Google, Amazon et Microsoft payent pour contourner AdBlock Plus

Business

Par Elodie le

Adblock Plus est le cauchemar des marques, annonceurs et éditeurs de presse. Alors parmi eux, certains géants du web n’ont pas hésité à passer à la caisse pour contourner le problème, selon les informations du Financial Times.

Google_amazon_microsoft_paying_get_around_adblock_Plus

Installée, l’extension Adblock Plus bloque l’ensemble des publicités présentent sur la page web que vous visitez. La paix pour l’internaute, un cauchemar éveillé pour les annonceurs. Oui, mais.
Le Financial Times nous apprend que plusieurs sociétés du web ont payé leur droit d’entrée afin de contourner AdBlock Plus. Comme Bing (le moteur de recherche de Microsoft) et Taboola qui recommande des liens sponsorisés.

Cela résulte d’une entente entre l’éditeur d’Adblock Plus, la société Eyeo, et les annonceurs. En effet, dans sa bonne grâce, Adblock Plus propose une solution pour figurer sur sa whitelist, autrement dit, une liste regroupant les annonceurs et marques qui auront droit de cité, même avec l’extension Adblock Plus active.
Le montant acquitté n’est pas précisé, mais il est gratuit pour les petites entreprises. Pour autant, il ne suffit pas de s’acquitter de son ticket d’entrée pour figurer sur cette whitelist, il faut également respecter un ensemble de critères, le programme de « publicité acceptable » : publicité clairement identifiée comme telle, statique (pas de son ou d’animation) et qui n’interfère pas avec le contenu notamment. Avec AdBlock Plus 2.0, la whitelist est laissée à l’appréciation de l’internaute qui peut l’accepter ou non. En l’occurrence, la fonctionnalité est activée par défaut.

Adblock-Plus-google_amazon_microsoft

Google a développé un projet similaire avec Contributor. Ce dernier propose aux internautes de payer un certain montant qui sera reversé aux éditeurs partenaires, ces derniers s’engagent en contrepartie à ne pas diffuser de publicités aux internautes ayant souscrit à ce service payant.
Mais alors, si toutes les entreprises en ayant l’envie et les moyens paient Eyeo, ne risque-t-on pas de se retrouver avec un Internet truffé de « publicités acceptables » alors même qu’il devrait être sans aucunes publicités ? Pour Adblock, il s’agit surtout d’amener les annonceurs à “éditer de meilleures publictés. »

En Allemagne, certains médias qualifient cette pratique « d’extorsion » et les éditeurs de presse attaquent la société éditrice d’Adblock Plus en justice.
Quant à la France, les éditeurs ne sont pas en reste. Le Geste, qui réunit les éditeurs de contenus et services en ligne et les annonceurs, dénonce cette extension qui pourrait signifier leur fin prochaine. La publicité constitue une grosse part, si ce n’est la majorité, de leurs revenus, surtout pour les indépendants.

Woody-Harrelson

Au 4 décembre, Corinne Denis, la présidente du Geste, expliquait cependant que « le GESTE [poursuivait] ses consultations juridiques sur le sujet » et qu’aucune action n’était décidée à ce jour, tout en attendant « les conclusions d’un cabinet d’avocats indépendant sur le sujet […] étape essentielle pour apprécier en connaissance de cause l’opportunité d’engager une éventuelle procédure contentieuse ».

La volonté d’Adblock Plus de s’attaquer aux « native advertising » ne va pas simplifier les choses.

Source: Source