La DEA espionne des millions de conducteurs américains

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Par Elodie le

Le Département de la Justice américain a développé un programme secret de collecte de renseignements permettant à la DEA (Drug Enforcement Administration) d’espionner des millions de véhicule à travers le pays, et ce, afin de constituer une base de données pistant leurs déplacements sur tout le territoire.

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Depuis des années, 2008, ce programme secret mis en place scanne et répertorie l’ensemble des plaques d’immatriculation des véhicules en circulation grâce à des lecteurs de plaques disséminés un peu partout sur le territoire des États-Unis, selon les informations du Wall Street Journal.

Une information confirmée par un porte-parole du Département de la Justice qui concède que le programme n’est « pas nouveau » et a déjà été utilisé dans des opérations de lutte contre les cartels de la drogue notamment (saisies d’actifs, d’argent, de voitures). Il serait désormais utilisé pour résoudre d’autres affaires criminelles tels que les homicides, les viols ou encore les kidnappings. Ce qui a permis aux autorités d’étendre la surveillance des véhicules à des personnes liées à d’autres crimes potentiels, toujours selon le WSJ.

C’est l’ACLU (American Civil Liberties Union), association de défenses des libertés civiles, qui a obtenu ces informations par le biais du Freedom of Information Act (loi pour la liberté d’information) qui oblige les agences fédérales américaines à fournir tous documents sur simple demande, qu’importe la nationalité du requérant.

Ce qui devait être au départ un programme de surveillance des mouvements de véhicules à la frontière mexicaine dans le but de stopper, du moins freiner, les arrivées de drogues aux États-Unis, a finalement été étendu à tout le pays, et doit cibler les routes « couramment utilisés pour le transport de contrebande ». Ce qui peut faire beaucoup… Avec les données collectées, les autorités peuvent déterminer les habitudes de déplacement des personnes qu’elles surveillent.

Depuis 2008, la DEA a collecté 343 millions de plaques, les données non pertinentes sont conservées 6 mois. Des révélations qui ne manquent pas de poser des questions évidentes de vie privée, les véhicules pouvant être suivis en temps réel, d’autant que les données collectées sont consultables par d’autres agences fédérales qui ont-elles-mêmes leurs propres données (métadonnées téléphoniques, habitudes d’achats, enregistrements, etc.).

Pour Jay Stanley, analyste à l’ACLU, « il est inadmissible qu’une technologie avec un tel potentiel puisse être déployée dans le plus grand secret. Les gens peuvent être en désaccord avec la manière exacte dont nous devrions utiliser ces puissantes technologies de surveillance, mais cela devrait être décidé démocratiquement, cela ne devrait pas être fait dans le secret. »

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