Adblock Plus et autres « adblockeurs » dans le viseur des éditeurs français

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Par Elodie le

Sus aux publicités ! Oui, mais non. Les éditeurs français partent en guerre contre ce petit logiciel qui sauve la vie de moult internautes mais plombent les finances des éditeurs français pour qui c’est une question de survie.

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À l’image de l’Allemagne, le Geste, qui réunit les éditeurs et annonceurs français, monte au créneau et envisage le dépôt d’une plainte contre Adblock Plus et l’ensemble des ablockeurs selon les Echos. Ces derniers ont pour fonction première est de bloquer les publicités en ligne, selon un rapport de PageFair et Adobe. Le Geste évalue la baisse d’audience des internautes exposés à la publicité entre 20 et 40%.

Cependant la tâche s’annonce rude tant ces services sont plébiscités par les internautes, 144 millions d’utilisateurs dans le monde, et 5 millions en France, un chiffre qui serait en constance évolution.
Une situation qui inquiète les éditeurs et annonceurs français dont c’est la principale si ce n’est l’unique source de revenus (pour les indépendants). Un avenir qui s’assombrit pour eux si rien n’est entrepris. Il n’est d’ailleurs pas rare que ces sites publient un message lorsqu’ils détectent un internaute possédant ce type de bloqueur afin de lui expliquer que la publicité est vitale à sa survie et garant de l’indépendance et de la qualité de ses écrits. Suffisant pour convaincre ?

Le déséquilibre des forces est criant face au géant Adblock ou d’autres bloqueurs soutenues par des entreprises florissantes, allié au peu de considération des internautes pour le malheur des éditeurs et annonceurs lorsqu’il s’agit de publicité.

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exemple de message diffusé par les sites aux internautes pourvus d’AdBlock

Une situation inéquitable et des méthodes contestées par les éditeurs, ils accusent les adblockeurs d’inoculer le virus et de fournir un placebo. Une ambivalence qui s’illustre jusque dans leur modèle économique, comme en Allemagne notamment avec Eyeo, attaqué en justice cet été pour non-respect des lois de la concurrence.

En effet, afin de monétiser ses services, cette société, qui édite Adblock Plus, propose aux éditeurs de les retirer de leur black list en débloquant leur publicités contre rémunération et ce, à la seule condition qu’ils respectent un programme de « publicité acceptable »… par Adblock Plus : publicités identifiées comme telles, statiques (c’est-à-dire sans animation ou son) et qui n’interfèrent pas avec le contenu.

Des pratiques que certains médias n’hésitent pas à assimiler à de l’extorsion. Motif de la plainte en Allemagne, comme précisé par Les Échos. Une décision que ne comprend pas Adblock Plus.

Par la voix de son porte-parole, la compagnie plaide sa cause et estime être « l’un des seuls bloqueurs à proposer une solution concrète pour les éditeurs. C’est un compromis qui a le mérite d’exister et nous sommes toujours ouvert au dialogue ».

Un dialogue qui risque de s’envenimer un peu plus puisque, non content de s’attaquer à la publicité en ligne, Adblock songe désormais s’attaquer à la « native advertising », sorte de « publi-reportage » intégré au milieu de contenus purement éditorial.

Le combat s’annonce long, les sociétés de la high-tech ont repéré le filon et chacun y va de sa solution : Google notamment, avec Contributor, service payant pour les internautes. Google s’engage ensuite à reverser cette contribution aux éditeurs partenaires qui s’engagent, en contrepartie, à ne pas diffuser de publicités aux internautes ayant versés leur obole.

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