La Maison Blanche refuse la grâce présidentielle à Edward Snowden

culture geek

Par Elodie le

La Maison Blanche oppose une fin de non-recevoir à toute demande de grâce présidentielle pour Edward Snowden, à l’origine des fuites sur le système de surveillance tentaculaire de la NSA (National Security Agency).

grâce_présidentielle_snowden_maison_blanche

Plus de 167 000 signataires réclamaient la grâce présidentielle sans condition pour Edward Snowden, dans une pétition lancée dès le 9 juin 2013 sur la plateforme officielle de l’administration américaine, We, the people, soit quelques jours à peine après la publication des premiers articles faisant état de l’ampleur de la surveillance opérée par les États-Unis sur ses propres citoyens et ceux du monde entier, puissants ou anonymes.

« Edward Snowden est un héros national et il doit immédiatement bénéficier d’une pleine et absolue grâce pour tous les crimes qu’il a commis ou pu commettre en lien avec les fuites sur les programmes de surveillance secrets de la NSA », précise la pétition

Las. C’est non. Dans sa réponse, Lisa Monaco, la conseillère à la sécurité intérieure et au contre-terrorisme auprès de la présidence des États-Unis, salue les efforts de réforme entrepris par Barack Obama pour concilier libertés civiles et sécurité nationale, sans mentionner que ces « réformes récentes du Renseignement » sont le fruit de débats nés des révélations d’Edward Snowden.

Elle précise au contraire qu’« au lieu d’aborder ces questions de manière constructive, la décision dangereuse de Monsieur Snowden de voler et divulguer des informations classifiées a eu de graves conséquences pour la sécurité des États-Unis et des gens qui travaillent jour après jour pour le protéger. » Accusations sans cesse formulées par les autorités américaines sans jamais avancer le début d’une preuve ou un événement précis permettant d’étayer ce propos.

Elle estime qu’Edward Snowden « devrait rentrer aux États-Unis, pour y être jugé par ses pairs et non pas se cacher derrière un régime autoritaire. Pour l’heure, il fuit les conséquences de ses actes. »
Depuis quelques mois, les déclarations autour du retour prochain d’Edward Snowden aux États-Unis se multiplient, sans jamais évoquer une grâce présidentielle, mais plutôt l’assurance d’un procès équitable sans peine capitale à la clé. Peine prévue pour les délits dont il est inculpé et relevant de l’Espionage Act.

maison_blanche_grâce_snowden

En mars dernier, Anatoly Kucherena, son avocat russe, assurait ainsi que l’ancien analyste « [était] prêt à retourner aux États-Unis, mais à la condition qu’on lui donne la garantie d’un procès légal et impartial ».

D’autant que les États-Unis ont voté une loi protégeant les lanceurs d’alerte tout en prenant soin d’en exclure Snowden.

Néanmoins, Eric Holder, alors ministre de la Justice, avait exclu la peine de mort en cas de reddition du lanceur d’alerte. En début de mois, il estimait qu’une « possibilité existe » de trouver un accord avec Edward Snowden pour acter son retour aux États-Unis.
« Nous sommes dans un endroit différent grâce aux divulgations de Snowden, expliquait-il alors dans une interview à Yahoo News, ses actions ont stimulé un débat nécessaire », qui a poussé les autorités américaines à réformer leurs pratiques.

« Je pense très certainement qu’il pourrait y avoir une base pour une résolution qui pourrait, en fin de compte, satisfaire tout le monde. Je pense que cette possibilité existe. »

Si la réponse de l’administration américaine vient quelque peu doucher les espoirs nés de ces récentes déclarations, quand bien même elle n’engageait que celui qui les tenait, elle n’a pas véritablement de quoi surprendre, la communauté du Renseignement étant toujours très hostile à Snowden, le considérant dans sa grande majorité comme un traître. La Maison Blanche, tranchée dans ses propos, ne laisse présager aucun pardon et ne semble pas prête à abandonner l’idée d’un procès. Les prochaines négociations s’axeront certainement autour des conditions de sa tenue.