tournant pour la maladie », a déclaré la présidente de l’ALS, Barbara Newhouse.

1,2 millions de vidéos ont été postées sur Facebook entre le 1er juillet et le 13 août, #IceBucketChallenge a été mentionné 2,2 millions de fois sur Twitter depuis le 29 juillet et au 17 août, la fondation ALS a reçu plus de 22,9 millions de dollars de dons, quand elle n’en avait reçu que 1,9 million à la même période l’année dernière (entre le 29 juillet et le 19 août). Par ailleurs, l’association a enregistré 260 000 nouveaux donateurs selon le New York Times.

Sans être un accro des réseaux sociaux, il est peu probable que vous soyez passé à côté du dernier phénomène à la mode sur Facebook : Ice Bucket Challenge. Sauf qu’ici, les nominés s’appellent Bill Gates, LeBron James, Neymar, John Travolta, Steven Spielberg ou Mark Zuckerberg et Barack Obama (qui a décliné, fonction oblige, mais a promis d’effectuer un don) et qu’au lieu de se jeter à l’eau ou se noyer dans un verre d’alcool pour éviter de s’acquitter d’un restaurant, le défi consiste à se (faire) renverser un seau d’eau glacée sur la tête, mettre le tout en ligne en défiant trois personnes.

icebucketchallenge_jimmy_fallon
Jimmy Fallon relève le défi avec les invités de son émission

Rafraîchissant en cette période estivale, mais surtout caritatif. En effet, les personnes ne relevant pas le défi devront payer une obole de 100$ à l’ALS (Amyotrophic Lateral Sclerosis), fondation qui lutte contre la sclérose latérale amyotrophique. Cette maladie, également appelée maladie de Charcot, est une maladie neurodégénérative qui engendre la mort des neurones moteurs nécessaires au contrôle des muscles dits volontaires.

Ce succès peut s’expliquer par l’intérêt même du challenge (non, pas se couvrir d’eau glacée), en l’occurrence mettre en lumière une maladie peu connue du public et lui apporter un soutien médiatique et financier important. Une cause qui change des challenges précédents, dangereux si ce n’est complètement stupides. Ici, Internet se révèle être un formidable outils d’appel aux dons.

Cette viralité fulgurante est à chercher du côté des personnes mises au défi : célébrités, sportifs, chanteurs, acteurs, chefs d’entreprise, animateurs télé, etc., dont Ben Stiller, Jimmy Fallon, Justin Timberlake, Lady Gaga, Charlie Sheen, Zoé Saldana (Avatar), Oprah Winfrey, George W. Bush, Ben ‘Bat’ Affleck et bien d’autres. Certaines ont même fait les choses en grand, à l’image de Dave Grohl (chanteur des Foo Fighters, ex-batteur de Nirvana) et dans un remake de Carrie au Bal du Diable de Brian De Palma.

Un challenge au succès phénoménal donc, conséquence des célébrités qui y prennent part. Et comme « charité bien ordonnée commence par soi-même », un peu de publicité gratuite et pour la bonne cause, ça vous redore une image en moins de temps qu’il n’en faut pour se renverser un seau d’eau glacée sur le crâne. Ne leur jetons pas la première pierre, pour une fois qu’un défi Facebook prend de l’ampleur pour une bonne raison et permet à une association de se faire connaitre au delà de ses propres frontières…

Un avis que ne partage pas la sociologue Jen Schradie, doctorante à l’université de Berkeley, en Californie, qui estime que « C’est une façon très égocentrique de promouvoir ce qu’il y a déjà de narcissique dans les médias sociaux » dans une déclaration à l’AFP .

Pour elle, cette viralité s’est faite « car il mélange célébrités, simplicité et jeu mais je doute que la plupart des participants sachent ce qu’est l’ALS. C’est le problème avec le militantisme du « click », il n’aide pas à comprendre en profondeur une cause ».

Pourtant, rien ne destinait ce challenge à sortir de l’ombre à ce point. Alors qu’une campagne de sensibilisation est lancée par l’ALS, Peter Frates, ancien joueur de championnat universitaire de Baseball atteint de la maladie, décide de relever le sien et s’auto-nomine. Paralysé, il décide tout de même de publier une vidéo sur Facebook dans laquelle résonne le tube de Vanilla Ice, Ice Ice Baby, et où il nomine plusieurs célébrités dans son post, dont le célèbre joueur de football des Patriots, Tom Brady quarterback de l’équipe (devenu d’autant plus célèbre depuis qu’il est marié avec la sculpturale Gisèle Bundchen).

Le joueur répond au défi en y mêlant toute son équipe. Le phénomène est lancé.

Mais c’est véritablement lorsque Mark Zuckerberg, big boss de Facebook, nominé à son tour par le gouverneur du New Jersey Chris Christie (avec Jimmy Fallon, animateur star aux États-Unis), réalisera le défi à la mi-août (le 14) que le challenge prendra une toute autre ampleur. Parmi ses nominés ? Bill Gates. La suite est désormais connue. Un succès viral sans précédent.

Pour le moment, le phénomène a l’air de se cantonner aux frontières américaines même si la Nouvelle Zélande et le Royaume-Uni semblent peu à peu touchés. En France, #IceBucketChallenge reste encore confidentiel et l’apanage de quelques people dont Nikos Aliagas (mis au défi par Eva Longoria) et Johnny Hallyday (résident à Los Angeles 6 mois par an).

Bien entendu, même si ces célébrités relèvent le défi, la plupart ont précisé qu’elles comptaient évidemment contribuer aux dons envoyés à l’ALS. Charlie Sheen quant à lui, a préféré rester sec et signer un chèque de 10 000 $.

Tout est bien qui finit bien.

Source: Source